Les notes du Golb

...
   Oxxxxx
    Sans façon !

   OOxxxx
    Bof...

   OOOxxx
    Eventuellement...

   OOOOxx
    Volontiers.

   OOOOOx
    Avec plaisir !

   OOOOOO
    Sans la moindre
    hésitation !!!
...

Ne m'écrivez pas

 
...je ne cherche pas, en effet, à me faire des amis...

...cependant, en cas de force majeure...
....
 ATTENTION NEANMOINS : nous nous réservons le droit de décider du caractère profondément majeur de votre cas de force majeure. Ou pas.
Dimanche 30 décembre 2007
Bonjour et bon dimanche !

Chose promise chose due : voici le Juke du Nouvel An, consacré (est-il nécessaire de le rappeler ?) aux reprises supérieures ou égales aux originales. La sélection est des plus relevées, dommage que je n'aie pas eu le temps de l'écouter en détails tant la composition de l'article a été longue !!!

J'en profite au passage pour remercier les participants les plus généreux, ceux à qui l'on dit qu'il faut deux reprises maximum avec lien vers extrait et qui vous envoie dans les jours qui suivent quatre, cinq, six reprises sans lien. Merci les amis, je vous aime aussi. Surtout que je n'avais vraiment pas besoin de rab vu le succès de notre opération ! Tellement de participations que j'ai dû renoncer à incorporer les extraits dans l'article (le résultat était trop lourd pour le support over-blog). Nous nous contenterons donc de liens, c'est moins joli mais plus fonctionnel. Et, est-il nécessaire de le préciser, nous nous contenterons aussi des suggestions avec extraits youtube ou deezer disponibles (sans quoi la liste aurait pu être quatre fois plus longue). Mes excuses donc à tous ceux dont j'ai dû zapper des propositions faute d'extraits décents (si vous en avez d'autres à glisser en commentaire n'hésitez pas - je me demande pourquoi je précise vu que vous hésitez tout de même assez rarement pour ce genre de truc !!!)...et merci d'avance, donc, de ne pas faire exploser le standard du bureau des plaintes !

Bon allez : je ne vais pas blablater pendant deux heures, l'article est bien assez long en soi !!!

Merci à tous les participants (même les chiants), et excellente année à vous.

Cet article a en fait été programmé vendredi avant mon départ en vacances ; je ne pourrais donc pas répondre à vos commentaires avant quelques jours, mais le coeur y est.

Amitiés à tous.




La sélection du Chtif :

Le choix du Doc :


Le choix de Dragibus :

La sélection d'Eeguab :

Le choix de Fab
(qui est une reprise d'une reprise et a donc failli être disqualifié...mais bon, j'ai décidé d'être sympa) :


La sélection d'In Cold Blog :
  • originale d'Oasis
  • originale de...tiens d'ailleurs, vous savez de qui ? (bah oui, on a le droit de jouer aussi, au Nouvel An - notez que même si vous ne la connaissez pas la réponse est super facile à trouver sur le net (ce sera donc un quizz de rapidité))

La sélection de klak :

La sélection de gmc :

Le choix de G.T.


La sélection de Guic' The Old :


Le choix d'Idothée :


Le choix de jdm :


La sélection de Jean-Paul :


Le choix de Kill Me Sarah :

Le choix de Labosonic :

Le choix de Lily :
  • originale de Jacques Brel

Le choix de Lyle
(ouais : je ne vous cache pas que moi aussi j'étais tout étonné d'en trouver un extrait, ce qui tendrait à dire que les artistes dont il parle existent bel et bien - contrairement à ce que prétendent les mauvaises langues) :
(et en plus c'est vachement bien, merci pour la découverte !)

Le choix de Marion :

Le choix de Nicolas :


La sélection de Pyrox :


Le choix de RxQueen :


Le choix de Sevie :

Le (second) choix de Stéphanie (son premier étant le même que Nicolas) :

La sélection de SysTool :

Le choix de Tamara :

La sélection de...Thom (bah oui, je joue aussi, moi !) :

Le choix de Titi :

La sélection de La Trollette :

La sélection de Virginie :

Le choix de Zaph
:




Voilà ! A noter une mention très spéciale à Nyko, qui a réussi à fournir non pas un, mais deux morceaux introuvables en extrait ! La rédaction du Golb a donc décidé de lui remettre le Grand Prix Lyle 2007 pour ses morceaux de The Brassens et de The Bosshoss. Bravo à lui !

