Encore un peu...?

...
   Oxxxxx
    Sans façon !

   OOxxxx
    Bof...

   OOOxxx
    Eventuellement...

   OOOOxx
    Volontiers.

   OOOOOx
    Avec plaisir !

   OOOOOO
    Sans la moindre
    hésitation !!!
...

Ne m'écrivez pas...

 
...je ne cherche pas, en effet, à me faire des amis...

...cependant, en cas de force majeure...
....
 ATTENTION NEANMOINS : nous nous réservons le droit de décider du caractère profondément majeur de votre cas de force majeure. Ou pas.
Mercredi 7 mai 2008
Après les célébrations la gueule de bois...?

Non, quand même pas. Mais voilà : c'est vrai que depuis quelques semaines que j'y songeais - j'attendais la fin du Crossover des blogs pour ce faire. Je donne quelques semaines de vacances au Golb, non que j'en ai marre de lui, mais je me suis engagé dans d'autres projets et m'aperçois depuis quelques temps que ça devient compliqué de mener tout ça de front. Il vaut mieux ne pas abuser des bonnes choses ! Le crossover venant de s'achever avec le joli billet de Mo, c'est l'occasion de faire un peu autre chose.

A ce propos, précisons que bien entendu nous ne sommes pas des bêtes (enfin si - mais on se soigne) et que bien évidemment les crossovers en retard seront acceptés jusqu'à la fin de cette semaine. Je vous demanderai simplement d'adresser vos liens non plus à moi, mais à Laiezza, qui s'est gentiment proposée pour jouer les assistantes.

Sur ce, je vous laisse sur la pointe des pieds...

...à bientôt !



Ah au fait...la modération de commentaire va un peu traîner, forcément, quand on est off, on est off...donc ne vous défoulez pas sur ce pauvre Over-blog qui ne vous a rien fait !!! Vos commentaires sont tous enregistrés, et ils seront tous validés en temps utile...



...
Mardi 6 mai 2008
Gone, Baby, Gone (Dennis Lehane, USA, 1999)


Infernal.

Il n'y a pas d'autre mot.

Il y a quelques temps j'avais conclu un bref commentaire sur « Darkness, take my hand » en regrettant que le titre « Voyage au bout de l'Enfer » ait été déjà pris. J'ose aujourd'hui m'auto-récuser : le voyage au bout de l'Enfer, le vrai, et sans doute le seul qu'il m'ait jamais été donné de croiser en littérature...c'est celui-ci. « Gone, Baby, Gone ». Dont le titre suggère la noirceur en l'effleurant à peine.


Amanda a quatre ans. Elle a disparu, et l'affaire fait grand bruit dans la région de Boston. Toutes les télés sont sur le coup. Tous les flics du cru sont mobilisés. Et lorsqu'on les contacte pour y mettre leur grain de sel, Patrick Kenzie et Angie Gennaro sont tentés de refuser. Ils auraient mieux fait : leur couple ne résistera pas à la terrifiante épreuve humaine que constituera cette enquête perdue d'avance, cet enchevêtrement de fausses pistes, cette succession d'échecs menant lentement mais sûrement à la résignation.

Il n'y a jamais beaucoup d'espoir dans les livres de Dennis Lehane. Dans celui-ci encore moins que les autres. Non seulement le climat est étouffant, non seulement l'écriture est plus crépusculaire que jamais...mais en plus la construction fait tout pour mettre K.O. le lecteur. « Darkness, take my hand » brillait par sa structure en spirale, son inéluctabilité donnant l'impression que chaque évènement en déclenchait deux autres encore plus dévastateurs. A l'exact opposé, « Gone, Baby, Gone » donne l'impression d'une insoutenable juxtaposition, comme si les rebondissements plutôt que d'être successifs étaient simultanés et ingérables. Impossible pour Kenzie de faire surface et, parfois, difficile pour le lecteur de le suivre parfaitement (et pour cause : lui-même ignore où il va). C'est sans doute pourquoi certains ont pu trouver ce volet un cran en-deça des premiers. C'est pourtant ce qui fait toute sa force.

Car « Gone, Baby, Gone » contient déjà en germe tout ce qui bâtira deux ans plus tard le meilleur livre de l'auteur - « Mystic River ». Dans le fond l'intrigue y est plus que jamais secondaire, la révélation finale arrive effectivement comme un cheveu sur la soupe et l'aspect strictement policier de l'affaire n'a qu'un intérêt tout relatif. Ce qui intéresse Lehane ici, et ce à quoi il se livre mieux encore que dans n'importe quel autre de ses livres, c'est la radiographie de cette Amérique profonde dont il est un pur produit et qu'il n'a jamais cessé d'aimer ni de peindre. C'était déjà palpable dans la première partie d' « A drink before the War ». Avec « Gone, Baby, Gone » c'est cette fois-ci évident, le long portrait de la mère d'Amanda (qui constitue une part considérable du bouquin complètement occultée par film) étant aussi cruel que bouleversant. L'auteur refuse de se poser en juge et n'assène aucune vérité péremptoire : il se contente de constater, de poser les questions sans chercher à fournir de réponses. Il plonge la tête la première dans la misère sociale, capte à merveille l'âme d'une communauté complètement livrée à elle-même, mais se garde bien de la critiquer comme de la blanchir. C'est ce qui rend son travail si séduisant - c'est aussi ce qui peut en déranger certains. Force est de reconnaître que sa vision n'est pas exempte de facilité : comme dans « A drink before the War », comme dans trop de romans noirs contemporains, des notables peu scrupuleux sont mêlés à l'affaire qui empêcheront les braves prolétaires paumés de se poser des questions sur eux-mêmes.

Qu'importe : de par cette écriture rugueusement poétique, de par ce regard sans complaisance mais non sans tendresse sur une certaine Amérique oubliée de la littérature, Lehane s'impose définitivement avec ce livre comme l'un des auteurs les plus brillants de notre temps. A noter qu'on attend encore l'auteur qui sera capable de moudre les banlieues françaises avec une telle virtuosité.


le genre :    désolé

la note :    



    CE QU'ILS EN PENSENT :




JUSQU'AU PREMIER JUIN, DENNIS LEHANE N'EST AUTRE QUE L'ARISTOCHAT





Lundi 5 mai 2008

Damaged (Black Flag, USA, 1981)

 

 

Il arrive que l'histoire de la musique soit très frustrante, et qu'arrive t'il d'après vous quand on est trop frustré ? Je vous le donne en mile : on fait beaucoup de bruit. Greg Ginn, personnage haut en couleurs et fondateur des mythiques Black Flag fut (nul n'en doute) le guitariste le plus frustré des années 80. On le comprend sans peine : un poil trop jeune pour être un punk de 77, le pauvre garçon a publié son premier EP (très culte Nervous Breakdown) en 1978 - soit donc au moment où tout le monde vire post-punk ou gothic ou (pour les plus retorses - et les plus frustrés) New Wave Of British Heavy Metal. Plus frustrant encore : Ginn a le physique d'un bûcheron, il est allergique au maquillage et il est californien...ce qui fait qu'il ne peut intégrer aucun des courants découlant du punk. Rien d'étonnant dès lors de le voir intituler son EP suivant Jealous Again.

 

Bon...que tout le monde se rassure : certes G.T. a publié hier la (truculente) Véritable Histoire du Hard. Certes je ferais n'importe quoi pour l'impressionner...mais je n'ai nullement l'intention de le parodier en écrivaint La Véritable Histoire du Hard(core). Tout ce que je viens d'écrire dans le précédent paragraphe est on ne peut plus vraisemblable (sinon carrément vrai), et si vous ne vous en rendez pas compte c'est sans doute parce que comme beaucoup de français vous croyez que le hardcore est la musique des insupportables compiles Thunderdome que votre voisin amateur de tunning fait cracher à longueur de samedi après-midi pendant qu'il tond sa pelouse (bienvenue chez les eurois).

 

Le hardcore, le hardcore...sacré truc que ceci. Soyons honnêtes : le hardcore n'est pas un genre musical, même si ses amateurs adoreraient ça. C'est avant tout un courant se démarquant par une esthétique précise, mais musicalement très peu de choses différencient les premiers disques de hardcore des derniers disques de punk, ni les derniers de certains disques de metal. Le fait est que le hardcore, basé principalement sur l'idée de radicaliser le punk, a fini par se subdiviser en une multitude de ramifications assez difficiles à réunir aujourd'hui sous la même bannière, à tel point que l'expression Ouais man le hardcore c'est un état d'esprit relève (c'est le cas de le dire) d'une vue de l'esprit (pas plus de points communs entre l'éthique straight edge de Minor Threat et la beauferie d'un Biohazard qu'entre leurs musiques respectives). En 2008 le hardcore ne ressemble plus à grand chose, ou plutôt il ressemble à beaucoup de choses différentes - ce qui tendrait à dire qu'il se porte bien. On admettra sans trop forcer la dose que les différences entre Biohazard (encore) et Slayer ne sautent pas vraiment aux oreilles, et que la terminologie s'applique aussi bien désormais aux premiers albums de Sepultura qu'au Tostaky de Noir Désir, certains parlent même désormais sans rougir de hardcore mélodique lorsqu'ils évoquent certains groupes - voilà qui ne manquera pas de laisser songeur. Pour vous dire : le premier album de Sonic Youth, Confusion Is Sex, est par bien des aspects un album de hardcore, et est reconnu comme tel par nombres d'éminents spécialistes en la matière...et rassurez-vous je n'ai pas bu : Confusion Is Sex, sorti deux ans après Damaged, n'a strictement rien à voir - nous sommes d'accord. En somme le mot hardcore, depuis la fin des années 80, a encore moins de sens que le mot punk - avouez que c'était difficilement concevable.

 

 

Si je prends le temps de cette longue intro, ce n'est assurément pas pour la ramener mais parce que par bien des côtés Black Flag, chronologiquement premier groupe du genre (ou disons : né à l'époque où c'en était encore un), symbolise un peu le moment où tout cela a merdé. Il incarne en fait à lui seul toute l'histoire des musiques extrêmes, à savoir qu'à force de vouloir à tout prix être plus dur que le voisin on finit par ne plus vraiment savoir ce qu'on est ni ce qu'on fait. C'est comme ça que le metal de Black Sabbath a fini par déboucher sur le black d'Immortal, à force l'esprit originel a tout perdu de substance - emporté dans une improbable fuite en avant dans la violence. Pour le hardcore, c'est un peu pareil : quand il a été évident qu'ils ne pourraient jamais aller plus vite, les hardcoreux ont fort logiquement décidé d'aller plus lentement et sont apparus alors des groupes tout à fait passionnants comme Rollins Band ou (surtout) Neurosis - qui pour être révérés par les fans de hardcore n'en sont pas moins plutôt des groupes de metal.

