Les notes du Golb

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   Oxxxxx
    Sans façon !

   OOxxxx
    Bof...

   OOOxxx
    Eventuellement...

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    Volontiers.

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    Avec plaisir !

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    Sans la moindre
    hésitation !!!
...

Ne m'écrivez pas

 
...je ne cherche pas, en effet, à me faire des amis...

...cependant, en cas de force majeure...
....
 ATTENTION NEANMOINS : nous nous réservons le droit de décider du caractère profondément majeur de votre cas de force majeure. Ou pas.
Mercredi 21 mai 2008

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L'anniversaire d'Angèle c'était le moment de l'année que personne n'aurait voulu louper. Depuis la troisième ses super cool parents lui prêtaient chaque premier week-end d'avril leur super cool baraque et on faisait la fête toute la nuit comme s'il ne devait pas y avoir de lendemain (ce qu'il y avait toujours : il y avait même une année prochaine pour recommencer à croire qu'il n'y aurait pas de lendemain). Pour nous c'était quelque chose de vraiment incontournable, plus spécialement pour Lise et moi parce que les occases qu'on avait de sortir le soir, rapport à notre mère, n'étaient pas bien nombreuses. Moi encore ça allait, parce que j'étais le garçon. Mais Lise...enfin de toute façon personne voyait trop où elle aurait pu aller vu qu'elle avait encore moins de potes que moi. Bref : en une soirée on y allait à fond l'un et l'autre - fallait qu'on prenne des réserves pour l'année à venir.

 

Cette année pourtant les choses étaient différentes, on sentait bien que c'était plus tout à fait pareil. Déjà on avait pas mal vieilli, ça se voyait facilement parce que maintenant le champagne avait remplacé le coca. Ensuite on savait qu'il n'y aurait peut-être pas d'année prochaine, puisqu'à part un ou deux retardataires on passait tous le bac à la fin de l'année...le couperet longtemps redouté allait bientôt nous tomber dessus, et aussi ridicule que cela puisse sembler on était tous sincèrement convaincus qu'à partir de septembre prochain on allait subitement basculer dans des vies d'adultes. Paraît qu'on est pas sérieux quand on a dix-sept ans...

 

Du coup Angèle avait encore plus mis les petits plats dans les grands par rapport aux années précédentes. Plus de musique, plus d'alcool et même : deux fois plus de monde. Ca s'annonçait bien, quand on est arrivé j'ai tout de suite jeté un coup d'œil à Lise et à l'évidence elle pensait comme moi. Super. Je me suis écroulé sur le canapé, j'ai chopé une des bières sur la table basse et je me suis mis à picoler tranquillement, attendant que quelqu'un m'accorde un peu d'attention. Ca n'a pas l'air très festif présenté comme ça mais je vous assure que vue la population c'était le meilleur moyen pour pas se faire chier. Parce que bien sûr j'étais pas un dingue de ce genre de nouba - j'essayais juste d'avoir de temps à autre des activités normales.

 

A onze heures pourtant et en dépit de tous ces « Roll with it » et autres « Tourette's » qui ne demandaient qu'à m'inviter à la fête...j'ai commencé à déchanter un peu. Sandrine était toujours pas arrivée, en plus je me sentais pas très bien. Pourtant j'avais pas tellement bu mais j'avais l'impression d'étouffer - sans doute trop de fumée dans la casbah. Alors je suis sorti prendre un peu l'air, j'ai pissé contre un arbre et j'ai failli me payer un infarctus quand quelqu'un m'a tapé sur l'épaule. Elmut.

 

« Bah alors ? Tu fais bande à part ?

-         Non non. Je prends l'air, c'est tout.

-         T'attends ta meuf ?

-         Elmut, merde. Arrête de dire meuf.

-         Okay ! Donc : t'attends Sandrine. »

 

J'ai jeté un oeil à ma montre. Vingt-trois heures vingt-deux.

 

« Plus vraiment, non...

-         Et ton groupe sinon ? Ca avance ? »

 

A vrai dire non. Ca n'avançait plus tellement. On s'était rendu compte au fil des dernières semaines qu'on souffrait d'un mal bien plus important que la toxicomanie de notre bassiste ou de notre groupie number only one, un mal qui depuis la nuit des temps répandait la terreur sur tous les groupes du monde - même les plus insignifiants : les sempiternelles divergences musicales. On s'entendait bien et on arrivait à jouer ensemble la plupart du temps, seulement depuis qu'on avait commencé à composer notre propre répertoire les engueulades étaient devenues quasi quotidiennes. Jérem était super doué mais super intolérant, tout en étant persuadé du contraire. Il n'aimait pas quand ça faisait trop de bruit, il n'aimait pas le metal, très moyennement le grunge...Kim pour sa part ne jurait que par le punk, et Christophe était plutôt branché pop-rock. Quant à moi j'aimais tout ça à la fois, j'aimais tellement tout ça en fait que j'étais incapable de taper dans le même registre deux fois de suite. Je commençais à me dire qu'en fait je devrais peut-être faire comme ma nouvelle idole Devin Townsend : avoir trois groupes en même temps pour pouvoir exprimer toutes mes sensibilités. Parce que tout mettre dans le même groupe...c'était juste pas possible.

 

« Ca avance, oui...

-         Toujours ce concert en vue...quand déjà ?

-         Juin.

-         Ta mère est ok ?