Et bonne année aux autres !!!!!



...
Jeudi 27 décembre 2007
Cher amis,

Je m'en vais en vacances quelques temps (une semaine tout au plus, ne pleurez pas).

Le Golb suspendra donc ses activités d'ici là, à l'exception bien sûr du Jukebox du Nouvel An que j'ai d'ores et déjà programmé pour dimanche (chose promise...).

Je laisse bien sûr tous les commentaires ouverts (quoique modérés), à l'exception de ceux concernant l'article "Qualité France" - pour des raisons évidentes. Entre les supporters d'Arnauld Pontier (qui visiblement ne se fatiguent pas vite), certains lecteurs du Golb (l'amitié et la sympathie n'excusent pas tout) et Arnauld Pontier lui-même (à qui l'on osera conseiller un peu de distance et de réserve)...je crains trop que les commentaires de cet article n'aient des airs de champ de bataille si je les laisse ouverts sans surveillance durant aussi longtemps. Ceci dit, j'aimerais tout de même rappeler que je suis l'auteur de ce blog...et non son modérateur. A force de laisser tout le monde dire tout et n'importe quoi par ici j'ai comme l'impression que certains se sont crus sur un forum - désolé pour le malentendu. Cette histoire a bien assez duré, je ne suis pas là pour faire la police et recadrer les propos exagérés des uns ni des autres, je ne suis même pas là pour être sympa avec des gens qui me tapent sur le système. Il y a une semaine déjà, j'ai supprimé un commentaire qui aurait pu nuir à la réputation de l'auteur - ce que sans doute aucun autre blogueur n'aurait fait à ma place. A présent j'en suis à activter la modération pour éviter de cautionner un hypothétique carnage en mon absence - cela va beaucoup trop loin. L'article remonte à un mois, le bordel a débuté il y a presque trois semaines quant au "débat" quant à la légitimité de la critique il remonte à presque deux siècles. Il faut parfois savoir s'arrêter, et puisque l'avoir écrit directement dans la discussion n'a pas suffi, j'arrête en fermant les coms - ce que je n'ai jusqu'alors jamais fait en deux ans (bravo à tous).

J'éviterai une longue et inutile diatribe et en viendrai donc au fait : je demande à tous les participants à ces bêtises, que ce soit dans ma boite mail comme en ligne, de cesser dès aujourd'hui. Parce que sinon...je n'en ferai pas un billet poli, la prochaine fois. Que chacun reste donc à sa place : que les blogueurs bloguent, que les critiques critiquent, que les auteurs écrivent des livres, que leurs amis soient amicaux avec eux plutôt que d'être odieux avec les autres, que leurs fans les vénèrent et fassent un triomphe à leurs oeuvres plutôt que de déféquer sur ceux qui n'adhèrent pas. Quand je suis fan d'un auteur, j'offre ses livres à tout le monde, je fais grimper ses ventes à moi tout seul en en achetant deux ou trois par mois. Je ne perds pas mon temps à allumer ceux qui ne comprennent pas ma passion.

A bientôt

(car oui : désolé pour ceux que cela dérange.
, mais je reviendrai).



...
Jeudi 27 décembre 2007

La Pharisienne (François Mauriac, France, 1941)

 
 

pharisienne.jpgDifficile de résumer un livre si complexe...oui, car une fois n'est pas coutume, ce livre de Mauriac-ci est un livre gigogne, avec une histoire à tiroirs, une multitude de personnages...(d'ailleurs je m'interroge : est-ce bien un livre de Mauriac ?). Disons qu'en gros, c'est l'histoire de Brigitte Pian narrée par son beau-fils. Brigitte Pian qui sans doute aimerait se faire appeler Brigitte Pieuse tant, au nom du Seigneur, elle s'investit dans le devenir des gens qui l'entourent, au point de les étouffer...Toute la complexité du livre vient de ce qu'il nous est narré par le regard d'un enfant, qui, devenu adulte, essaie de raconter cette enfance marquée par le personnage si charismatique et omniprésent de Brigitte, seconde épouse de son père qui semble tant vouloir prendre soin des ses beaux-enfants.

