Voilà donc une chronique de pur remplissage…eh ouais : je n’en ai jamais commis une seule en un an. Il était temps qu’au moins une fois je publie un article
remplissage, histoire que Le Golb devienne enfin complètement un blog ordinaire. Et puis comme ça je n’aurais plus jamais à répondre aux e-mails de gens s’interrogeant sur la genèse du Golb (drôle
de question, tout de même : ça ne me viendrait pas à l’idée de demander à l’un d’entre vous pourquoi il a ouvert son blog).
Car oui : ça fait déjà un an ! Un an que Le Golb a ouvert ses portes…autant vous dire que ça me semble une éternité. Il faut dire aussi que tout ici a pas mal changé depuis les débuts…ok, j’enfonce une porte ouverte, et il est probable qu’un blog change plus durant sa première année que durant les suivantes (lorsqu’il les vit – il ne vous aura pas échappé que la durée de vie d’un blog est plutôt courte). Mais tout de même, j’ai vu d’autres blogs s’ouvrir depuis le mien, et le constat est frappant : Le Golb n’a fait que se transformer, sinon physiquement (on ne va pas y revenir !!!) du moins dans le contenu…les quelques personnes qui me lisaient il y a un an, vieux copains sans blogs et bloggueurs amis parmi les premiers à faire décoller les commentaires par ici (citons-les, ils le méritent : Chimère, Lhisbei, Livro, auxquelles il ne faudrait surtout pas oublier d’ajouter eeguab, mon premier lecteur « inconnu au bataillon » - ce qui ne manqua pas à l’époque de me combler de bonheur) pourront témoigner que ce n’est plus tout à fait le même endroit. L’heure n’est pas (encore) à la rétrospective, mais alors n’existaient que…trois catégories : Lectures, Mes disques à moi (et rien qu’à moi) et Journal d’un dépressif ordinaire (ou presque). Mine de rien, bloguer creuse (les méninges plus souvent que l’estomac) et je pense que je me serais foutrement emmerdé si je n’avais pas pris l’habitude de créer des nouvelles rubriques en cours de route. Ca n’a l’air de rien, mais c’est du boulot – à tel point que je me suis retrouvé plus d’une fois en train de réfléchir sur le mode Bon, ça fait deux mois que j’ai pas créé une rubrique, va falloir se renouveler un peu…
Car figurez-vous qu’il y a un an autant l’avouer c’était l’usine : trois chroniques du dépressif par semaine, trois MDAM (si je n’avais pas levé le pied j’aurais fini le Top 100 en septembre), cinq lectures…autant dire que la redondance guettait. Il y eut un bref moment il y a quelques mois durant lequel certains se sont émus en privé du ralentissement brutal du Journal, mais bon…ç’a aussi été aspiré par les autres rubriques, par une envie de verser dans l’éclectisme, de ne pas systématiquement se cantonner au même registre. Et là, si j’en fais moins qu’avant, c’est principalement parce que j’ai fini par me dire qu’il valait mieux une chronique du dépressif réussie toutes les deux semaines plutôt qu’une moyenne tous les deux jours (considérant qu’en plus lesdites chroniques sont de plus en plus longues et de plus en plus – bouh le vilain mot – « structurées »).
Mais ne nous éloignons pas, car là je me perds en détails qui n’intéressent personne. De même que je me fous de connaître les trucs et astuces des artistes (tenez, je viens de regarder le making of de l’album de Christophe Willem, bah c’est un peu ça : le disque est bien mais alors franchement le making of c’est super chiant – à sa décharge même le making of de Let It Be est d’un ennui colossal), j’imagine que ma petite cuisine ne vous intéresse pas trop. Je sais pas pourquoi j’ai écrit ça, sûrement l’émotion de me retrouver encore devant vous, toujours plus nombreux et sympathiques, un an après être parti d’une base de lecteurs approchant le zéro absolu (si vous remontez les articles par dates vous noterez que pendant très longtemps le maximum de commentaires reçu par un des mes articles était de…huit !)…Aujourd'hui les choses sont différentes, et si j'ai moins de temps pour des tas de raisons je n'en suis pas moins immensément heureux que Le Golb soit toujours présent et égal à lui-même. J'ai même fini par boire du champagne tout à l'heure...