 

Damaged étant le premier album de Black Flag (et le plus populaire, ce à juste tire) il n'est pas le plus métallique. Néanmoins il est déjà beaucoup moins punk (et donc groovy) que les deux EPs qui l'ont précédé ; surtout il contient déjà en germe la musique nettement plus massive vers laquelle s'orienteront Ginn et Rollins dès l'album suivant (le tout aussi excellent Family Man). Certes, l'hymne « TV Party » évoque une rencontre jubilatoire entre les Stooges et les Cramps. Néanmoins « Damaged I », composition traînante et pachydermique, pourrait difficilement être confondue avec les Sex Pistols (voire même avec les saillies des Bad Brains et des Dead Kennedys - autres fers de lance du mouvement hardcore originel), et le commentaire est évidemment encore plus vrai à propos de « No more », meilleur titre du disque rappelant durant sa longue et fabuleuse intro...Black Sabbath !

 

La souche punk est là et bien là, mais elle est littéralement passée à la moulinette Ginn - soit donc une espèce de speed-punk braillard et imparable (« Sky plaint », « Padell Cell ») sur lequel Henry Rollins s'ébroue avec une rage jamais égalée par personne. C'est sans doute là toute la différence entre Black Flag et des blaireaux de type The Exploited : ils font vraiment peur (non, jeune punk qui me lit, The Exploited ne font pas peur - ils font juste pitié). Ils sont au hardcore ce que Slayer est au metal : un bloc de colère tellement compact et racé que même le plus farouche détracteur du genre ne pourrait en nier l'efficacité et l'authenticité. Chez Greg Ginn, dont le charisme de Rollins a souvent fait oublier qu'il était le seul et unique patron du groupe, le punk, le hardcore (appelez ça comme vous voudrez) n'est pas une fin mais un moyen. La radicalité musicale n'a d'égale que la radicalité du propos, et si « Police Story » ne fait pas preuve de la même ironie pamphlétaire que les classiques des Deak Kennedys (Rollins est un très bon parolier...mais il n'a pas écrit une ligne sur ce disque et n'a de toute façon jamais valu Jello Biafra) sa fureur est d'une telle flamboyance qu'elle terrorisa infiniment plus l'Amérique de Reagan - accompagnée qu'elle était par un phénomène de masse difficile à mesurer vu de France. Si l'expression Rage à l'état pure fait souvent pitié, difficile de nier qu'elle désigne à merveille « Rise Above », mine stridente crachée à la face d'un pays dont les kids adopteront dès lors ledit Rollins comme leur porte-parole (rappelez-moi qui était le porte-parole de la jeunesse française à l'époque ? Jean-Louis Comment... ?). En raison de ce contexte socio-politique qui le vit considéré (y compris par des rock-critics !) comme une œuvre susceptible de corrompre la jeunesse, au moins autant qu'en raison de sa qualité objective (chacun de ses titres est un brûlot n'ayant pas pris une ride), Damaged sent encore foutrement le souffre aujourd'hui et a acquis un statut de classique amplement mérité. Si cette nouvelle réédition n'en dit pas plus que les précédentes (zéro bonus...) elle aura peut-être le mérite de replacer au centre des débats un disque que les gentils rebelles du NYC Hardcore n'auraient jamais dû oublier - c'est déjà énorme. A noter que le dernier album du groupe, Loose nut, a été également réédité fin 2007...mais qu'on s'en fout, parce qu'il n'est pas très bon (litote).

 

 

le genre :    hardcore ?

 

la note :   



 

 

 

 

Dimanche 4 mai 2008
Une chanson faite pour cette rubrique...ou l'inverse...?


SPIRITUAL


Jesus, I don't wanna die alone
Jesus, oh Jesus, I don't wanna die alone
My love wasn't true
Now all I have is you
Jesus, oh Jesus, I don't wanna die alone

Jesus, If you hear my last breath
Don't leave me here
Left to die a lonely death
I know, I have sinned
But Lord, I'm suffering

Jesus, oh Jesus,
If you hear my last breath

Jesus, I don't wanna die alone
Jesus, oh Jesus I don't wanna die alone
My love wasn't true
Now all I have is you
Jesus, oh Jesus I don't wanna die alone

Jesus, Jesus,
All my troubles
All My pain
Is gonna leave me
Once again




...
Dimanche 4 mai 2008

Small World (David Lodge, Angleterre, 1984)

 

V.F. : Un tout petit monde

 

 

Lodge et Lurie - même combat.

 

Cette phrase n'est pas de moi : elle est de JP. Et elle pourrait presque se substituer à ma critique de « Small World » tant elle est juste. Je ne m'en suis hélas souvenu qu'après coup, et c'est par le plus grand des hasards que j'ai lu « Small World » seulement quelques mois après « Foreign Affairs », qui présente la particularité outre de naviguer dans des sphères similaires...d'être paru et d'avoir cartonné la même année. 1984. On crache souvent sur les années 80 en musique. Force est d'admettre que les années 80 littéraires ne sont guère plus glorieuses.

 

Pourtant David Lodge n'est pas Alison Lurie. Il écrit infiniment mieux et, incontestablement, il a su depuis lors proposer autre chose que cette trilogie universitaire qui fit de lui une star à partir de « Changing Places » (1975). « Thinks... », paru il y a quelques années, est un très bon livre, sans doute pas un chef d'œuvre mais qui mérite que l'on s'y attarde. On en dira pas autant de « Small World », qui s'il n'est pas désagréable à parcourir en soi (le style de Lodge semble couler de source et s'avère en tout point confortable) servira surtout de remarquable spot pour une hypothétique campagne contre les dangers des modes en littérature. Car Lodge, même si on l'enseigne dans certaines facs, n'a rien d'un grand écrivain et le meilleur moyen d'en juger est de lire ce livre réussissant la performance d'être plus usé et poussiéreux que la quasi totalité de la littérature anglaise du dix-neuvième. La lecture des premières pages est effrayante : on a l'impression d'une vignette antique, d'un fantôme du passé revenu pour nous hanter. On aimerait y trouver une histoire, un semblant d'intrigue...on cherchera jusqu'à la dernière page : « Small World » est avant tout l'interminable récit d'un colloque et si l'on peut concevoir qu'un colloque puisse éventuellement servir de cadre à un roman on objectera sans vouloir contrarier l'auteur qu'y injecter une dynamique n'aurait rien d'infâmant.

 


Rien qui puisse s'en rapprocher ici : « Small World » se constitue surtout d'une galerie de portraits se voulant (on suppose) vitriolés, des universitaires imbus d'eux-mêmes et un brin paumés qui n'aiment pas vraiment la littérature, il y a de la rivalité, il y a du sentiment, il y a plein de trucs intéressants assemblés dont tous présentent l'étonnante singularité de tomber complètement à plat - comme toute étude d'un microcosme lorsqu'elle n'est pas assortie (au choix) soit d'une vision littéraire soit d'un soupçon d'universalité (les deux étant évidemment l'idéal). Le fait est qu'en soit le microcosme en question est extrêmement minorant pour le livre : le système universitaire britannique n'a pas grand chose à voir avec le nôtre et n'a même pas grand chose à voir avec le système américain (auquel le lecteur français demeure plus souvent exposé). Le système universitaire britannique vu par le petit bout de la lorgnette du colloque, c'est encore plus réducteur (on se demande à la lecture si quelqu'un ne sachant pas ce qu'est un colloque parviendra à comprendre pourquoi tous ces gens sont réunis - et donc par extension pourquoi ce roman est satirique). Placez le tout dans les années 80, à une époque où précisément le système universitaire anglais est en train de basculer et où c'est donc "intéressant" d'en parler (encore faut-il le savoir, on se doute qu'un événement aussi capital dans l'histoire de l'univers figure dans tous les bons manuels d'histoire...) et vous aurez l'archétype du livre probablement génial l'année de sa sortie mais dépourvu du moins intérêt dix ans après. Autant dire que lecteur français du vingt-et-unième n'a pas grand chose à en espérer sauf à se poser cette question gravissime : A quoi ressemblaient les universitaires anglais dans les années 80 ?

...

En ce sens la préface à l'édition de 1990, signée Umberto Eco, a quelque chose d'infiniment plus drôle que le livre lui-même, puisque le vénérable auteur du « Nom de la Rose » s'y gargarise de ce que « Small World » ait inventé un genre littéraire (!!!) et soit désormais repris par les universitaires eux-mêmes. Effectivement la précision n'est pas inintéressante, dans la mesure où « Small World » n'est rien d'autre que le livre d'un universitaire sur les universitaires, qui s'adresse à eux et a fini par être disséqué en cours par ceux-là même qu'il épingle. On admettra que l'aveu d'échec ne manque pas de sel, et lorsque le même Eco ose dans la même préface comparer le bouquin de Lodge aux chroniques d'Alphonse Allais on se dit, un peu songeur, que dans le fond même certains grands intellectuels auraient bien besoin d'un petit cours d'esthétique de temps à autre. Car en fait de grand livre comique, on a surtout un grand livre soporifique impuissant à faire même sourire quiconque ne connaîtrait pas un tant soit peu l'univers dépeint. Et en fait d'invention d'un genre littéraire on n'a que la carte-postale jaunie d'une époque hélas pas encore révolue où les modes littéraires se sont substituées aux mouvements. Bien écrit, donc, mais à peu près aussi excitant qu'un clip de Bowie à la même époque. Ce qui n'est pas peu dire.