-         On l'emmerde ma mère. »

 

Il a rigolé :

 

« J'vois que la rock'n'roll attitude a encore d'beaux jours devant elle ! Puisqu'on en parle moi, justement, j'ai commencé à composer quelques trucs dans mon coin...hé, Thomas ? Ca va ? HE ! »

 

Sans m'en rendre compte j'avais commencé à vaciller et je me suis retrouvé viandé dans l'herbe en moins de deux. Elmut s'est précipité pour voir ce que j'avais...j'ai marmonné un truc...essayé de me relever...suis retombé...ai pris appris sur lui...et je lui ai gerbé dessus. C'est dans ce genre de moment qu'on se rend compte si les gens méritent notre amitié, et je pense pouvoir dire que je ne méritais pas celle d'Elmut. Qui pas dégoûté pour un sou m'a littéralement soulevé du sol et traîné à l'intérieur, posé délicatement sur un lit avant de filer en cuisine me chercher un verre. Si les rôles avaient été inversés il est probable que je me serais juste foutu de sa gueule.

 

Quand j'ai réussi à me redresser et à reprendre une tête à peu près normale il m'a demandé ce que j'avais bu. Mais quand j'ai répondu deux bières il a pas voulu me croire.

 

« Cinq ou six plutôt, non ?

-         Putain non...je te jure...

-         THOMAS ! »

 

...Sandrine venait de rentrer dans la chambre. Elle s'est littéralement jetée à mon cou. Me couvrant de baisers. M'inondant de caresses. M'enterrant sous les Ca va ?. Je me suis tout de suite senti vachement mieux.

 

« Ca va aller, maintenant...j'suis là, bébé...tiens : regarde ce que je t'ai apporté... » un silence. Coup d'œil à Elmut. Un autre silence. « T'as besoin de quelque chose toi ?

-         Euh...

-         Bon alors tu nous laisses ok ? On n'a pas besoin de toi. » interloqué, Elmut a obtempéré. « Putain quel pot de colle c'ui-là. Comment tu le supportes ? »

 

J'aurais bien aimé lui repondre que le pot de colle venait de me sauver la vie ou pas loin mais elle m'a roulé une si grosse galoche que j'ai pas pu - et après honnêtement j'avais plus trop la tête à ça. Elle m'a enlevé mon t-shirt. Elle m'a embrassé le torse. Elle m'a pris la bouche. Puis elle a sorti de sa poche une petite boite de punaises avec autre chose que des punaises dedans - parce qu'il y a que dans les films que dans ce genre de truc se trouve en sachets. Et quand j'ai touché terre une heure plus tard j'ai rien entendu d'autre que les cris du père d'Angèle. Je saurais même pas dire ce qu'il foutait là  - théoriquement il devait pas rentrer avant au moins douze heures. Ce qui est sûr c'est qu'entre les gens bourrés et le bordel dans la baraque il avait aucune raison d'être de bonne humeur...et que vu comment il gueulait personne risquait de croire le contraire. Ca par contre c'était vraiment comme dans les films : le coup du père qui débarque à l'improviste...c'est d'un éculé. Différence notable cependant avec la scène mille fois ressassée du premier teen-movie venu : la moitié des gens n'y est pas défoncée à coup de substances illicites en tout genre. Pour le coup la réalité dépassait largement la fiction, même ma mère dans ses pires cauchemars (qui pourtant étaient foutrement gratinés) n'aurait pas pu imaginer un truc pareil. C'est pas dur : la plus claire de la bande c'était Lise - qui n'avait fumé que trois joint et bu seulement cinq bières (elle a toujours été d'une nature raisonnable).

 

Si une grande majorité des personnes présentes a déguerpi sur le champ, pour nous évidemment ç'a été plus compliqué : on était des historiques de la bande - des membres de la famille par extension. On était fiché, en fait. Ca voulait dire qu'au mieux on allait se faire traiter de tous les noms - au pire nos parents nous garantiraient la double-peine. Curieusement quand je suis arrivé dans la pièce avec mon t-shirt remis fissa devant-derrière, j'ai pas trop osé m'avancer vers le père d'Angèle pour lui dire bonjour. J'aurais peut-être dû, histoire de montrer j'étais clair et que je maîtrisais et qu'il fallait un peu plus que quelques punaises pour me faire oublier les règles élémentaires de politesse. Mais bon... j'y ai pas vraiment pensé, j'ai plutôt essayé de rester en retrait - ce qui n'était pas facile vu qu'on était plus guère que cinq dans le salon. Six en comptant le père, un gros barraqué du genre auquel vous évitez prudemment de dire Non à chaque fois que c'est possible. Que vous évitez même de croiser, en général. Elmut s'est fait tout petit (ce qui n'était pas facile vu sa taille). Lise s'est ratatinée dans un coin. Sandrine a serré ma main très fort. J'ai eu l'impression que tout le monde comptait sur moi pour dire un truc intelligent. Comme j'avais pas grand chose en stock j'ai dit :

 

« Ecoutez M'sieur Mercieur...on va tout ranger, hein. Vous inquiétez pas.

-         Je t'ai demandé un truc, à toi, chevelu ?

-         Euh...non m'sieur.

-         Alors ta gueule. Angèle, vient par-là. »

 

Je crois que de toute ma vie j'ai jamais vu une baffe si monumentale. Evidemment on pouvait pas rester coincé dans un film éternellement, alors Angèle a pas traversé la pièce en hurlant. Elle a juste eu un tout petit recul... m'enfin c'était quand même impressionnant. Tellement impressionnant qu'on en a tous profité pour se casser, fuyant une maison plus du tout super cool dont on pouvait entendre se dégager des hurlements un kilomètre plus loin. Au bas mot. Ca n'avait rien de très glorieux et je dirais même qu'aujourd'hui encore je m'en sens encore coupable. Mais qu'est-ce qu'on aurait pu faire ? Rien. On aurait rien pu faire du tout. Même le lendemain on pouvait rien faire. Quand Angèle est arrivée au lycée avec un oeil au beurre noir on a jute fait semblant de rien voir. C'était notre maximum. Les vies d'adultes semblaient pas encore pour tout de suite.

 

 

 

 

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