(non mais en fait c'était pour l'anniversaire d'Aphrodite, oui parce qu'en plus de l'avoir rencontrée grâce au Golb leurs deux anniversaires coïncident à quelques heures près - ce qui me fait penser qu'il est peut-être temps que j'arrête de parler de mon blog comme d'une personne)
Cependant, je voudrais vous dire un truc : j’ai menti. Oui. Souvenez-vous : dans le premier article du Golb, prosaïquement intitulé « Le Golb » (une fulgurance un matin au réveil) et publié (donc) le premier mai de l’an de grâce deux mille six, je prétendais n’avoir aucune idée de ce que j’allais écrire sur ce blog. C’était un mensonge honteux (et transparent puisque deux jours après il devait y avoir cinq ou six posts) que je ne regrette même pas vraiment, parce qu’il s’approchait plus en réalité d’une promesse électorale (ça, c'est mon côté visionnaire, ce qui rappelle à ma mémoire le célèbre adage En mai, vote pour qui ne te plait pas...quoi ? Vous ne le connaissiez pas ?). J’ai toujours su ce que je voulais faire du Golb, simplement je ne voulais pas le dire avant afin d’éviter du même coup la forfanterie inutile et la poisse chevillée à mon corps depuis le 20 janvier 1981 – jour de ma naissance pour ceux qui l’ignorent. Je voulais faire du Golb un blog original sinon dans la forme du moins dans le ton, où des tas de gens d’horizons différents pourraient se retrouver et échanger tranquillement, et dont le contenu oscillerait courageusement entre le Grand Tout et l’Immense N’Importe Quoi (en ces temps reculés Mr Kiki n'avait pas encore récupéré le créneau avec le panache qu'on lui connaît). Bref : je voulais mélanger les genres (et donc les gens), comme j’ai toujours voulu le faire à chaque fois que j’ai entrepris quelque chose…le hic c’est que jusqu’alors ç’avait toujours systématiquement foiré ! Quand je faisais de la radio (et j’en ai fait un bail, six années au bas mot), quand je faisais de la presse écrite (C'est un journal musical avait dit Jean-Yves Fous-nous la paix avec tes bouquins), quand je me suis intéressé aux forums internet, quand j’ai monté (brièvement) un genre de collectif réunissant divers groupes (dont le mien)…chaque fois les idées étaient bonnes mais ont été réduites à néant par une violente force contraire – La Pratique. C’était surtout frappant pour la radio, qui faillit bien me dégoûter à vie de toute activité vaguement culturelle : un peu à l’image d’un militant socialiste, j’avais plein de bonnes idées avant d’accéder au pouvoir, et je me suis pris les réalités politiques en pleine face. Pour cette humble antenne dont je tairais le nom afin qu’on ne lui jette point l’opprobre, absolument TOUT ce que j’ai entrepris a été soit une débâcle soit une débandade soit une catastrophe. Poisse et inexpérience jouèrent un grand rôle dans l’histoire, mais la vérité (jamais exprimée officiellement jusqu’à cette seconde) c’est que jusqu’à il y a peu de temps (un an ?) les projets ont toujours brutalement cessé de m’intéresser dès lors qu’ils commençaient à se concrétiser
(pas étonnant que j’aie mis si longtemps à trouver l’amour, c’est sûr que présenté comme ça ça ne donne pas envie de construire sa vie avec moi)
Y avait-il une seule bonne raison pour que mon blog fonctionne différemment de cette règle ? Alors même que deux ans auparavant j’avais tenté la même expérience du blog et foiré avec la même maestria que pour tout le reste ? Non, franchement, j’en voyais aucune. En fait il y en avait deux, trop énormes sans doute pour que je puisse y faire attention : je gérais ça seul, et j’étais dépressif.
Pour le premier point qu’on aille pas me faire dire ce que je n’ai pas dit : ce ne sont pas les autres (ces incapables, héhé) qui ont planté tous mes projets passés. J'accepte la critique jusqu'à un certain point, et je n'autorise personne à nier ma capacité à merder tout seul comme un grand. En revanche ce sont bien les autres qui m’ont agacé et c’est bien parce que je n’étais pas seul que la pression montait. Tout seul, j’aurais pu faire tout ce que je voulais, en fait. Le hic c’est que je ne pouvais pas vraiment faire tourner une radio tout seul…on appelle ça une incompatibilité d’humeur.