 

 

le genre :    périmé

 

la note :   

 

 

 

 

Samedi 3 mai 2008

LIRE :



 

Quand mon père s'est tiré j'ai eu envie de le tuer. Logique. Paraît qu'on porte tous ça en germe, nous les garçons - même si on a pas tous une bonne occasion ou une raison rationnelle de passer à l'acte. En nous abandonnant quasiment du jour au lendemain mon père m'en a donné une excellente, ç'a sans doute été la seule la fois de sa vie où il aura été généreux. Manque de bol j'ai pas été capable de la saisir, faut dire qu'il a fui tellement loin que c'eut été plus que compliqué pour moi de le prendre en chasse. N'empêche que j'ai longtemps gardé cette espèce de haine profonde ne demandant qu'à déferler sur lui, au point que j'ai commencé cette année-là un roman, « La Purge », racontant l'histoire d'un jeune n'étant pas du tout moi qui traverse un pays n'étant pas du tout le nôtre pour tuer un père n'ayant rien à voir avec le mien...qui l'a abandonné. A l'époque (dix ans quasiment jour pour jour) j'avais déjà quelques broutilles romanesques à mon actif, mais « La Purge » était un texte très particulier et l'est resté à travers les mois puis les années. Comme plein d'autres de cette période (...et des suivantes...) je ne l'ai jamais terminé ; à l'inverse de tous les autres, cependant, je ne l'ai jamais non plus complètement abandonné. Officiellement « La Purge » est toujours un de mes deux ou trois romans en chantier, il a été transféré sur tous mes disques dur depuis dix ans et, s'il n'a jamais dépassé les trente premières pages, il a été recommencé et peaufiné à chaque fois. Du coup ces feuillets sont sans doute les trente plus chiadés que j'ai jamais écrits et encore maintenant j'ai la conviction que « La Purge » sera un jour mené à son terme. Peut-être faudra-t'il encore dix ans. Peut-être moins. Ces dernières années j'en ai écrit à peu près une page par an, mais chaque fois je suis stupéfait de constater à quel point l'ensemble demeure cohérent. Comme si ce projet quasi antédiluvien était à jamais destiné à rester d'actualité, ne pouvait pas plus supporter la révision que l'enterrement - le synopsis n'a pas bougé d'un iota depuis dix ans. Chaque événement est annoté, chaque rebondissement est calé...le plan de travail attend juste le jour où la plaie de ce premier d'une longue liste d'abandons sera béante assez longtemps pour le transformer en véritable livre.

 

C'est sans doute parce que j'étais totalement focalisé là-dessus que je n'ai jamais éprouvé le besoin d'en parler très longtemps à quiconque. De l'extérieur les gens ne comprenaient pas. Ils avaient l'impression que tout glissait sur moi, tout le temps, la fuite de mon père comme l'absence de ma fille - on m'a même reproché un tas de fois de m'en foutre. Je ne dirais pas ça. Je crois plutôt qu'instinctivement j'ai nagé vers ce qui me semblait la normalité... : après tout les évènements, le départ de Chris et de Manon comme indirectement celui de mon père, m'avaient donné une chance unique de vivre une fin d'adolescence presqu'ordinaire. J'aurais pu passer les années suivantes sous le joug d'un père tyrannique avec une enfant à charge...mais quelqu'un, quelque part, a décidé de me donner un peu de répit. Alors j'ai bouffé ce répit à m'en faire péter la sous-ventrière. J'ai poussé le plus loin possible le sexe les drugs et le rock'n'roll et même avec le recul je ne m'en plains pas : en quelques mois j'ai rempli un vide immense en moi qui jusqu'alors n'était comblé que par des rêves ou plus - des fantasmes (Nobody nowhere understands anything about me...and all my dreams...lost at the sea...) Après avoir été plus que réservé à l'égard de Kim, de ses coiffures invraisemblablement crétues et de son junkisme revendiqué comme un fait d'armes méritant une légion d'honneur punk, je me suis empressé de le suivre dans ses excès - persuadé que ça ne me ferait pas autant de mal qu'à d'autres. Je n'étais pas du tout dans le mythe de la défonce moteur de création, je ne peux même pas dire ça : il suffisait de regarder Kim ne fût-ce qu'une seconde, ses traits tirés et la rigidité cadavérique de ses gestes, pour comprendre que tout cela ne menait pas bien loin. Ce mec était une pub vivante contre l'abus de dope et je ne pouvais pas dire que je n'étais pas prévenu. Je l'ai rejoint dans sa débauche en connaissance de cause, nullement influencé par autre chose que ma propre arrogance, mon propre sentiment de supériorité : Kim était le junk de base, le junk en phase terminale. Moi je tomberais jamais aussi bas, je serais le mec qui s'éclate en s'éclatant la tête mais qui maîtrise - no problem. Et en effet : j'ai presque réussi. Durant pas mal de mois je suis parvenu à garder un fragile équilibre, un soupçon de conscience des limites. C'est quand j'ai rencontré Sandrine que j'ai vraiment plongé.

 

 

Qu'elle était belle, ma Sandrine ! De cette beauté bizarre qu'ont parfois les junkies quand ils sont déjà bien entamés mais pas encore complètement abîmés. Grande, mince, coupée à la garçonne. Elle était belle et elle ne ressemblait à aucune des filles que j'avais pu croiser dans ma vie. A la minute où Kim me l'a présentée j'ai flashé. C'est la sœur d'un pote il avait dit. Un gars de mon ancien groupe, et elle aussi elle a un groupe. Ca s'appelle Spoonman et mon pote j'peux te dire que le jour où on jouera comme ça...

 

...j'ai jamais su ce qui se passerait le jour où on jouerait comme ça car Kim avait l'agaçante habitude de ne jamais finir ses phrases. Mais la semaine suivante, il m'a emmené voir Spoonman. Incroyable. Une espèce de trash absolument basique mais le groupe dégageait un truc terrible, une rage incroyable et complètement...authentique. J'aimais bien le trash, mais pour moi Phil Anselmo c'était juste un gros con qui jouait au mec bourré sur scène et titubait chaque fois sur le même refrain de la même chanson. Le chanteur de Spoonman, lui...c'était un bloc de haine à faire passer Tom Arraya pour le leader de Scorpions. Leur concert n'a duré qu'une minuscule demi-heure mais c'était ce qui fallait - de toute façon personne n'aurait pu supporter ça plus longtemps. Et quand on s'est approché de Sandrine, qui rangeait sa guitare, il ne m'a pas fallu plus d'une minute pour être complètement sous le charme.

 

« T'as une clope ? »

 

...est la première phrase qu'elle m'a dit, et moi je lui aurais carrément filé le paquet si elle m'avait demandé.

 

« Alors c'est lui ton pote, Kim ?

-         Ouais. Mon chanteur.

-         Ok. » puis à moi : « T'as quel âge ?

-         Dix-sept.

-         Ok. Paraît que t'es un bon ?

-         Il paraît. »

 

...c'est donc à cette occasion que j'ai appris tout le bien que Kim pensait de moi. Autant dire que c'était une bonne soirée.

 

« J'aimerais bien voir ça un de ces quatre. Vous avez prévu de jouer, bientôt ?

-         Bah...on joue presque tous les jours.

-         En concert, j'veux dire.

-         En concert ? »

 

J'ai regardé Kim d'un air paniqué. On avait jamais parlé de concert jusqu'à présent. Ni entre nous ni avec les autres. Pour moi la scène était encore à l'état de fantasme - exactement comme le groupe l'était encore lui-même quatre ou cinq mois plus tôt. Finalement c'est Kim qu'a répondu :

 

« On n'a pas prévu de concert pour l'instant. On veut d'abord avoir assez de chansons, normal.

-         Ok. Si ça vous branche en juin on joue au Frog avec quelques groupes. Genre mini festival. Je peux vous brancher avec Arnaud - c'est un pote.

-         Je le connais, ouais. Ca marche. »

 

...a conclu mon comparse, visiblement pas au courant que je passais le bac et qu'à cette période y aurait assez peu de chances que ma mere me laisse répéter dans son bunker. Avant d'ajouter :

 

« En attendant tu peux venir à la prochaine répète si tu veux. »

 

 

 

 

C'est ainsi que Sandrine est devenue notre groupie number only one, et ça ne s'est pas fait sans heurts. En sa présence ou non Jerem n'a rien fait pour cacher son mécontement la première fois qu'elle est passée nous voir...et la seconde, et la troisième. Il a jamais vu l'intérêt d'inviter quelqu'un à nous regarder travailler, lui il trouvait que ça nous pompait du temps et que si on voulait vraiment jouer au Frog en juin valait mieux bosser plutôt que faire des pauses binouzes toutes les heures pour tailler le bout de gras avec une nana systématiquement enthousiaste même quand Christophe faisait trois pains de suite. Ma sœur habitait au-dessus du bunker et elle avait toujours eu la correction de nous laisser tranquilles...alors c'était qui cette nana à moitié défoncée qui s'était mise à faire trente bornes chaque semaine pour écouter trois ados plus un attardé s'ébrouer dans un sous-sol aux murs couverts de moisissures ?

 

C'est à ce moment-là que je me suis rendu compte que Jérémy était moins intelligent que je le croyais - il était juste plus mature. Parce que c'est bien le seul qu'a pas compris au bout de la deuxième répète que Sandrine, elle venait avant tout pour moi. Enfin le seul après moi - qui le soupçonnais mais qu'avais toujours un doute (par rapport à Sandrine comme à toute mon existence d'ailleurs). Peu importe : dès le premier jour j'ai adoré qu'elle soit là. Adoré le contact de ses yeux sur moi, adoré qu'elle m'écoute chanter. Pour la première fois de ma vie je me suis senti vraiment fort, intéressant...enfin doué pour quelque chose. J'étais intimidé mais j'ai gagné plus de confiance en moi ce jour-là que durant l'intégralité des répètes précédentes, en fait je crois que c'était ce qui m'avait toujours manqué jusqu'alors pour chanter vraiment bien : avoir un public en face de moi, plutôt que trois mecs concentrés sur leurs instruments. Rien que ça ç'a tout changé : avant en toute logique je chantais face au groupe. Quand Sandrine est venue la première fois elle s'est posée sur la table de ping-pong pourrie qu'on avait valdinguée dans un coin, et alors là j'ai été obligé de chanter face à elle - pure politesse...ce qui nous a installé en configuration de scène, et je peux vous dire que le « Champagne Supernova » que j'ai offert ce jour-là a été de loin le meilleur de toute ma vie. Tout ça parce qu'une fille belle et douée avait accepté de poser les yeux sur moi.

 

J'avais attendu ça pendant dix-sept ans.

 

 

 

 

Vendredi 2 mai 2008

Chaque fois que j'entends une chanson des Beatles illustrer une pub, elle est morte pour moi - et merde : encore une !

 

Tom Waits.