 

Autant le dire, ce roman est une réussite totale : Mauriac a donné à l'histoire un côté éclaté, fragmenté, comme de vrais souvenirs d'enfance, comme si le narrateur parvenait difficilement à se rappeler les choses dans l'ordre où elles se sont déroulées et surtout comme si le narrateur lui-même n'avait pas conscience que le personnage central du livre n'était pas lui-même, mais Brigitte. Je ne reviendrai pas sur le style coup de poing de Mauriac largement évoqué dans d’autres critiques), encore plus efficace lorsqu'il est mis au service d'une véritable intrigue. En revanche, ce roman d'apparence classique et qui revêt parfois un côté désuet (paradoxalement il fait plus vieux que ses romans de l'entre-deux-guerres) pose des questions d'autant plus troublantes qu'elles ont leur propre résonance dans notre époque : doit-on faire le bien d'autrui contre son gré ? Les actes désintéressés existent-ils réellement ? Peut-on tout se permettre au nom de Dieu ?

 

Je n'en dirais pas plus de peur de déflorer l'intrigue sinon que le personnage de Brigitte est peint avec génie : d'abord effleuré, il s'impose de plus en plus au fil des pages, puis se dévoile...et enfin se délite presqu'aussi vite après un climax incroyable (manière de figurer le retour à la poussière ?).

 

Mais ce livre m'a troublé, à plus forte raison parce les interrogations suscitées émanent de Mauriac, catholique fervent, auteur moraliste glissant souvent vers le propos moralisateur, et généralement considéré comme particulièrement conservateur, sinon réac.

 

Autre raison de mon trouble : je me suis dit qu'après Thérèse Desqueyroux, après la mère castratrice de « Génitrix », après la jeune arriviste de « Préséances » et la fausse vierge du « Baiser au lépreux » (autres relectures à venir), ça faisait quand même beaucoup de portraits de femmes atroces et/ou terrifiantes dans l'oeuvre d'un seul auteur ! Une misogynie latente ? Je ne sais pas...je ne suis pas sûr, et visiblement on lui a fait des tas de critiques mais jamais celle-ci...en tout cas quelles femmes tout de même ! Aussi terrifiantes qu’irrésistibles – on aurait presque froid dans le dos.

 
 

Bref ! On a souvent tendance à réduire Mauriac à ses livres des années 20, pas forcément à tort d’ailleurs. Mais s'il y a au moins un de ses livres postérieurs à cette période qu'il faut absolument lire, c'est « La Pharisienne » - un sacré chef d’œuvre.

 
 
le genre : chronique darkissime
la note : 6 / 6
 
 
 
 
Mercredi 26 décembre 2007
Nous sommes le 25 décembre 2007. Cette scène se déroule en intérieur nuit, dehors il gèle et moi je bois un café bien serré en écoutant Bitches Brew – le mythique album de Miles Davis. Je fredonne. Et j’essaie de lire « Le potentiel érotique de ma femme » de David Foenkinos. Il y a statistiquement peu de chances pour que j’y arrive : je n’aime pas trop l’icône de la blogosphère. Je n’avais qu’une affection très modérée pour son œuvre avant ; aujourd’hui je me refuserais sans doute assez peu de vannes sur le sujet. Normal : je suis un snob, et en tant que tel je serais bien incapable de participer à un de ces cycles d’excitation collective pour un auteur des plus mineurs. Il y a six mois, un an…j’aurais écrit dans une chronique que les livres de David Foenkinos étaient éminemment sympathiques (ce qui signifie en langage snob que ça ne casse pas trois pattes à un canard mais que ça ne vaut pas la peine d’en dire du mal). Aujourd’hui que Davidounet est encensé de partout on the web je ne puis plus écrire que quelque chose comme : ce mec est atrocement surestimé. C’est d’une logique implacable. Le snobisme dans toute sa précieuse splendeur. Il va sans dire que je changerai mon fusil d’épaule le jour où tout le monde se mettra à cracher sur Foenkinos (je dirai alors qu’il ne mérite pas un tel acharnement et qu’il vaut quand même mieux que X ou Y ou Z). Car comme tout snob qui se respecte je suis allergique à tout ce qui peut ressembler de près ou de loin à un effet de mode. Le truc dont tout le monde parle je le lis un an après, je le vois six mois plus tard ou je l’écoute quand tout le monde est passé à autre chose. A moins que ce truc on m’en cause en des termes violemment négatifs…là j’ai bien entendu très envie de connaître le fin de mot de l’histoire, de m’en mêler, de prendre la terre entière à rebousse-critique.