Pour le second point, être dépressif m’a en fait obligé (le mot n’est pas trop fort) à une constance comme je n’aurais jamais pu en concevoir ! Je crois qu’il n’est pas une chose dans laquelle j’ai mis plus de rigueur dans ma vie que ce blog. Paresseux doublé d’un dilettante, j’avais objectivement toutes les chances de créer un blog et de cesser de m’en occuper quatre jours après. J’en étais même presque sûr : à part mes gribouillages romanesques je ne finis jamais rien. Le Golb aurait alors sombré, parce qu’en terme d’ « audience » il partait de tellement tellement bas qu’il n’aurait pas pu décoller au rythme d’un article par semaine. Seulement voilà : j’étais dépressif, j’avais rien à foutre de mes journées, je m’emmerdais comme un rat crevé, et j’ai écrit écrit écrit. Bizarrement les premiers mois du Golb sont restés dans ma mémoire comme un genre d’état de grâce où j’étais systématiquement fier de moi une fois l’article posté…ce n’était guère dans mes habitudes auparavant, et j’ai fort heureusement repris mon habituelle circonspection depuis.
Et puis un jour du mois d’août dernier, alors que je me commençais à m’emmerder à nouveau et à examiner les possibilités de clôture, les commentaires se sont mis à affluer. Vraiment d’un coup, très subitement. La rubrique liens a enflé. Des gens de plus en plus sympathiques sont venus me complimenter…et là, soudain, j’ai compris que Le Golb devenait une affaire qui roule. Moi qui croyais naïvement que le blog-rank ne grimpait en-dessus de 90 que dans les versions payantes (ne riez pas, je vous assure que j'y croyais !!!) j’ai découvert en quelques semaines que non seulement je me plantais mais qu’en plus j’y prenais du plaisir. Parce qu’en réalité je n’utilise pas le blog-rank comme un mode de concurrence avec les autres pages over-blog – simplement comme quelque chose qui signifie que je suis lu (de plus en plus pour tout dire). Chaque fois ça me fait infiniment plaisir, je me dis que ça ne peut plus grimper, et puis ça continue…je crois d’ailleurs que ça me fait d’autant plus plaisir que n’étant classé dans aucune catégorie au départ j’ai stagné entre le Rien et le Pas Grand Chose durant de nombreux mois.
Mais ce qui me fait plus plaisir encore, c’est quand je me dis que j’ai réussi. Quand je vois un blogueur musical qui poste un commentaire fleuve sur un article littéraire – ou l’inverse. Quand Margoulette est enchantée par le morceau des Smashing Pumpkins que j’ai laissé traîné la veille plus pour mon propre plaisir que parce que je voulais le faire découvrir à quelqu’un. Quand j’ai le sentiment (de plus en plus fréquent) que vous accordez sincèrement de l’importance à mes avis – alors même que rien ne le justifie sinon une confiance qui comme toute confiance ne peut ni se quantifier ni s’argumenter. Là, je me dis que j’ai bien fait de ne pas dire ce que je voulais faire du Golb au moment de l’ouvrir, chassant ainsi toute superstition…parce que du coup, j’ai réussi presqu’invonlontairement à en faire précisément ce que je voulais en faire. J’adore. Et donc je me rengorge, autant vous l’avouer, chaque fois que vous me dites un truc sympa. Vous devriez éviter à l’avenir, mon Aphrodite me trouver de plus en plus arrogant (en quoi elle se trompe : je l’ai toujours été, simplement avant je la bouclais parce que j’avais pas trop les moyens de mes ambitions).
Plus sérieusement : je vous évite le couplet démago style Si Le Golb en est là c’est grâce à vous chers lecteurs (c’est quand même moi qui les écris les articles, bordel). N’empêche : c’est effectivement quand même un peu grâce à vous.
Donc : merci. Du fond du cœur, merci d’avoir permis à ce blog sinon d’exister du moins de perdurer, merci pour les compliments, merci pour les embrouilles, pour les remarques contradictoires et les commentaires souvent très inspirés. J’ai beau essayer de dissocier ce blog de moi-même, ça me touche quand même chaque fois comme si vous me faisiez un petit bisou sur la joue (bande de coquins).
En toute franchise, je ne pense pas pouvoir amener Le Golb beaucoup plus haut, tant dans les stats que dans votre estime (ou la mienne). Attention : je ne ferme pas boutique. Bien au contraire : je suis là et bien là. Mais disons que j’ai maintenant pas mal d’autres projets à mettre en branle, à commencer par celui d’un blog collectif avec plusieurs d’entre vous (que je n’ai même pas encore contactés, c’est vous dire si l’adjectif dilettante me sied à râvir)…projet qui, en fait, était mon projet initial.