 

 

 

 

Je suis un garçon sensible. A quoi ? A tout ou presque, je crois. Les atmosphères me reviennent souvent de moments lointains, les parfums, les sons, ainsi que tout un tas de sensations absolument indicibles qu'on appellera faute de mieux impressions de déjà-senti. Ca ne semblera ridicule je crois qu'aux gens n'étant pas foncièrement sensibles ni nostalgiques ni mélancoliques ni...enfin aux gens sans intérêt quoi. Par exemple dès quand les beaux jours reviennent et que je me mets à tondre la pelouse et ressurgissent immanquablement des images remontant à deux années plutôt, à l'époque où j'ai commencé à écrire dans ces pages. Les atmosphères globales du printemps et de l'automne (mes deux saisons favorites) me font toujours cet effet-là. Effet tout à fait dopant pour le moral, car bizarrement je me sens bien, alors. Peut-être parce que justement j'ai le sentiment de nager de manière imperceptible dans un univers familier.

 

Rien d'étonnant du coup à ce que je sois extrêmement sensible aux dates (ce n'est un secret pour personne), aux symboles, aux signes, et à ce que j'associe mentalement certaines chansons même pas à des époques mais carrément à des anecdotes. En fait non, même pas : certaines chansons sont pour moi sources de flashbacks purs et simples. Agréables ou non, léger ou pas...entendre telle chanson liée à telle instant me replonge instantanément dans la situation du moment que je revis à demi-conscient, parfois les larmes aux yeux et d'autres fois le sourire aux lèvres. Ce sont presque des voyages dans le temps, des transes dont j'avoue que je n'ai pas toujours envie de sortir au bout des trois ou quatre minutes imparties. Le plus étrange étant que dans le fond...ces chansons n'ont pas vraiment de sens. Elles n'ont la plupart du temps aucun lien direct avec le moment en question, leurs textes parlent parfois de tout autre chose et il arrive que leurs climats soient totalement décalés par rapport au moment qu'ils sont sensés illustrer. Que « To Sheila », la chanson de divorce par excellence, soit liée à certains des moments les plus doux de mon existence...c'est juste complètement irrationnel. Elle était là, à ce moment là, et puis voilà. On ne choisit pas de rencontrer l'amour au moment où la radio passe un morceau de Muse, d'offrir son premier baiser sur « Still Loving You » ou d'avoir pour hymne de ses vacances un morceau de Joe Dassin qui passait un matin de juillet 1999 dans le supermarché où l'on était en train d'acheter un seau et une pelle pour sa gosse. Pour le coup l'esthétique n'a franchement aucune importance dans l'histoire, et si la bande-son de ma vie n'a globalement rien qui soit inavouable c'est plus par hasard que parce que je n'écoute jamais de merdes.

 

Le revers de la médaille c'est qu'à cause de cela...certaines chansons sont mortes pour moi. Elles ont perdu ce qui les rendait exceptionnelles - leur universalité. Accolées à un moment M. de mon existence elles n'ont finalement plus de réel intérêt musical, elles ne sont même plus des chansons mais une agglomération de petits univers individuels, miniatures et totalement éphémères. Est-ce qu'une chanson marquante dans l'absolu est vraiment une chanson qui nous marque ? Bien sûr que non : une chanson marquante est au contraire une chanson qu'on peut réécouter comme au premier jour au bout de dix ans. Comme le disait fort joliment (et je crois justement) Laiezza il y a quelques semaines : ... un disque classique, c'est un disque qu'on a l'impression d'avoir toujours connu le jour de sa sortie, puis qu'on a l'impression de découvrir à chaque fois pour la première fois, durant les années qui suivent. Il en va de même pour les grandes chansons. Ce n'est évidemment pas le cas de celles dont je vous parle. Qui donc sont mortes. Mais ce n'est pas forcément triste : ce ne sont pas forcément des choses tragiques qui les ont tuées. Elles sont mortes au champ d'honneur d'une vie à laquelle elles n'avaient rien demandé, mortes à l'apogée de leur carrière de chanson. Mortes heureuses, en accomplissant leur destinée absurde : se figer dans un instant, dans un élan, devenir des polaroïds sonores et émotionnels. C'est quand même pas la fin la plus horrible qui soit. Même si c'est quand même une fin en soi - car une chanson qu'on ne peut plus écouter pour une raison X ou Y n'est rien d'autre qu'une chanson morte pour nous. Certains mêmes vont à ma place jusqu'à renier jusqu'au fait d'avoir aimé ces chansons, jusqu'à renier l'artiste qui va avec. Une amie m'a dit un jour : Je ne peux plus écouter Radiohead. C'est trop lié à Pierre-Louis...qui l'avait quittée en 2002. Comme un con j'ai répondu : Même pas Hail To The Thief ?...

 

...c'est seulement longtemps après que j'ai réalisé à quel point ma réflexion était idiote. Car si je trouverais super triste de me priver intégralement de Radiohead à cause d'une ex...j'ai conscience en revanche que je ne regarderai sans doute plus jamais « Dr House », ni n'écouterai avec plaisir les Red Hot Chili Peppers et que quand par hasard j'entends les Stereophonics...cela donne ce texte !

 

 

De ce point de vue mon lecteur MP3 est vraiment un salopard de première catégorie. Certes c'est de ma faute si je ne le vide jamais et si certains cadavres de chansons y traînent de-ci de-là. Néanmoins c'est quand même principalement sa faute à lui si sur 800 morceaux il me sort tout de même toujours les 50 mêmes, au nombre desquelles une bonne moitié de chansons zombifiées par les ans. C'est à la fois agréable de s'y replonger et profondément triste quand on en ressort, c'est à la fois stupidement bon et brillamment inopérant...et au final ceci est sans doute la preuve incontestable et incontestée que le mode shuffle est la pire invention de toute l'histoire de la musique (pire encore que les concerts dans les stades ou MTV). Le seul bon côté des choses c'est que ça donne de quoi écrire des chroniques un peu différentes à l'occasion des anniversaires de blog, et que ça me permets d'ajouter une pierre aux Archives ordinaires (ou presque). Car il ne m'a pas fallu plus de trois minutes de réflexion pour réussir à accoler une chansanedcote à chacune des saisons du Golb. Nul mérite là-dedans : cette chronique me trote dans la tête depuis le mois de janvier. Restait à trouver la motivation pour me remettre, le temps d'un bloganniversaire, dans le bain de la chronique tranche de vie. Comme la fois précédente c'est donc sur commande que j'ai écrit cette fois - merci à Rose d'avoir eu cette amusante suggestion aux allures de chaine bloguienne en devenir...

 


 

 

Printemps 2006 Deadwood » - Dirty Pretty Things)

 

On crève de chaud à Rouen et c'est assez rare pour être souligné. Mon appart n'est pas spécialement climatisé et en plus je suis au plus fort de ma dépression nerveuse - à savoir que je suis donc contractuellement tenu de ne jamais sortir de chez moi (sous peine de faire mentir ma réputation). Bizarrement ce n'est pas un souvenir sombre. Peut-être parce que j'ai connu beaucoup plus sombre par la suite. Peut-être parce que je me souviens surtout de ce soleil inondant mon petit appart de la Rue des Bons-Enfats, de ma sœur me rendant visite tous les deux jours et des bières qu'on vide en défilant des vidéos sur youtube. Grande première pour moi car j'ai horreur des clips, horreur de cette idée crétine voulant qu'un morceau ait besoin d'être illustré par des images. Je n'aime d'ailleurs pas plus les concerts filmés et si je viens tout juste d'acheter le dernier dvd live de Nine Inch Nails je m'apprête à le revendre au bout d'une semaine pour n'en garder qu'une version audio piquée sur le net. Il est d'autant plus étonnant qu'avec Lise nous bloquions sur ce clip pendant plusieurs jours, y revenant sans cesse. Ce n'est pas qu'à cause de la strip-teaseuse au champagne (enfin dans mon cas peut-être...mais ma sœur à ce jour est belle et bien hétérosexuelle)...c'est quelque chose de moins dicible qui fait qu'on trouve qu'une fois n'est pas coutume images et sons communient parfaitement. En vrai, Carl Barat y règle ses comptes avec son ex copain Pete Doherty : What will you do when they'll forget your name ? Ca ne prête pas vraiment à l'erreur d'interprétation. Mais dans le fond quel intérêt de savoir ça ? Ce qui compte est l'espèce de rage incandescente se dégageant du morceau, une rage communicative et surtout positive, une rage festive - comme ce clip finalement tout aussi jovial. Il y a chez Carl Barat une élégance naturelle qu'on retrouve dans « Deadwood », une élégance smithienne assez évidente (les Smiths sont du reste une influence écrasante des Dirty Pretty Things) transcendée par le noir et blanc sobre de la vidéo. Alors oui, ça me parle. D'ailleurs je l'ignore encore mais Waterloo to Anywhere deviendra avec le temps un de mes disques de chevet, tout inégal qu'il soit. Et deux ans plus tard quand « Deadwood » claque dans les enceintes...mon thé a comme un arrière goût de bière et de souffre.

 

 

Eté 2006 J'ai avalé une mouche » - Les Wampas)

 

« Papa, on arrive quand ?

- Bientôt, bientôt.

- T'arrête pas de dire ça mais on arrive pas !

- Mais si on arrive. Bientôt. »

 

...et pourtant on habite vraiment pas loin de la mer.

 

« On peut mettre de la musique ?

- On écoute déjà de la musique !

- Non mais de la musique...enfin de la musique bien, tu vois.

- T'aimes pas ce qu'on écoute ?

- Non. Je préfère la mouche !

- Encore ?

- La mouche ! La mouche !

- Ok, ok... »

 

Manon est une punkette. Quelque part je suis assez fier de mon coup, même si je suppose que Didier Wampas en est plus responsable que moi. « J'ai avalé une mouche » est le meilleur biais par lequel amener un enfant de moins de dix ans au rock'n'roll. Je nourris Manon à ça depuis ses quatre ou cinq ans. Le revers de la médaille est que je ne peux plus supporter cette chanson qui figure sur toutes les compiles de vacances, sur toutes les K7 dans la voiture, sur tout tout le temps à tel point que quelques années après je l'ai en jukebox mental quasi permanent.

 

« J'ai avalé une mouche en roulant sur mon vélo, elle est restée coincée, j'ai failli tomber dans l'eau... »

 

Ca chante à l'arrière et moi je conduis en priant pour qu'on arrive vite.

 

« Je roule la bouche ouverte, je dois être un peu idiot...dis c'est vrai ça, Papa, c'est un peu idiot, quand même...hein ?

- J'en sais rien je fais jamais de vélo.

- Moi j'ouvre pas la bouche quand j'en fais.

- T'en fais jamais non plus.

- ...

- ...

- Comme ça je vais pas avaler des mouches, patate !

- Hé oh - m'appelle pas comme ça Pierrette.

