Well I'll tell you one thing that I know
You don't face you demons down
You got to grab `em, jack `em
And pin `em to the ground
The devil may care - maybe god he won't
Better you make sure you check on the do's and don'ts
Crawl up the mountain
To reach where the eagles fly
Sure you can't glimpse from the mountain top
Where the soul of the muse might rise
And if you put it all together
You won't have to look around
You know you cast a long shadow on the ground
And then one day I could tell my tracks
By the holes in the soles of my shoes
And that's the day I said I'm gonna make the news
And falling back in the garden of days so long ago
Somewhere in the memory
The sun shines on you boy
Playing in the Arroyos
Where the American rivers flows
From the Appalachians
Down to the Delta roads
A man can thinks so long
His brain could well explode
There's trains runnin through the junctions
And king cottons down the road
And if you put it all together
You won't have to look around
You know you cast a long shadow on the ground
Listen to the country, the night jar and the bell
Listen to the the night streamliner
Sounding like the wolves of hell
Head for the water - the waters of the cleansing spell
It was always our destination on the express of the ner do wells
And we rock through Madison city
Man we didn't even know she was there
‘til we hit the baffles in Memphis and Beale Street didn't have no prayer
I hear punks talk of anarchy - I hear hobos on the railroads
I hear mutterings on the chain gangs
It's those men who build the roads
And if you put it all together
You didn't even once relent
You cast a long shadow
And that is your testament
Somewhere in my soul
There's always Rock ‘n' Roll.
...
Le gaucho insupportable (Roberto Bolaño, Chili, 2003)
Ultime recueil de Roberto
Bolaño, achevé quelques quinze jours avant sa mort, « Le gaucho insupportable » a le charme un peu frustrant des compilations de faces B. et d'inédits de musiciens qu'on révère. Ces
disques souvent réussis mais un peu branlants, parcourus de fulgurances rappelant le meilleur de l'œuvre en question, ces disques qui parfois même ne proposent que de très grands morceaux mais
qui manquent trop de liant pour atteindre le génie d'œuvres plus abouties.
Si la question est ici moins évidente, puisque c'est Bolaño lui-même qui composé ce recueil (et non son éditeur), le résultat est à peu près similaire. A savoir que « Le gaucho insupportable », assemblage de sept petits textes assez éparses, affiche son manque de cohésion au bout d'une cinquantaine de pages (en gros : au moment où l'on entame la troisième nouvelle et où les disparités de niveau sautent aux yeux) et aurait sans doute gagné à être retravaillé par l'auteur s'il avait vécu assez longtemps pour le faire. Ainsi les deux mini-essais placé en fin de recueil, notamment « Les mythes de Cthulhu », véritable manifeste de théorie littéraire, ne sauraient être justement appréhendés par quelqu'un n'ayant jamais lu l'un des ouvrages majeurs de Bolaño (« Nocturne au Chili », « Les détectives sauvages »...). On se demandera même avec un certain scepticisme ce qu'un lecteur découvrant l'un des plus grands écrivains contemporains pourrait bien retenir du « Gaucho insupportable », sinon que la plume est sublime et la vision du monde particulièrement désenchantée... rien, sans doute : car le texte éponyme mis à part la majesté de Bolaño n'est pas si éclatante qu'à l'accoutumée (surtout si l'on met ce recueil dans la même balance que son époustouflant prédécesseur « Des putains meurtrières », tout à fait cohérent et solide - lui), son humour féroce étant d'ailleurs souvent aux abonnés absents. Bien entendu c'est très facile à dire quand on sait que l'auteur était à l'agonie ou pas loin, il n'empêche : un texte comme « Le policier des souris », allégorie aussi amusante que déjà vue, projette l'image troublante d'un Bolaño fatigué - ou disons un Bolaño petit bras devenu un bon écrivain quand on l'a connu presqu'intouchable.
Une déception, donc ? Non, pas complètement. Car « Le gaucho insupportable » contient, comme on le disait plus haut, d'incroyables fulgurances : les « Deux contes catholiques » (par exemple) happeront irrésistiblement le lecteur de par leur puissance d'évocation et leur audace formelle. Quant à la conférence « Littérature + Maladie = Maladie », elle constitue à ce jour le seul essai théorique bouleversant jamais publié. Simplement, l'ensemble boitille, et le plaisir de lecture avec (sauf à pratiquer une lecture picorante, ce qui demeure sans doute l'idéal).
le genre : compile
la note :