Comme quoi, le collectif, on finit toujours par y venir…
Merci...et à bientôt !
Car oui : ça fait déjà un an ! Un an que Le Golb a ouvert ses portes…autant vous dire que ça me semble une éternité. Il faut dire aussi que tout ici a pas mal changé depuis les débuts…ok, j’enfonce une porte ouverte, et il est probable qu’un blog change plus durant sa première année que durant les suivantes (lorsqu’il les vit – il ne vous aura pas échappé que la durée de vie d’un blog est plutôt courte). Mais tout de même, j’ai vu d’autres blogs s’ouvrir depuis le mien, et le constat est frappant : Le Golb n’a fait que se transformer, sinon physiquement (on ne va pas y revenir !!!) du moins dans le contenu…les quelques personnes qui me lisaient il y a un an, vieux copains sans blogs et bloggueurs amis parmi les premiers à faire décoller les commentaires par ici (citons-les, ils le méritent : Chimère, Lhisbei, Livro, auxquelles il ne faudrait surtout pas oublier d’ajouter eeguab, mon premier lecteur « inconnu au bataillon » - ce qui ne manqua pas à l’époque de me combler de bonheur) pourront témoigner que ce n’est plus tout à fait le même endroit. L’heure n’est pas (encore) à la rétrospective, mais alors n’existaient que…trois catégories : Lectures, Mes disques à moi (et rien qu’à moi) et Journal d’un dépressif ordinaire (ou presque). Mine de rien, bloguer creuse (les méninges plus souvent que l’estomac) et je pense que je me serais foutrement emmerdé si je n’avais pas pris l’habitude de créer des nouvelles rubriques en cours de route. Ca n’a l’air de rien, mais c’est du boulot – à tel point que je me suis retrouvé plus d’une fois en train de réfléchir sur le mode Bon, ça fait deux mois que j’ai pas créé une rubrique, va falloir se renouveler un peu…
Car figurez-vous qu’il y a un an autant l’avouer c’était l’usine : trois chroniques du dépressif par semaine, trois MDAM (si je n’avais pas levé le pied j’aurais fini le Top 100 en septembre), cinq lectures…autant dire que la redondance guettait. Il y eut un bref moment il y a quelques mois durant lequel certains se sont émus en privé du ralentissement brutal du Journal, mais bon…ç’a aussi été aspiré par les autres rubriques, par une envie de verser dans l’éclectisme, de ne pas systématiquement se cantonner au même registre. Et là, si j’en fais moins qu’avant, c’est principalement parce que j’ai fini par me dire qu’il valait mieux une chronique du dépressif réussie toutes les deux semaines plutôt qu’une moyenne tous les deux jours (considérant qu’en plus lesdites chroniques sont de plus en plus longues et de plus en plus – bouh le vilain mot – « structurées »).
Mais ne nous éloignons pas, car là je me perds en détails qui n’intéressent personne. De même que je me fous de connaître les trucs et astuces des artistes (tenez, je viens de regarder le making of de l’album de Christophe Willem, bah c’est un peu ça : le disque est bien mais alors franchement le making of c’est super chiant – à sa décharge même le making of de Let It Be est d’un ennui colossal), j’imagine que ma petite cuisine ne vous intéresse pas trop. Je sais pas pourquoi j’ai écrit ça, sûrement l’émotion de me retrouver encore devant vous, toujours plus nombreux et sympathiques, un an après être parti d’une base de lecteurs approchant le zéro absolu (si vous remontez les articles par dates vous noterez que pendant très longtemps le maximum de commentaires reçu par un des mes articles était de…huit !)…Aujourd'hui les choses sont différentes, et si j'ai moins de temps pour des tas de raisons je n'en suis pas moins immensément heureux que Le Golb soit toujours présent et égal à lui-même. J'ai même fini par boire du champagne tout à l'heure...