- Oh nooooooon ! Pas Pierrette !!!

- Alors m'appelle pas patate - ok ?

- C'est fini la chanson.

- Super ? On chance de disque ?

- Atteeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeends ! C'est « Les bottes rouges » ! »

 

Oh putain non. Pas « Les bottes rouges ».

 

« Je viens d'avoir CINQ ANS ! Aujourd'hui je suis grand... »

 

...eh ben si...

 

 

Automne 2006 La Mélancolie » - Miossec)

 

La mélancolie
Qui vient qui coule
Qui vous enfonce tout doucement
Qui vous enroule
Qui vous blottit
Qui vous protège des ouragans
La mélancolie qui vient qui cogne
A la porte si souvent
Que l'on s'y abandonne
Que l'on se roule même dedans
La mélancolie
De nos meilleures années
Nos compagnes nos conneries
Ne doivent pas un jour s'oublier

 

Comment peut-on écrire un texte entier, et pas un mauvais, en confondant du début à la fin mélancolie et nostalgie ? Comment peut-on réussir un texte en se plantant complètement de notion et comment peut-on parvenir à proposer une définition musicale parfaite de la mélancolie...tout en écrivant sur la nostalgie ?

 

C'est ce que je me demande ce jour-là tandis que je regarde les gens passer sous ma fenêtre. Regard évidemment mélancolique - sans quoi ça n'aurait aucun intérêt. A moins qu'il s'agisse d'un regard nostalgique ? Aucune idée. Ce qui est sûr c'est que je vis seul avec Manon depuis un an déjà, que l'avenir ne me semble pas spécialement dégagé et que la mélancolie m'enroule et me blottit assurément. Je ne me roule pas encore dedans (faut pas déconner) mais la tentation est là. Tiens...elle est jolie cette fille, là, qui vient de passer. Comment on fait pour rencontrer ce genre de fille ? Je ne sais pas si vous avez remarqué mais dans les séries télé les couples se forment souvent au hasard de rencontres totalement impromptues au milieu de la rue. Si je descends, là, maintenant, pour aller draguer cette fille...quel est le pourcentage de chances pour qu'elle me batte froid ? Quatre-vingt dix-neuf ? Cent ? J'imagine bien la scène. Salut, moi c'est Thom. Vingt-cinq ans, père célibataire sortant de dépression nerveuse et écrivain par-dessus le marché (mais ne nous formalisons pas de cela - je ne suis pas édité). Je suppose que la fille va bien sûr me tomber direct dans les bras - c'est d'une logique implacable. Six mois plus tard je la conduirai à l'autel (oui : j'ai bien dit AUTEL-A-U) et dans un an je fêterai la naissance de mon second enfant (que j'aurais conçu volontairement). Une histoire belle comme un arrangement symphonique de Zita Swoon. Poignante comme les rêves qu'on nous colle dans la tête alors que dans le fond on en a jamais foncièrement eu envie. La différence entre la mélancolie et la nostalgie, c'est justement qu'on sait de quoi on est nostalgique et qu'on sait pourquoi on est affligé. J'ai toujours été un grand mélancolique.

 

 

Hiver 2006 / 2007 (« Sous influence divine » - Daniel Darc)

 

Paris. C'est Paris, cette chanson. C'est Paris et rien d'autre. Quitte à taper dans le Darc la logique aurait voulu que Paris soit associée à... « Paris ». Eventuellement à la reprise des « Champs-Elysée ». Bah oui, mais non : quand une chanson vient s'éteindre doucement contre un instant (forcément) volé...la logique n'entre pas en ligne de compte. Et donc « Sous influence divine »...c'est Paris. Où je n'ai plus été depuis des lustres et où je retourne parce que j'ai rendez-vous avec une femme (ce qui, du reste, ne m'est plus arrivé depuis des lustres - non plus). J'avais tellement peur d'être en retard que je suis parti aux aurores (rendez-vous était pris à...onze heures - je suis sans doute le seul mec qui ait jamais eu peur de faire Rouen - Paris en quatre heures !) et j'ai roulé dans l'aube et sous la pluie, sur fond de Venus. Mais The Red Room n'étant quand même pas le disque le plus optimiste de tous les temps j'ai envie de changer en arrivant à proximité de cette capitale que j'aime tant (tellement, en fait, que je l'économise et y traine le moins possible de crainte de me la gâcher). Alors sans réfléchir je change de face. Je ne sais même plus ce qu'il y a de l'autre côté de la K7...et ce qu'il y a c'est le premier album de Daniel Darc. Ca jaillit dans la voiture, cette rythmique joviale, presque bon enfant, qui introduit le premier morceau (éponyme). Pile à ce moment-là je franchis le dernier tunnel et surgit au milieu de Neuilly sur laquelle le jour vient enfin de se lever et le ciel de se dégager - comme ça : sans prévenir. On dirait vraiment une scène de comédie romantique. Cette journée sera d'ailleurs une longue et trop courte scène de comédie romantique. C'est un vrai plaisir et c'est sans doute la seule fois de ma vie que je me sens résolument Cary Grant. Du genre qui à la fin de l'engueulade va retraverser toute la ville sous la pluie au milieu de la nuit, attraper la fille par le bras et l'embrasser fougueusement tandis que l'orage approche. Ouais...je chante à tue-tête en traversant Neuilly et je me sens exactement comme ça. Je marche dans la neige sans avoir froid. Même sous la pluie je ne me mouille pas. « Sous influence divine ». Moins d'un an plus tard j'aurai retrouvé la Foi. Premier signe ou énième symptôme ? Aucune importance : « Sous influence divine », c'est Paris. C'est l'arrivée à Neuilly et moi qui tourne trois fois autour de l'Arc de Triomphe avant de trouver le bon embranchement. Qui fais dix-huit fois le tour des Invalides avant de parvenir à me garer. Qui fais semblant de ne pas avoir vu la jeune femme traverser la route devant moi deux minutes avant. Qui fais semblant de ne pas savoir dans quelle direction elle est partie et où est-ce qu'on a rendez-vous, parce que j'ai une petite boule dans la gorge qui me fait sacrément du bien. Je viens de me repasser trois fois la chanson et mon estomac crépite bizarrement. Je me suis garé enfin, j'ère un peu et j'hésite, j'allume ma clope avec le mégot de la précédente et comme à chaque premier rendez-vous de mon existence je sens qu'un bouton de fièvre est apparu au-dessus de mes lèvres. Mais j'en ai rien à carrer, parce que pour la première fois depuis longtemps je me sens vivant. De toute façon je travaille pour le Seigneur - alors qu'est-ce qui pourrait bien me faire peur ?

 

 

Printemps 2007L'amour de la haine » - No One Is Innocent)

 

Il y a quelque chose de pitoyable dans l'absence de révolte des groupes de rock contemporains. C'est vrai en général ; cela vaut encore plus en France, pays certes le moins rock'n'roll du monde, mais pays particulièrement politisé...sauf chez ses groupes de rock. Que celui qui n'a jamais eu mal au cœur en voyant que le discours de Yannick Noah était plus concerné (à défaut d'être brillant) que celui d'à peu près tous les rockers du pays me jette la première pierre. Même Francis Cabrel est plus révolté que les groupes de rock français, à la longue c'en devient pathétique. Quand j'avais l'âge des BB Brunes, moi, j'aurais été ulcéré par l'élection de Sarkozy. J'aurais écrit des chansons engagées assurément bidon mais ç'aurait toujours été plus courageux que de faire semblant de vivre dans un monde parallèle où tout va pour le mieux et où on va faire la fête en draguant les filles. Si j'avais vraiment quelque chose à reprocher à la nouvelle génération...ce serait sans aucun doute cela. Non pas que je sois un grand maniaque de la protest-song de principe. Mais nous vivons dans un pays en crise depuis des années, où les acquis sociaux sont démollis les uns après les autres et où des immigrés choisissent de se mourir pour échapper aux flics qui les coursent. Que ma voisine ou que le commun des blogueurs s'en balance m'importe peu. Qu'on prétende faire du rock en vivant complètement en dehors de cette réalité glauque et violente me consterne. La génération précédente, celle des Noir Désir et compagnie...avait quelque chose à dire. Elle avait des convictions, des idées, des valeurs. Elle ne pensait  pasqu'à se vider la tête (et la bouteille) backstage. Elle avait retenu les leçons de Dylan, de Strummer, de tous les autres. La génération actuelle n'a rien à dire sur Sarkozy, sur la misère sociale ou les expulsions. Quelle surprise qu'un an après les présidentielles tant de gens s'enthousiasment pour la reformation de NTM ou fantasment sur le retour de Cantat. La vérité est que si quelques cloportes sans envergure se sont bien essayés à les immiter balourdement ces vénérables quadra qui ont largement passé l'âge de cracher sur les gouvernements n'ont jamais été remplacés par quiconque. Alors quand j'entends pour la première fois « L'amour de la haine », extrait du dernier No One (que quasiment personne n'a acheté à part moi)...j'ai l'impression d'un fantôme surgit du passer, d'un résidu d'une époque révolue (les années 90) où les groupes de rock et de rap français avaient des choses à dire, qu'on pouvait ne pas approuver mais qui avaient au moins le mérite d'interroger la société dans laquelle ils évoluaient. En quelques minutes de cette sombre ballade Kmar résume celui qui n'est pas encore Président de la République et annonce déjà la suite - ou quasiment. Qui l'a écouté ?