Bref autant vous le dire très franchement : quoique vous disiez ou fassiez je ne serai jamais d’accord avec vous. Ce serait pour moi comme un aveu d’échec.


Mon snobisme naturel ne se pratique donc pas vraiment en fonction de goûts particuliers, mais plutôt en creux par rapport au goût des autres (film que bien sûr je n’ai pas aimé du tout - normal : tout le monde l’a aimé). Des fois ça me gave, on le comprendra sans peine : le snob, le vrai, ne peut pas avoir beaucoup d’amis – ou en tout cas ne peut pas les garder très longtemps. Mais je dois bien vivre avec. Tant pis si cela donne lieu à des situations parfois génantes.




Tenez : l’autre jour j’étais avec mon cousin punk, Clément. Snob comme je suis je ne peux évidemment faire autrement que de tourner ses goûts en dérision, faut dire que c’est assez facile puisqu’il adore GBH (Gros Blaireaux Hardcore), Alkaline Trio ou encore Rise Against. Que des groupes dont on a envie de se moquer quoi. De fait je me moque de lui lorsqu’il m’explique être profondément choqué que lesdits Rise Against aient vendu les droits d’une de leur chanson pour un jeu vidéo :

« Bah tu viens juste de découvrir que tes idoles punks sont à peu près aussi punk que tes parents…c’est pas grave, tu devais bien décristalliser un jour.
-    Ouais mais attends…c’est en contradiction totale avec leur discours. J’peux t’dire qu’sur le forum punkpasmortdanstaface.net ça les cartonnait grave.
-    En même temps t’es quand même pas super bien placé pour juger…
-    Pourquoi tu m’dis ça ?
-    Ben…tu te fais offrir une basse qui coûte la peau du cul à Noël, par tes parents et tes grands-parents. Qu’est-ce qu’on peut faire de moins punk, entre nous ?
-    Attends ç’a rien à voir. Ca m’empêche pas de vivre le punk à ma manière.
-    T’es sûr ?
-    P’tain tu fais trop iech. Vas-y, retourne lire les Inrocks, va.
-    Bof, tu sais, j’ai jamais lu les Inrocks…la dernière fois que je les ai achetés ça doit remonter à des années et c’était vraiment par hasard.
-    N’empêche que tu parles comme eux.
-    J’en sais rien, je sais pas comment ils parlent.
-    Comme des snobs. Comme toi quoi. »

Je vous avoue que ça m’a fait un peu mal. On peut me traiter de beaucoup de choses mais me traiter de journaliste aux Inrocks…c’est quand même violent.

« Remarque ça doit te faire drôle, hein…Carla Burni première dame…ah ah…
-    Euh…mais j’ai toujours détesté Carla Burni, tu sais…
-    Ouais ouais. C’est ça. Les Inrocks y vont dire pareil.
-    Mais…
-    Arrête quoi c’est bon. Je me souviens très bien que t’adorais son album, tu l’a même offert ma mère.
-    QUOI ? Mais non…je t’assure…
-    Dans l’cul les Inrocks !
-    MAIS JE LIS PAS LES INROCKS !!!
-    Et Télérama aussi. Ah ah !
-    Mais enfin…je ne lis pas Télérama non plus !
-    Bien sûr bien sûr. Et pis t’es pas prof non plus, hein. Et pis t’as jamais écouté Radiohead et t’as jamais lu des bouquins d’intellos. Bien sûr. »