(non mais en fait c'était pour l'anniversaire d'Aphrodite, oui parce qu'en plus de l'avoir rencontrée grâce au Golb leurs deux anniversaires coïncident à quelques heures près - ce qui me fait penser qu'il est peut-être temps que j'arrête de parler de mon blog comme d'une personne)
Cependant, je voudrais vous dire un truc : j’ai menti. Oui. Souvenez-vous : dans le premier article du Golb, prosaïquement intitulé « Le Golb » (une fulgurance un matin au réveil) et publié (donc) le premier mai de l’an de grâce deux mille six, je prétendais n’avoir aucune idée de ce que j’allais écrire sur ce blog. C’était un mensonge honteux (et transparent puisque deux jours après il devait y avoir cinq ou six posts) que je ne regrette même pas vraiment, parce qu’il s’approchait plus en réalité d’une promesse électorale (ça, c'est mon côté visionnaire, ce qui rappelle à ma mémoire le célèbre adage En mai, vote pour qui ne te plait pas...quoi ? Vous ne le connaissiez pas ?). J’ai toujours su ce que je voulais faire du Golb, simplement je ne voulais pas le dire avant afin d’éviter du même coup la forfanterie inutile et la poisse chevillée à mon corps depuis le 20 janvier 1981 – jour de ma naissance pour ceux qui l’ignorent. Je voulais faire du Golb un blog original sinon dans la forme du moins dans le ton, où des tas de gens d’horizons différents pourraient se retrouver et échanger tranquillement, et dont le contenu oscillerait courageusement entre le Grand Tout et l’Immense N’Importe Quoi (en ces temps reculés Mr Kiki n'avait pas encore récupéré le créneau avec le panache qu'on lui connaît). Bref : je voulais mélanger les genres (et donc les gens), comme j’ai toujours voulu le faire à chaque fois que j’ai entrepris quelque chose…le hic c’est que jusqu’alors ç’avait toujours systématiquement foiré ! Quand je faisais de la radio (et j’en ai fait un bail, six années au bas mot), quand je faisais de la presse écrite (C'est un journal musical avait dit Jean-Yves Fous-nous la paix avec tes bouquins), quand je me suis intéressé aux forums internet, quand j’ai monté (brièvement) un genre de collectif réunissant divers groupes (dont le mien)…chaque fois les idées étaient bonnes mais ont été réduites à néant par une violente force contraire – La Pratique. C’était surtout frappant pour la radio, qui faillit bien me dégoûter à vie de toute activité vaguement culturelle : un peu à l’image d’un militant socialiste, j’avais plein de bonnes idées avant d’accéder au pouvoir, et je me suis pris les réalités politiques en pleine face. Pour cette humble antenne dont je tairais le nom afin qu’on ne lui jette point l’opprobre, absolument TOUT ce que j’ai entrepris a été soit une débâcle soit une débandade soit une catastrophe. Poisse et inexpérience jouèrent un grand rôle dans l’histoire, mais la vérité (jamais exprimée officiellement jusqu’à cette seconde) c’est que jusqu’à il y a peu de temps (un an ?) les projets ont toujours brutalement cessé de m’intéresser dès lors qu’ils commençaient à se concrétiser
(pas étonnant que j’aie mis si longtemps à trouver l’amour, c’est sûr que présenté comme ça ça ne donne pas envie de construire sa vie avec moi)
Y avait-il une seule bonne raison pour que mon blog fonctionne différemment de cette règle ? Alors même que deux ans auparavant j’avais tenté la même expérience du blog et foiré avec la même maestria que pour tout le reste ? Non, franchement, j’en voyais aucune. En fait il y en avait deux, trop énormes sans doute pour que je puisse y faire attention : je gérais ça seul, et j’étais dépressif.
Pour le premier point qu’on aille pas me faire dire ce que je n’ai pas dit : ce ne sont pas les autres (ces incapables, héhé) qui ont planté tous mes projets passés. J'accepte la critique jusqu'à un certain point, et je n'autorise personne à nier ma capacité à merder tout seul comme un grand. En revanche ce sont bien les autres qui m’ont agacé et c’est bien parce que je n’étais pas seul que la pression montait. Tout seul, j’aurais pu faire tout ce que je voulais, en fait. Le hic c’est que je ne pouvais pas vraiment faire tourner une radio tout seul…on appelle ça une incompatibilité d’humeur.
Pour le second point, être dépressif m’a en fait obligé (le mot n’est pas trop fort) à une constance comme je n’aurais jamais pu en concevoir ! Je crois qu’il n’est pas une chose dans laquelle j’ai mis plus de rigueur dans ma vie que ce blog. Paresseux doublé d’un dilettante, j’avais objectivement toutes les chances de créer un blog et de cesser de m’en occuper quatre jours après. J’en étais même presque sûr : à part mes gribouillages romanesques je ne finis jamais rien. Le Golb aurait alors sombré, parce qu’en terme d’ « audience » il partait de tellement tellement bas qu’il n’aurait pas pu décoller au rythme d’un article par semaine. Seulement voilà : j’étais dépressif, j’avais rien à foutre de mes journées, je m’emmerdais comme un rat crevé, et j’ai écrit écrit écrit. Bizarrement les premiers mois du Golb sont restés dans ma mémoire comme un genre d’état de grâce où j’étais systématiquement fier de moi une fois l’article posté…ce n’était guère dans mes habitudes auparavant, et j’ai fort heureusement repris mon habituelle circonspection depuis.
Et puis un jour du mois d’août dernier, alors que je me commençais à m’emmerder à nouveau et à examiner les possibilités de clôture, les commentaires se sont mis à affluer. Vraiment d’un coup, très subitement. La rubrique liens a enflé. Des gens de plus en plus sympathiques sont venus me complimenter…et là, soudain, j’ai compris que Le Golb devenait une affaire qui roule. Moi qui croyais naïvement que le blog-rank ne grimpait en-dessus de 90 que dans les versions payantes (ne riez pas, je vous assure que j'y croyais !!!) j’ai découvert en quelques semaines que non seulement je me plantais mais qu’en plus j’y prenais du plaisir. Parce qu’en réalité je n’utilise pas le blog-rank comme un mode de concurrence avec les autres pages over-blog – simplement comme quelque chose qui signifie que je suis lu (de plus en plus pour tout dire). Chaque fois ça me fait infiniment plaisir, je me dis que ça ne peut plus grimper, et puis ça continue…je crois d’ailleurs que ça me fait d’autant plus plaisir que n’étant classé dans aucune catégorie au départ j’ai stagné entre le Rien et le Pas Grand Chose durant de nombreux mois.
Mais ce qui me fait plus plaisir encore, c’est quand je me dis que j’ai réussi. Quand je vois un blogueur musical qui poste un commentaire fleuve sur un article littéraire – ou l’inverse. Quand Margoulette est enchantée par le morceau des Smashing Pumpkins que j’ai laissé traîné la veille plus pour mon propre plaisir que parce que je voulais le faire découvrir à quelqu’un. Quand j’ai le sentiment (de plus en plus fréquent) que vous accordez sincèrement de l’importance à mes avis – alors même que rien ne le justifie sinon une confiance qui comme toute confiance ne peut ni se quantifier ni s’argumenter. Là, je me dis que j’ai bien fait de ne pas dire ce que je voulais faire du Golb au moment de l’ouvrir, chassant ainsi toute superstition…parce que du coup, j’ai réussi presqu’invonlontairement à en faire précisément ce que je voulais en faire. J’adore. Et donc je me rengorge, autant vous l’avouer, chaque fois que vous me dites un truc sympa. Vous devriez éviter à l’avenir, mon Aphrodite me trouver de plus en plus arrogant (en quoi elle se trompe : je l’ai toujours été, simplement avant je la bouclais parce que j’avais pas trop les moyens de mes ambitions).
Plus sérieusement : je vous évite le couplet démago style Si Le Golb en est là c’est grâce à vous chers lecteurs (c’est quand même moi qui les écris les articles, bordel). N’empêche : c’est effectivement quand même un peu grâce à vous.
Donc : merci. Du fond du cœur, merci d’avoir permis à ce blog sinon d’exister du moins de perdurer, merci pour les compliments, merci pour les embrouilles, pour les remarques contradictoires et les commentaires souvent très inspirés. J’ai beau essayer de dissocier ce blog de moi-même, ça me touche quand même chaque fois comme si vous me faisiez un petit bisou sur la joue (bande de coquins).
En toute franchise, je ne pense pas pouvoir amener Le Golb beaucoup plus haut, tant dans les stats que dans votre estime (ou la mienne). Attention : je ne ferme pas boutique. Bien au contraire : je suis là et bien là. Mais disons que j’ai maintenant pas mal d’autres projets à mettre en branle, à commencer par celui d’un blog collectif avec plusieurs d’entre vous (que je n’ai même pas encore contactés, c’est vous dire si l’adjectif dilettante me sied à râvir)…projet qui, en fait, était mon projet initial.
Comme quoi, le collectif, on finit toujours par y venir…
Merci...et à bientôt !