 

 

Eté 2007Voici la ville » - Vincent Delerm)

 

J'ai quitté Rouen depuis trois mois lorsque j'y reviens pour la première fois avec une femme que j'aime. Bien entendu il pleut des cordes - et c'est heureux : imaginerait-on une visite de Rouen sous le soleil ? Ce serait voler le chaland sur la marchandise ! Heureusement bien que nous soyons en plein mois d'août et qu'il fasse un soleil radieux sur tout le reste du pays le microclimat rouennais tient toutes ses promesses et je vous assure que c'est une pure coïncidence si nous écoutons le dernier Delerm au moment où nous nous enfonçons sur la Sud 3. Est-ce que je me rappelle qu'il y a sur ce disque une chanson intitulée « Voici la ville » narrant peu ou prou exactement ce que je suis en train de vivre à cette seconde ? Oui, mais je n'y pense pas vraiment. C'est seulement quand arrive une chanson qu'au demeurant je n'ai jamais aimée (sans doute la seule sur cet album que j'ai courageusement défendu à sa sortie - j'étais bien le seul dans la blogosphère) que je suis frappé par une évidence troublante : voilà que j'écoute une chanson décrivant à la virgule près ce que je suis en train de faire. Mais, vraiment : il ne s'agit pas que de retourner à Rouen, mais aussi de regrimper sur la bute de Mont Saint Aignan et de regarder ce qui se passe en-dessous (à savoir pas grand chose : Delerm n'a pas anticipé, quand même, le temps qu'il fait ce jour-là). Car il n'y a qu'un seul endroit à Rouen où vous pouvez voir la Seine en contre-bas et il n'y a qu'un seul endroit qu'on appelle le Panorama - l'espèce d'esplanade à côté de ce restau U où Delerm et moi-même avons mangé plus d'une fois (pas ensemble, ceci dit...quoique sûrement, en fait, simplement je ne le savais pas et lui non plus - et l'on murmure qu'il le regrette ardemment depuis car il est fan de ce que je fais). Or c'est là que je me trouve, en voiture, avec Elle, au moment même où cet imbécile heureux chante ça. Je le lui dit (à Elle - pas à Delerm). Ca ne lui fait ni chaud ni froid. Il est vrai que je ne lui dis pas précisément que d'ici je vois ma vie avant elle et que cela m'émeut et que je suis heureux d'être ici, avec elle, tout de suite. Que Rouen est bien plus belle quand on la retrouve que lorsqu'on y vit et que cela vaut peut-être pour toutes les villes du monde. Que celle-ci est la mienne et qu'elle est mon boulet, que mon histoire est là et que Rouen fait partie intégrante de moi. Que la quitter m'a été douloureux, que la retrouver plus tard me le sera aussi et qu'au final je ne pourrais sans doute plus jamais y flâner comme avant. Ni écouter cette chanson.

 

 

Automne 2007 (« Carry up on the morning ! » - Babyshambles)

 

Depuis quelques temps je fais beaucoup d'allez-retour à travers le pays et j'adore ça. C'est complètement tuant mais j'avoue tout : conduire seul pendant des heures est quelque chose qui m'a toujours procuré une sensation de bien-être incroyable. Il m'arrive même parfois d'être déçu d'être déjà arrivé, de ne pas rouler encore un peu en écoutant des trucs bondissants à fond la caisse (dans tous les sens du terme). La boite est gants est remplie de cds plus énergiques les uns que les autres, rien que des trucs transpirant la joie et la bonne humeur. Quand je conduis je n'ai jamais envie d'écouter des trucs mollassons, plutôt un besoin de speed pour me sentir complètement embarqué...au point parfois de m'apercevoir que je suis largement au-dessus de la vitesse autorisée et devoir piler comme un dingue parce qu'un radar automatique pointe le bout de son nez à l'horizon. « Carry up on the morning ! » restera éternellement la bande-son de cette période, de ces kilomètres avalés sous un soleil automnal adorable, des stations services où je m'arrête acheter le même sandwich thon-crudités Dauna et où, à force de passer deux fois par semaines, tous les pompistes me saluent comme un habitué. Et puis quand j'arrive à vingt bornes de ma destination je coupe le son et je m'arrête sur une aire déserte pour enfiler une chemise propre - j'ai sué à grosse gouttes pendant le trajet. C'est un peu cela, l'odeur de « Carry up on the morning ! » : celle de ma sueur après des centaines de kilomètres à chanter à tue-tête au point que même sur l'autoroute les gens me regardent comme le barge que je suis. On comprendra que j'ajoute toujours au titre de ce morceau un point d'exclamation.

 

 

Hiver 2007 / 2008What became of the likely lads » - The Libertines)

 

Je triche. Celle-ci n'est pas complètement morte pour moi, je l'écoute encore souvent et je la trouve on ne peut plus universelle. Il n'empêche que chaque fois elle me fait repenser à ce truc très étrange, tout à fait indescriptible en fait...mais que je vais quand même essayer de décrire. On vient alors de me proposer un nouveau job, plutôt prestigieux et remarquablement rémunéré. A Londres. Curieusement tout le monde trouve ça hyper cool...sauf moi. Et je ne sais pas vraiment pourquoi, dans le fond, car l'idée de partir à Londres bosser dans un milieu culturel avec plein de responsabilité importantes est tout à fait séduisante. Objectivement. Mais ça me fait un peu peur, je ne sais pas...j'hésite énormément, pas uniquement à cause de la vie déjà très compliquée que j'aie à ce moment, pas uniquement parce que je suis amoureux et même pas uniquement parce que je suis sûr que c'est un signe mais que j'ignore encore de quoi. Non...si j'hésite...je crois que c'est parce qu'à ce moment-là je n'arrive pas encore tout à fait à définir la personne que je suis (encore moins celle que je voudrais être). Depuis plusieurs mois maintenant j'essaie de me convaincre je pourrai un jour correspondre à l'image d'Epinal du père de famille - hypothèse assez peu probable pour quiconque me connaît un peu. Je m'entête à essayer d'entrer dans un costume n'étant pas fait pour moi plutôt que d'essayer d'enfiler mon propre costume...et voilà qu'on propose un troisième costume n'ayant rien avoir avec les autres et ne me correspondant fondamentalement pas plus. Alors je réfléchis, trop longtemps et sans doute trop mal. Je me dis que peut-être c'est ça, mon costume. Et pas l'autre. Je me cherche encore. Et je me sens vraiment pris dans un dilemme hyper cornélien quand dans le fond la réponse est simple : je n'ai aucune envie de partir. La vie londonienne ne m'intéresse absolument pas, le luxe et le prestige qu'induisent ce boulot sont à des années lumières de ce que je suis et si j'accepte il est plus que probable que je fasse une dépression nerveuse au bout de six mois (à moins que je ne me métamorphose en un de ces sales cons prétentieux, comme tant de français réussissant dans la capitale anglaise...eurk). C'est une promenade en ville , un soir, qui m'éclaire. Promenade est un bien grand mot : je tourne surtout en rond pendant une heure et demi autour de la même place, mon lecteur MP3 vissé sur les oreilles. Et donc : « What became of the likely lads ». Et tout s'éclaire. Aussi dingue que ça puisse paraître en entendant cette chanson je sais que je n'irai pas à Londres, que j'en ai aucune envie. Je sais qui je suis et vers quoi je vais et ce n'est certainement pas vers un boulot aussi prestigieux soit-il dans univers pailleté. Même avec une super voiture de fonction et un ordinateur dernier cri. Quand la chanson se termine je sais que si j'accepte ce poste je vais me renier, et tant pis si tout le monde me dit que je suis complètement fou - j'assumerai désormais ma folie. A tort ou à raison. Ado je rêvais que la musique puisse changer le monde. Je me suis rendu à l'évidence que c'était impossible. Pourtant une chanson, une fois, a réellement influé sur ma carrière. Autant vous dire que l'info ne figure pas sur mon C.V.

 

 

Printemps 2008

 

Ayant désormais pris le parti de ne plus écrire sur moi-même qu'avec un bon gros recul, je suis évidemment dans l'incapacité de refermer cette chronique conceptuelle sur le présent - encore moins d'opérer une ouverture vers l'avenir. Néanmoins il y a ces temps-ci une chanson qui revient beaucoup et qui (selon Certain Prophète) pourrait bien être un signe envoyé par Dieu (lequel se serait incarné en mon lecteur MP3). L'information mérite évidemment d'être prise avec une certaine réserve...reste qu'en attendant de comprendre ce que le Créateur essaie de me dire, cette chanson traduit à merveille mon humeur du printemps 2008. Comme c'est une merveille il serait dommage de s'en priver...

 


 

 

 

Jeudi 1 mai 2008
Le mois dernier j'avais fait l'impasse. C'est qu'il n'y avait pas foule du côté des hits du Golb, alors du coup j'avais décidé de rendre la rubrique seulement bimestrielle. Finalement...je ne sais pas trop. Je n'arrive pas à me décider. Sans doute vais-je faire en fonction de l'offre et de la demande : dès qu'il y en a plus de cinq dans la liste...hop ! On en (re)parle...

...ah oui, quand même : pour ceux qui n'auraient pas suivi (ou qui n'auraient pas été là en février) les hits dont je parle sont bien sûr les "hits littéraires" (les "hits musicaux" ont déjà leur propre sélection - ça s'appelle Spotlights). Plus précisément des livres salués (parfois à genoux et en baissant respectueusement les yeux) dans ces pages. Pas tous, soit : la sélection est draconienne (trop) et ne concerne (en plus) que les livres soumis le cas échéant à une première lecture - bref on en laisse quelques uns sur le careau.

Ce qui du coup nous fait une toute petite sélection pour mars et avril - sélection que vous auriez néanmoins tort de bouder.






...en espérant que l'un d'entre vous au moins y trouvera son bonheur...je vous dis à demain - pour un véritable article.



...
Jeudi 1 mai 2008

Europa (Romain Gary, France, 1972)

 

 

Je ne suis pas spécialement fan de Romain Gary. Je bénis d'ailleurs le ciel et ses racines de ne pas m'avoir donné l'idée idiote de créer une rubrique s'intitulant « Mes auteurs à moi »...

 

Je ne suis pas spécialement fan de Romain Gary à cause de « Lady L. », que j'ai lu jeune, très jeune même - trop jeune sans doute. Pas que je me sois dégoûté de cet auteur - bien au contraire : j'ai adoré ce roman tellement peu représentatif de son auteur. A tel point qu'à chaque fois que j'ai lu du Gary durant les années suivantes, j'ai presque toujours conclu ma lecture en ronchonnant Mouais...c'est pas mal...mais ça vaut pas « Lady L. ». Le plus triste dans cette histoire étant que...je ne me souviens absolument plus de ce que raconte « Lady L. » ! Mais alors vraiment plus du tout ! Ce qui n'empêche pas ce livre d'occuper une place à part dans mon imaginaire de lecteur, qu'il a en grande partie formé puisque je devais avoir tout au plus quatorze / quinze ans au moment de cette rencontre.

 

 

Fort heureusement je vais rencontrer quelques années après « Europa ». Je vais l'aimer. Je vais même m'en souvenir (j'vous jure), de ce roman monumental, massacré par la critique au moment de sa sortie au point de provoquer (prétendent certains) la naissance du célèbre Emile Ajar (et il faudra qu'on en reparle aussi, de celui-là, tant il me semble parfois être un auteur à part entière - dont je ne suis d'ailleurs pas fan non plus... !). « Europa » va immédiatement me faire penser à « A Rebours » *. A Huysmans. Filiation n'existant que dans ma tête ? C'est fort possible...et pourtant : le côté bariolé, lettré jusqu'à s'en écoeurer, décadent au sens le plus aristocratique du terme...je ne l'ai pas inventé. Il est dedans. Parmi beaucoup d'autres choses.