Ca m’a laissé un peu perplexe. Il a fallu qu’on me refile le questionnaire des snobismes pour que je comprenne le pourquoi du comment de cette conversation : je suis tellement snob que pour mes proches je suis par syllogisme l’incarnation du Snobisme Absolu Tel Qu’Ils L’Imaginent. Pour Clem le snobisme absolu c’est de lire les Inrocks, je suis le snobisme absolu, donc je lis les Inrocks. Et ça ne prête pas le flanc à la discussion. C’est un peu la punition pour tous les gens qui comme moi veulent toujours prendre le contre-pied : à force de prendre tout et n’importe quoi (et n’importe qui) à contre-pied on se retrouve à ne plus savoir sur lequel danser (de pied).

Je me suis donc drapé dans ma dignité en lui rétorquant que je préfèrais lire les Inrocks plutôt que sa presse de merde (genre Punk Rawk et compagnie). Vous savez ce qu’il m’a rétorqué ?

« Oh tu sais ça m’vexe pas qu’on critique ce que je lis, moi.
-    Mais…moi non plus, vu que je ne lis pas les Inrocks !
-    Ouais ouais…c’est ça… »




Certes j’en rigole, il n’empêche que cette histoire m’a mis un coup. En fait je suis tellement snob que j’en fais les frais en permanence. Pensez donc que plus personne ne me prête jamais de bouquin par exemple. Parce que tout le monde en a marre que je dise après que je n’ai pas aimé. Là encore j’en ai eu l’illustration il y a quelques jours – lorsque j’ai rendu à ma grand-mère le livre de Serge Moati qu’elle m’avait refilé…et dit brièvement ce que j’en pensais :

« Ca m’aurait étonné aussi que tu aimes !
-    Bah…c’est à dire que c’est quand même pas génial…voir même assez nul…
-    Je t’accorde que ce n’est pas le livre du siècle…enfin de là à dire autant d’horreurs dessus, tu ne crois pas qu’il y a une marge ?
-    Ecoute…j’en sais rien : ça m’a hérissé. Dès les premières pages il essaie de faire du style…une catastrophe.
-    Ah…c’est sûr que ce n’est pas aussi intello que Philip Roth.
-    Euh…non…enfin je ne vois pas le rapport avec Philip Roth, en fait…
-    Il n’y en a aucun ! C’est de la littérature populaire, dont on parle.
-    Attends…mais j’ai rien du tout contre la littérature populaire…
-    Ah non ? Pourtant tu n’as pas aimé ce livre. Ni aucun des livres de littérature populaire que je t’ai prêté depuis cinq ou six ans.
-    Mais…excuse-moi : littérature populaire ça ne signifie pas qu’on doit pas être exigeant sur la qualité…si ?
-    Mais toi tu es beaucoup trop exigeant. Et puis tu critiques tout.
-    Non ! J’adore la littérature populaire… »

…et là bien sûr j’ai ressorti Daphné Du Maurier et Stephen King, qui sont un peu aux snobs ce que le bon copain juif et le beau frère homo sont aux fachos. Et je me suis rendu compte ce disant qu’en effet je n’étais pas un grand fan de ce qu’on appelle prosaïquement littérature populaire – équivalent en format livre de la variétoche. J’ai beau m’en récrier, il suffit de regarder ce que j’ai encensé en la matière depuis deux ans pour noter que ce n’est quand même pas précisément mon truc. Alors évidemment je peux avoir de grandes théories sur Marc Levy, mais pas au point de faire gober à qui que ce soit que je lui trouve la moindre qualité. J’aurais beau dire et faire je suis absolument incapable de lire un bouquin n’étant pas écrit dans un style décent. INCAPABLE. Or le style est quand même rarement la vertu principale de la…littérature populaire. Par conséquent, comme tout snob qui se respecte, j’ai coutume de dire que j’aime la littérature populaire de qualité – ce qui revient à dire que je n’aime pas les best-sellers (sauf s’ils sont très vieux). Et que si exceptions il y a elles sont tellement rares qu’elles ont de faux airs d’alibis.