 

On nous apprend souvent, à l'école, à écrire nos dissertations en partant du général pour aller au particulier. Curieusement je n'ai jamais été capable de procéder dans ce sens...je n'ai jamais su que partir du particulier (souvent symbolisé par mon cas personnel) pour élargir à des thématiques plus générales. C'est exactement ce procédé qu'utilise Gary dans « Europa », et s'il n'est évidemment pas question de me comparer à lui (quelle drôle d'idée) il serait en revanche idiot de nier que c'est sans doute ce qui me parle le plus dans ce livre. Cette manière dont Romain Gary expose ses blessures les plus intimes, sa propre quête identitaire...pour mieux ouvrir sur la quête identitaire de tout un peuple - le peuple européen. En toute modestie. Le pire étant que cela fonctionne remarquablement. Mais reconnaissons toutefois que ça ne saute pas aux yeux : « Europa » n'est pas un roman, mais au moins trois ou quatre. C'est une œuvre gigogne, aussi dense dans sa construction et son écriture que multiple dans ses thématiques. Un peu comme l'Europe, quoi.

 

L'on y croise une galerie de personnages étranges, échappés d'autres époques sinon d'autres dimensions. Un ambassadeur de France à Rome, faux réac et vrai mélancolique. Une magicienne aux charmes troublants. Une mystérieuse jeune femme accompagnée d'un énigmatique baron se faisant appeler...Le Baron. Ils se croisent et se toisent au cœur d'un univers intemporel, l'Italie a priori, mais une Italie vaporeuse et loin, très loin des cartes postales. Se jaugent, se nourrissent les uns des autres. Sensation étrange que celle-ci : hormis Danthès (le fameux ambassadeur - au patronyme évidemment hautement symbolique tant il semble prisonnier de lui-même) ces caractères semblent tous complètement évanescents, comme s'ils n'existaient pas - ou plutôt comme s'ils existaient dans un rêve.

 

« Danthès savait en effet que chacun de nous a deux existences : celle dont il est lui-même conscient et responsable, et une autre, plus obscure et mystérieuse, plus dangereuse aussi, qui nous échappe entièrement et qui nous est imposée par l'imagination souvent hostile et malveillante des autres. Des gens, dont nous ne connaissons rien et qui nous connaissent à peine, nous inventent à leur guise et nous interprètent, si bien que nous nous trouvons, souvent sans le savoir, estimés ou méprisés, accusés ou jugés, sans que nous puissions nous défendre et nous justifier. On devient matériau entre des mains inconnues : quelqu'un nous assemble et nous défait, nous esquisse, nous efface et nous donne un tout autre visage, et seuls quelques ragots nous parviennent parfois et nous révèlent l'existence de ce double dont nous ignorons tout, si ce n'est le tort qu'il nous fait. »

 

Glisser de longues citations au milieu des chroniques n'est guère dans mes habitudes, mais le cas échéant il me semblait capital de reproduire celle-ci. Car ce début de chapitre trois conditionne tout le reste du livre, délivre (!) les clés permettant de pénétrer dans cet univers doublement fantasmagorique - les personnages fantasment tout autant que l'auteur. Ici peut-être se situe (en fait) le véritable incipit d' « Europa ». Un incipit caché entraînant le lecteur sur des terres inconnues où tout n'est qu'apparences, illusions se mêlant à la réalité pour mieux la transcender. A commencer par le propos lui-même : Gary fait de ses personnages les réceptacles d'interrogations sur une Europe culturelle unique dont il reconnaît lui-même en préface qu'elle n'existe pas. Ce qui ne l'empêche pas pour autant de réussi à merveille son élargissement : en faisant énoncer à Danthès des réflexions décalées sur cette notion (EUROPA - donc) de fantasme...il interroge le réel avec une remarquable pertinence, comme s'il détournait le rêve pour coller au plus près de la réalité. Une approche qui n'est pas sans évoquer, de manière assez inattendue, celle de Lynch dans « Mulholland Drive ». Aussi étonnant que cela puisse paraître, ces deux œuvres que trois décennies et des milliers de kilomètres séparent présentent plus d'un trait commun - s'avérant toutes deux de véritables cris d'amour à la fiction et à la création. La différence étant que le chef d'œuvre de Lynch est un manifeste de liberté de créer en soi, quand le roman de Gary s'apparente de manière plus traditionnelle (quoique...) à un roman à thèse. Le cas échéant l'auteur de « Lady L. » interroge l'identité européenne (qu'est-elle ? où va t'elle ? pourquoi faire ?) avec une acuité proprement stupéfiante si l'on prend le temps de penser qu'en 1972 la construction européenne n'en est qu'à ses balbutiements (pour mémoire la CEE ne compte alors que six pays depuis sa création, et ne s'élargira vraiment que l'année suivante). Et lorsque Danthès médite sur la dissolution de la culture européenne dans l'économie de marché...le texte prend des airs de prophétie. Ce qui à coup sûr n'était en rien sa vocation première.

 

Il n'empêche : force est de reconnaître que trente-six ans plus tard les états de l'Union comme leurs intellectuels n'ont toujours pas répondu à une seule des questions identitaires soulevées par ce livre d'autant plus indispensable.

 

 

 

* on pourra du coup considérer que c'est illogique, rapport à la rubrique, d'évoquer « Europa » avant « A Rebours »...seulement si Huysmans est bien dans cette série ce n'est pas avec « A Rebours »...!

 

 

 

 

Mercredi 30 avril 2008
(titre gentiment provocateur en hommage à l'ami Christian)



Je t'aime encore plus que je m'aime...c'est dire !

Nicolas Sarkozy est donc de retour. Je ne sais pas si vous avez vu son allocution télévisée de la semaine dernière...mais moi, oui. Et je l'ai senti en super forme ! Et je m'en félicite. Voilà qui annonce des éditos à foison pour la troisième saison du Golb. Oui oui : troisième. Demain, premier mai 2008, nous fêterons en effet les deux ans du Golb. Putain deux ans - comme dirait l'autre. Champagne ?

Allons...l'an passé était une période de trouble, de doute...quelques évènements sinistres de ma vie personnelle nous avaient empêché de fêter dignement le premier anniversaire du Golb. Tout au plus m'étais livré à un petit exercice d'auto-célébration fort sympathique...qui vous avait laissés sur votre faim - inutile de me le cacher : je le sais d'autant mieux que moi aussi. Aussi pour cette année vous ai-je concocté un édito spécial anniversaire qui...

...oui alors bon, je sais : il est de bon ton de considérer que les bloganniversaires ça n'a aucun intérêt (il est de bon ton de considérer que les anniversaires en général n'ont aucun intérêt), et de le crier haut et fort dans un élan de cynisme. En même temps dans ce cas-là on ne prend même pas la peine de faire un billet pour son bloganniversaire - je pense que nous sommes tous d'accord : un truc dont on estime qu'il n'a aucun intérêt on ne lui accorde pas une ligne. Pour ma part...j'ai déjà raconté ailleurs à quel point j'étais un obsédé des dates, de même que je suis un obsédé des listes ou des symboles. Il était donc impensable que je ne fasse rien pour fêter l'anniversaire du Golb ! D'autant que tout de même...le slogan c'est Comme un blog, mais en mieux (mais comme j'ai pas de profil public il est possible que personne ne le sache). Il est donc logique qu'on mette les petits plats dans les grands à la première occasion, qu'on aille jusqu'au bout dans l'autosatisfaction et qu'on se la pète à mort. Nous sommes quand même sur Le Golb. Ce qui serait hyper prétentieux sur n'importe quel autre blog n'est rien d'autre qu'un accomplissement logique dès lors que ça se déroule sur celui-ci...

(quiconque ne percevra pas l'ironie dans ce paragraphe sera interdit de Golb jusqu'à la fin de sa vie)

...or aucun exercice d'autocélébration ne peut-être exempt de démagogie, impossible : on ne s'autocélèbre pas tout seul. Ca n'aurait aucun sens.

Par conséquent j'ai décidé de sombrer dans la démagogie la plus totale, dans l'absolument putassier, en dédiant cet éditanniversaire à...vous tous, chers lecteurs du Golb. Et plus spécialement à ceux d'entre vous qui nous honorent chaque semaine de commentaires parfois plus drôles ou intelligents que les articles qu'ils illustrent, pas toujours de grande qualité il faut bien le reconnaître (on a tous nos hauts et nos bas, hein) mais qui me vont toujours droit au cœur - car oui : je t'aime, public. Il m'arrive souvent le soir de pleurer seul devant mon écran en lisant une réflexion de G.T., il m'arrive de fêter l'arrivée d'un nouveau commentateur régulier, il m'arrive de dire Waouh ! Oui : je retiens mon souffle chaque fois qu'on m'écrit : Super ! Je le note sur ma LAL. Oui, j'adore quand vous me dites BRAVO. Je serais bien hypocrite de prétendre le contraire. Depuis ma plus tendre enfance je souffre d'un manque affectif profond, que vous vous appliquez à combler chaque semaine avec une remarquable régularité. Osons le dire : je ne suis qu'une petite chose sans intérêt hors les blogs, alors qu'ici...tout le monde m'aime à en mourir, tout le monde me trouve sexy et brillant...

(quiconque ne percevra pas l'humour noir dans ce paragraphe méritera un jet de tomates transgéniques)


Ainsi donc...voici les Golb d'Or pour la saison 2007/08. L'idée m'a bien sûr été inspirée par G.T. en personne, avec son pire des blogs...à ceci près qu'en ce qui me concerne je me suis contenté de relire un nombre considérable de commentaires et que je n'ai pas hésité à carrément décerner les prix (plutôt que de lâchement me limiter à des nominations de fourbasse). Dans le même ordre d'idées j'ai rapidement décidé de ne pas me nominer moi-même afin de ne vexer personne (au contraire...je serais fort contrarié que personne ne se vexe...).




A noter que :

-    j'ignore à cette minute comment Alf va nous illustret tout ça (et me lèche les babines) *

-    toute personne se vexant après cette remise de prix ne fera que souligner qu'elle a l'affect d'un enfant de douze ans...et forcera donc mon admiration (je suis resté bloqué à dix).




CEREMONIE DES GOLB D'OR 2008

Ces prix ont été remis après étude des différents dossiers **, sur consultation d'un jury de professionnels composé de :

  • Thomthom (rédacteur en chef du Golb)
  • Zippo (chat de son état, et secrétaire de rédaction)
  • Jean-Pierre Jean (coiffeur et sélectionneur de L'Equipe de France de football)
  • Claude Berry (Claude Berry)
  • Jean-Louis (maçon bossant dans notre maison-rédaction au moments des délibérations)
  • Alf (responsable des illustrations)



Golb d'Or des meilleurs effets spéciaux (bah ouais, on commence par les trucs dont tout le monde se branle) :


...

Golb d'Or du bisou :

  • Ex æquo : LHISBEI, NATHALIE et SEVIE...avec elles, on est tranquille : mes joues ne resterons jamais sèches très longtemps !
...

Golb d'Or du casse-c... :

  • GUIC' THE OLD pour son célèbre et insupportable Super, cette chronique grave générationnelle ! Quelqu'un osera t'il lui dire un jour que ce n'est pas parce qu'un texte lui rappelle un ou deux souvenirs de quand il était imberbe que ce texte est générationnel... ?


Golb d'Or du commentaire le plus inculte :

  • CHARLOTTE, pour son remarquable : Zola je le trouve toujours très moderne. Balzac, lui, il est poussiéreux, les caractères sont peu crédibles et souvent sommaires (surtout les femmes qui se résument en gros à trois ou quatre "stéréotypes"). Enfin il s'intéresse énormément à la politique, c'est très intéressant en terme histo mais ça ma limite aussi beaucoup le texte. Commentaire qui se passe de commentaire.

...
Golb d'Or du commentaire le plus consensuel :

GAËLLE, qui au plus fort d'une polémique mêlant un auteur et BBB. (et votre serviteur par extension) eut ces mots merveilleux (retranscription de mémoire) : Bravo à l'auteur du livre, bravo à l'auteur de la critique et bravo à BBB. ! On sent bien qu'elle était tentée d'ajouter Et surtout Merci la vie !!! mais s'est retenue de peur de sembler trop subversive.



Golb d'or du commentaire le plus enthousiaste :

AUDREY-LAURE, pour l'ensemble d'une œuvre considérable constituée de Preums !, de Coucou ! et autres Youpi !

...

Golb d'Or du commentaire décalé :

  • DR TRUKMUSCH. Je te prends deux mots au pif dans la chronique et je te brode de suite vingt lignes sans le moindre rapport avec le sujet de ladite chronique. Chapeau l'artiste !

...
Golb d'Or du commentaire le plus long :

  • G.T., pour l'ensemble de son œuvre et plus spécialement ses commentaires dans cette discussion. Quatre jours après ils les synthétisait (façon de parler : G.T. ne synthétise jamais) dans un article devenu une référence.


Golb d'Or du commentaire odieux :

Ex æquo :

  • DAHLIA, pour sa récente et déjà célèbre analyse typographique.

  • LILY, pour l'ensemble de son œuvre.


Golb d'Or de la fausse manip' :

  • APHRODITE, pour ce dimanche matin où, tout à son bonheur de commenter un article qu'on imagine passionnant...l'a fait sous vrai nom, me téléphonant d'urgence : Viiiiiite ! Il faut que tu supprimes mon dernier com. Moi, j'étais au milieu du supermarché - que croyez-vous que j'ai fait ? Faible et amoureux j'ai planté mes courses et foncé chez moi, violant au moins quatre fois le code de la route et poussant jusqu'à 140 en agglomération. Magnifique.

...

Golb d'Or de la flagornerie pure et simple :

  • NICOLAS, pour son remarquable(ment grisant) Juste une remarque après avoir lu ce texte, vous devriez être publié monsieur Thom !!! Pour une raison inexpliquable son compte a été crédité d'une somme de 800 euros le week-end suivant.


Golb d'Or du foutage de gueule :

Ex æquo :

  • G.T. : qu'on se présente comme le fossoyeur de la midenettitude est une chose ; qu'on le fasse deux mois seulement après avoir avoué un coupable penchant pour « Summer Of 69 » de Bryan Adams...c'en est une autre qui ne prête nullement à l'indulgence.

  • LAURENCE pour Oh moi je suis taiseuse, je poste pas beaucoup de coms. Nous voilà rassurés.


Golb d'Or de la midinettitude :

  • Beaucoup de candidats dans cette catégorie, mais le prix va bien évidemment à FASHION pour ses bons, nobles et loyaux services rendus en vue de la midinettisation totale des esprits.
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Golb d'Or de la private-joke :

  • GAËL, pour son Je le note sur ma LAL dans une discussion sur Appelfeld (soit donc après une critique qui, on l'imagine, prêtait vraiment à la rigolade). Six mois après, la private joke est toujours aussi private et certains cherchent encore à comprendre à qui elle s'adressait.

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Golb d'Or du pur commentaire de groupie :

  • Grosse concurrence dans cette catégorie, mais victoire à l'arrachée de MARION, pour l'ensemble de son œuvre qu'on pourrait résumer par ces quelques mots : Waouh ! Thom, c'est ta meilleure chronique depuis la précédente jusqu'à la semaine prochaine !!!


Passons à présent aux GOLBS SPECIAUX DU JURY :

Golb Spécial de l'Alias Transparent :

Ex æquo :

  • CHOUP (pour l'ensemble de ses pseudos)



  • CELUI QUI... (...croyait sincèrement que personne ne le reconnaissait...)


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Golb Spécial du commentaire meilleur que l'article :


  • NICOLAS. Vous faites chier à écrire de longs articles explicatifs ? A quoi bon ? Nicolas débarquera aussitôt dans les commentaires et en trois phrases il vous livrera la quintessence de l'œuvre que vous venez d'évoquer. Un espèce d'anti-G.T. - en somme.

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Golb Spécial du grand n'importe quoi :


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Golb Spécial du je le note sur ma LAL :

  • YUEYIN, qui a l'heure actuelle doit lire 148 livres critiqués sur ce blog.

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Golb Spécial du Quoi ? Une polémique ? Où ça ? Attendez-moi - j'arriiiiiiiiiiiive !!! (collectif) :

  • Pour l'ensemble de leurs œuvres, pour les batailles esthétiques et critiques livrées ensemble (et aussi faut bien le reconnaitre pour leur mauvaise foi souvent salutaire...) : BBB., CHOUPYNETTE, G.T., GUIC', LAURENCE & LILY.


...
Enchainons avec les Grands Golb, récompenses aussi prisées que peu nombreuses. Beaucoup d'appelés et - hélas - fort peu d'élus :

Grand Golb Thierry Roland - Michel Sardou de la Connerie Humaine :

  • Beaucoup de concurrents parmi les snipers et autres hooligans croisés cette année. Néanmoins dès septembre ZIG avait placé la barre très haut avec, à propos de « Tom est mort », son magnifique : "Je pense même, pour réellement l'avoir lu (ressenti), que quelqu'un dans votre situation aurait été bien incapable d'en dépasser la page 30(...) beaucoup vous sera pardonné à cause de cette "histoire personnelle" que vous croyez pouvoir séparer de votre jugement. Cependant les états de grâce ne durent jamais longtemps. Le temps jugera, ou balaiera, vos prises de position glissantes".
...
Grand Golb Guillaume Musso - Chérie FM de la lecture surémotionnelle :

  • MARION, bien sûr. Qui à ce jour a versé 29877 litres de larmes en lisant le Journal du dépressif (ça n'a l'air de rien mais ça nous fait quand même du 244,89 litres par chronique !)
...

Grand Golb du Meilleur espoir féminin :


  • LAIEZZA. Plus ça va, plus elle se lâche en commentaires. Certains l'imaginent déjà titulaire d'une Golb Card dès la fin 2008 (mais restons prudents).

...
Grand Golb du Meilleur espoir masculin :

  • CHRISTOPHE. On se connaît encore peu, mais déjà les observateurs ont décelé chez lui le potentiel d'un jdm en puissance - peut-être même d'un G.T. Le genre de commentateur qu'il faut bichonner et encourager le plus possible - allons mon ami : la Golb Card n'est pas loin.

...
Viennent ensuite les Golb d'Honneur - qui comme leur nom ne l'indique pas récompensent les golbeurs pour l'ensemble de leurs carrières.

Golb d'Honneur de la blague :

  • ZAPH - pour l'ensemble de son œuvre sa vie bien entendu.

...

Golb d'Honneur de la chouchoute :

  • Allons...c'est un secret de polichinelle tant je me caramélise à chacune de ses interventions. C'est mal, je sais, c'est ridicule d'avoir une chouchoute...tant pis, j'assume et attribue en mon âme et conscience de Golb d'Honneur à XXX  - pour l'ensemble de son œuvre. ***

Golb d'Honneur High Density :

  • ALIENORD, H.V. et TAMARA - pour leur passion inconditionnelle face à notre (plus si) nouvelle série.

...
Golb d'Honneur du plus joli complimentationniste (si si, ça existe - c'est comme un situationniste mais en plus cordial) :

  • G.T., inventeur du terme émusant - entre autres. Même pas encore édité que déjà quelqu'un est parvenu à résumer mon travail en un mot.

...
Golb d'Honneur du mec qui passe sa vie sur Le Golb :

  • BBB., dont la fidélité à toute épreuve a permis de constater qu'il n'avait ni femme ni enfants ni travail ni famille ni amis ni loisirs. BBB. n'a que Le Golb dans sa vie - c'est un peu triste mais mon Blog Rank lui doit tant...


Enfin, il est temps de conclure...non sans avoir attribué les célèbres Golb Cards - dont on rappellera qu'elles autorisent leurs titulaires à venir quand ils veulent raconter toutes les conneries qu'ils veulent dans les commentaires ce blog. Ils sont chez eux et ils y seront pour l'Eternité.

Possèdent déjà leur Golb Card : Zaph, Lily, Choup, Gaëlle, Mr Kiki, G.T., Guic' The Old, Christian

Pour 2007/08, devant l'accroissement constant du lectorat, notre jury a été contraint de se livrer à une sélection draconienne. Cinq heureux élus seulement (mais n'hésitez pas à envoyer vos candidatures), qui se voient aujourd'hui officiellement remettre LA Golb Card designée par Mr Kiki himself.




Les Golb Cards 2008 sont attribuées à...

(roulement de tambour)

ALF, BBB., FAB, JDM et LAURENCE, pour services rendus à la Nation Golbienne et lutte coura