A ma décharge cependant j’aimerais expliquer pourquoi le snobisme intellectuel est si répandu. Oui. J’aimerais pour une fois défendre ma paroisse, incessamment méprisée puisqu’en matière de littérature comme de musique snob appartient au cercle très fermé des insultes ultimes. Il y en a deux, comme ça : snob, et politiquement correct. Deux insultes tellement ultimes qu’au final elles finissent par vouloir tout et rien dire vu qu’on est fatalement le snob ou le bien-pensant de quelqu’un.

Pourquoi le snobisme culturo-intellectuel, donc. En fait…c’est on ne peut plus simple : plus on apprend, plus on devient exigeant. Tout bêtement. Rien d’étonnant à ce que mes collègues soient monstrueusement snobs puisque ce sont des puits de culture. Comment voulez-vous qu’ils trouvent la moindre qualité à David Foenkinos alors qu’ils baignent pour certains depuis trente ou quarante ans dans tout ce que la littérature a fait de mieux au fil des siècles ?

Eh bien voilà : à mon petit niveau et à l’instar de tout snob je souffre de la même bienformation. Comme le disait fort joliment mon ami G.T. il y a peu :

"Le fait d'avoir une véritable démarche esthétique modifie de toute façon notre "ressenti" face à la musique. On est plus attiré par la recherche d'originalité, de style, on en vient à être plus sensible et ému par telle harmonie surprenante chez Radiohead que par telle mélodie trop sucrée chez Madonna."


…voilà qui va sans dire ; et s’applique évidemment aussi bien à la musique qu’à la littérature ou au water polo. Plus vous connaissez la littérature et plus vous exercez votre acuité critique en la matière…plus il devient compliqué pour vous de trouver de l’intérêt à des œuvres charriant des exigences minimes. Reprenons notre exemple de David Foenkinos (lequel, précisons-le tout de même, ne m'a jamais rien fait de mal - c'est vraiment juste parce que j'étais en train de le lire qu'il a échoué dans cette chronique) : si je lis « Le potentiel érotique de ma femme » entre un Roth et un Lawrence…je ne serai sans doute pas assez con pour aller comparer ces trois auteurs et pour évaluer les qualités de Foenkinos avec les mêmes critères que ceux appliqués à Philip ou David Herbert. En revanche dans la mesure où dans une année je lis sans aucun doute plus de livres du niveau de Roth que du niveau de Foenkinos il est indéniable que je sois plus attiré par la haute volée que par le ronronnement d’un livre qui au demeurant me semble pas mal…mais sans plus. Est-ce vraiment du snobisme, ou bien est-ce une évolution logique à laquelle personne ne coupe ? En réalité quand on est passionné par un art on avance dans cet art, on l’apprend et on le digère un peu plus à chaque contact. Ce n’est pas pour rien que beaucoup de passionnés de musique renient à trente ans certains artistes qu’ils ont adoré à dix-huit. Ou qu’un fan de foot qui a passé six mois en Angleterre à regarder des matches de Manchester et d’Arsenal a quand même beaucoup de mal une fois revenu en France à se motiver pour regarder un choc Nancy-Strasbourg.

Ici réside sans doute le succès de cette chaîne des snobismes que m’a gentiment refilé Gaëlle : cette horrible maladie est en germe en chacun de nous ! En tout passionné sommeille un monstrueux snob en devenir…

…mais il va sans dire que tout le monde vous dira de le contraire. Avoir peur de soi-même, ce n'est pas toujours facile à vivre.




Mardi 25 décembre 2007
Fermeture demain des propositions pour le Jukebox du Nouvel An (toutes les modalités sur cette page).



...

Calendrier

Décembre 2007
L M M J V S D
          1 2
3 4 5 6 7 8 9
10 11 12 13 14 15 16
17 18 19 20 21 22 23
24 25 26 27 28 29 30
31            
<< < > >>

Newsletter

Inscription à la newsletter
Blog : Poésie sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus