Les notes du Golb

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   Oxxxxx
    Sans façon !

   OOxxxx
    Bof...

   OOOxxx
    Eventuellement...

   OOOOxx
    Volontiers.

   OOOOOx
    Avec plaisir !

   OOOOOO
    Sans la moindre
    hésitation !!!
...

Ne m'écrivez pas

 
...je ne cherche pas, en effet, à me faire des amis...

...cependant, en cas de force majeure...
....
 ATTENTION NEANMOINS : nous nous réservons le droit de décider du caractère profondément majeur de votre cas de force majeure. Ou pas.
Samedi 30 juin 2007
 
 

Du sang, de la sueur et des larmes, pas moins.

 

Ce Top 10 numéro 5 aura été de loin le plus meurtrier depuis la création du Golb – ce qui n’est pas peu dire quand on connaît le nombre de morts provoquées par un Top 10 moyen. Saviez-vous que Kurt Cobain lui-même s’était suicidé parce qu’il ne figurait pas dans le Top 10 d’octobre – décembre 1993 ?

 

Plus sérieusement : la dernière fois je m’étais plaint, comme tous les ans à la même époque d’ailleurs, du peu de sorties intéressantes au premier trimestre. Il faut croire que quelqu’un quelque part m’a écouté attentivement puisque les bons disques sont sortis par pelletées depuis lors, non stop…des évènements intéressants mais assez épuisants pour le mec qui passe sa vie à mettre à jour sa liste d’achats et ses classements évolutifs (bon courage, G.T. !). Ce n’est certes pas nouveau : tous les ans tous les albums « attendus » sortent simultanément, soit au printemps soit à l’automne (y a plus d’saisons ma p’tite dame). Cette année cependant j’ai eu le sentiment (je pense assez juste) que c’était encore pire que d’habitude…pas étonnant que les gens téléchargent quand quasiment la même semaine paraissent un Black Rebel Motorcycle Club, un Arctic Monkeys, un Nine Inch Nails, un Stephan Eicher – pour citer des gens qu’un public massif avait envie d’entendre. Vous ajoutez à ça quatre ou cinq nouveaux groupes plus deux come-backs de gens inattendus, et ça vous fait une bonne douzaine d’excellents albums au mois d’avril – et par extension une bonne centaine d’euros de découverts. Difficile, dès lors, de tenir un classement correct, même avec le plus grand sérieux, chaque disque nécessitant au minimum une dizaine d'écoutes pour obtenir un avis un tant soit peu légitime (autant vous dire que je suis loin du compte, comme vous probablement...je comprends soudain pourquoi dans un magazine il y a plusieurs journalistes !). Je ne vais pas jouer les vierges effarouchées mais bon…quand je vois Rock & Folk et Libé et...tous en fait, faire campagne contre le téléchargement je rigole un peu. Eux ils peuvent pas trop comprendre ce que c’est, de ne pas pouvoir se payer les disques qu’ils couvrent d’étoiles. Puisqu’ils ne les paient pas. Tout en s’autorisant à les copier bien sûr ! Vous pensez bien que quand le nouveau White Stripes débarque dans la boite à lettres de Rock & Folk ça fait péter les ventes de CD-R de la supérette du bas de la rue – ils croient qu’on ne le sait pas ? Ils nous prennent pour qui à nous faire la morale ?

 

(non : je n’ai pas déclaré la guerre à R&F, c’est juste que les lettres d’insultes de leurs lecteurs sont plus marrantes que celles des lecteurs des Inrocks)

 

Il doit bien rester ici ou là quelques collectionneurs qui ne téléchargent pas du tout (je dis ça, en même temps je ne télécharge pas des masses ! je n’ai pas à me plaindre, je reçois des services de presse à l’occasion – d’ailleurs j’ai un doute sur le décalage possible d’Interpol : la fiche reçue m’indique le 26 juin mais je ne l’ai vu nulle part...mouais, vous avez raison : on s'en tape) mais entre nous soit dit quand on entend le dernier Mac Cartney on se demande qui est assez bête pour l’acheter…

 

(mxmm, en général quand je dis un truc comme ça tu débarques, non ?)

 
 

Bref le Top 10 du trimestre aurait tout aussi bien pu être un Top 20 ou un Top Sans Limite De Nombre, cela dit il faut bien s’arrêter quelque part. Le plus navrant dans cette histoire étant que le prochain Top 10 va être super chiant car – c’est bien connu – quasiment aucun des bons disques ne sort pendant l’été. On nous annonce bien ici ou là pour juillet un Burgalat ou un Meat Puppets – encore faut-il cependant qu’ils soient réussis. Du coup, j’ai une pensée émue au moment d’écrire ces lignes pour tous les artistes que ce Top a laissé sur le carreau, et j’ai envie de les citer. Notamment ceux dont on a trop peu parlé à mon goût : Dinosaur Jr (qui après dix ans de silence vient de publier un de ses meilleurs albums), silverchair (qui semble s’être extirpé de sa passion pour Queen, alléluia !) ou encore mes camarades rouennais de Radiosofa, dont tout le monde se fout alors qu’ils ont sans aucun publié l’un des très bons disques français de l’année, entre Coldplay, Venus et les Doors (ne pas vous fier au single, fort peu représentatif de l’album). Pensée émue également pour Ryan Adams (quoique son disque soit sorti il y a trois jours, ce qui lui permettra peut-être de se hisser dans le prochain Top), Wilco, Magyd Cherfi et Tom McRae (qui auraient mérité d’y être tant ils rasaient les places d’honneur), Eicher (voir le très bel article d’alf), et bien sûr Ultra Orange & Emmanuelle, un vrai disque de rock’n’roll de chez nous et une hype pour une fois justifiée (et là, je vais être honnête : merci R&F et Libé dont je me moquais plus haut, sans votre battage je n'aurais sans doute jamais acheté ce disque tant ça ressemblait au proverbial soufflet). Sans parler de la pensée (encore plus) émue pour Elliott Smith, dont la compile est remarquable...sauf que si je commence à ajouter les lives et les compiles j'en finis plus et je dois aussi me pencher sur le Little Bob ! Pensée moins émue en revanche pour Tori Amos et Rufus Wainwright, tous deux forts décevants à leur rutilante manière. Et par pudeur je ne dirais rien sur Tomahawk ni sur les Queens Of The Stone Age – plus on en attend plus on est déçu paraît-il ; bah moi, j’en attendais beaucoup.

 

Enfin, bien sûr, impossible de finir sans une pensée toute personnelle à l’égard de Dream Theater, qui a probablement publié l’album le plus décevant du trimestre (quoiqu’il faille pour cela attendre quelque chose d’eux dira G.T. – qui du coup ne dira rien ?).

 
Maintenant, here comes the Top !
 
 
 
 

MON DISQUE A MOI (et rien qu’à moi) DU TRIMESTRE :

 
 

« Brett Anderson » – BRETT ANDERSON

 

Les habitués du Golb ne seront pas surpris de retrouver ici un album dont la main-mise sur le Jukebox fut permanente ces derniers temps. En fait, le seul habitué du Golb qui en sera vraiment surpris…c’est moi ! Autant être franc : ça doit faire pas loin d’une décennie que je me tamponne le chichigneux de ce que peut bien foutre Brett Anderson. Depuis le Coming’up de Suede, aucun disque de ce bonhomme ne m’a réellement convaincu…et voici que, alors même que plus grand monde ne s’intéresse à lui et qu’il a largement dépassé l’âge limite pour toute rockstar androgyne qui se respecte, Brett Anderson publie son meilleur album. A savoir que ce premier opus solo est tout simplement meilleur que n’importe quoi de Suede !

 

Ainsi donc tandis que d’autres s’activent à ressusciter un rock qui ne leur a rien demandé, Brett Anderson se contente de faire sur son album ce qu’il sait faire de mieux (mais n’avait plus fait depuis un moment) : de la pop aux mélodies cristallines et aux arrangements sophistiqués. Des chansons, des vraies, des belles, ne tapant ni dans le rétro-80’s à la mode 2007 ni dans les expérimentations à deux balles…non, juste des chansons toutes simples qui font mouche, mouillent les yeux parfois et remuent le bassin souvent. La classe, en somme, ce qui n’a rien de surprenant de la part du fils spirituel de Bryan Ferry. Bien entendu tout le monde s’en tape et le disque est un bide, mais ce n’est pas grave, au moins celui-ci sera vraiment à moi et rien qu’à moi !

 

Après Jarvis Cocker l’hiver dernier et en attendant le prochain blur, il semble donc acquis que les ex-leaders de feu la britpop vieillissent bien. Si on était poli on dirait qu’on souhaite la même chose aux Arctic Monkeys.

 

à écouter en priorité : « Ebony » & « The Infinite Kiss » & « Dust & Rain » &…enfin, l’album, quoi.

 
 
 
 
SELECTION :
 
 

« Baby 81 » – BLACK REBEL MOTORCYCLE CLUB

 

baby81.jpgDe toute la pelletée revival américaine, Black Rebel Motorcycle Club a dès le depart fait partie des très intéressants, des excellents voir des incontournables, à égalité avec Interpol. De ceux, en somme, qui imposaient dès le premier album un univers propre et parvenaient à se différencier en quelques notes. Au fil des années, BRMC (pour les intimes) a fini par prendre un bel ascendant sur la concurrence notamment en publiant le remarquable Take them on ! On your own ! (peut-être bien le seul grand disque que nous ait donné cette scène). Reste que depuis lors, les fans restaient sur leur faim : le groupe a certes affirmé son indépendance artistique au cours de sa sympathique parenthèse Johnny Cash-like (Howl, en 2005), mais BRMC sans électricité est-il vraiment BRMC ? On ne sait pas. Ce qui est certain c’est que Baby 81 est assurément l’un des disques de l’année, celui qu’on attendait depuis des années de la part du trio new-yorkais. Qui joue de nouveau ce rock en fusion, psychédélique et gothique tout à la fois, orchestrant la rencontre improbable entre The Jesus & Mary Chain, The Velvet Underground et Nirvana. Miam ! Avec en prime une poignée d’hymnes comme les Strokes rêvent probablement d’en écrire (« Not what you wanted », « Berlin », « 666 Conducer »), Baby 81 s’impose sans problème comme l’un des indispensables de 2007.

 

à écouter en priorité : « Not what you wanted » & « Killing the light »

 
à lire : l’article de G.T.
 
 

« Cassadaga » – BRIGHT EYES

 

cassadaga.jpgElevé au sein d’une prestigieuse famille musicale, Bright Eyes a grandi à l’ombre des géants que sont Sparklehorse, Calexico ou Wilco, au point de se faire oublier de beaucoup près d’une décennie après ses débuts. Au fil du temps, à force d’être prometteur sans jamais sortir LE disque, Bright Eyes a fini par devenir l’un de ces petits groupes indés sympas dont on écoute toujours le dernier album avec un mélange de plaisir et de curiosité…pour l’oublier quelques mois après. Pourtant Connor Orbest n’a jamais rien eu à envier à un Jeff Tweedy ou à un Ryan Adams…et le prouve avec un sixième album plus royaliste que le roi – à savoir plus dylanien même que Dylan. Un sixième album absolument somptueux, folk-rock les trémolos dans la voix (« Middleman ») et la guitare en bandoulière (« Lime tree »), avec bien sûr tout ce qui va avec, du relent country (« Make a plan to love me ») au texte sublime (« Clairaudients (Kill or be killed) ») en passant bien sûr par La Chanson Qui Tue – « Classic Cars ». Bref : de loin le meilleur album du trimestre…et un potentiel album de l’année, rien moins. Que demander de plus ? Ma foi…qu’il s’en vende par palettes, par exemple. M’est avis que ce serait un bon début ! En attendant la gloire, l’éternel Poulidor est dans ce Top 10…ce qui vous l’aurez noté n’est le cas ni d’Adams ni de Wilco. Comme quoi…

 

à écouter en priorité : « Middleman » et « Classic Cars »

 
 

« Eat me, drink me » – MARILYN MANSON

 

eatme.jpgDe nos jours vous trouverez toujours un gros con pour vous expliquer que Marilyn Manson est rentré dans le rang, qu’il ne choque plus personne, etc. En général c’est un type dont vous pouvez être sûrs que :

 

1. il adorait Marilyn Manson il y a encore cinq ans

 

2. il n’a jamais été aux USA, sans quoi il saurait que Manson y a toujours la même place, celle d’un épouvantail à conservateurs fatalement très sympathique.

 

Or donc voilà qu’on nous annonce que le Diable s’est humanisé, a publié un album très mélodique, a fait dans l’introspection…les plus âgés se souviennent qu’on nous a déjà fait le coup il y a dix ans pour la sortie de Mechanical Animals, et qu’au final Manson était resté Manson après ça (c’est peut-être son pire défaut en fait : ne pas être capable de se métamorphoser comme Bowie ou Cooper avant lui, alors qu’il est fait du même du bois). Mais Mechanical Animals était aussi dans le même temps son meilleur album. Par conséquent les amateurs pouvaient s’attendre au meilleur pour ce sixième album, et il n’auront pas eu tort ! Dans la droite lignée de son glorieux prédécesseur, Eat me, drink me fait dans l’indus-rock-pop puissant et poisseux, avec juste ce qu’il faut d’agressivité pour ne pas être confondu avec Garbage mais aussi parallèlement juste ce qu’il faut de mélodies pour ne pas être confondu avec ce gros bourrin de Rob Zombie. L’équilibre serait difficile à tenir pour tout le monde…sauf pour Manson. Qui, n’en déplaise aux grincheux, est bel et bien un grand. Peut-être même le seul de sa génération à pouvoir prétendre à terme au statut des dinosaures du rock d’aujourd’hui. Il semble en tout cas bien parti pour…puisque, comme tous ces grands-là, il vient de publier un Album Du Divorce magistral. Qui devrait donc logiquement être suivi d’un Album De La Résurrection pour lequel je salive déjà…

 

à écouter en priorité : « If I was your vampire » & « Just a car crash away »

 
 

« Gazoline » – NO ONE IS INNOCENT

 

gazoline.jpgVous ne rêvez pas : vous êtes bien en 2007 et No One Is Innocent est toujours au top. L’histoire, tout de même, est marrante : sur la ligne de départ, en 1994, No One était sans doute le moins original et le moins intéressant des groupes de french-fusion. Pourtant à force de remise en question, de travail, et en affirmant une farouche volonté de trouver un style n’appartenant qu’à lui, le groupe de Kmar est devenu l’un des plus importants dont le rock français ait accouché ces douze dernières années. Passionnante métamorphose : après avoir fait dans la fusion engagée qui tape (No One Is Innocent), le cyber-metal entre façon Philip K. Dick meets Ministry (Utopia), après s’être séparé et être devenu culte, après s’être reformé avec un seul membre original sous l’égide d’une musique plus électronique et relativement décevante (revolution.com)…voilà que No One revient avec un style inimitable et une musique encore différente, plus rock’n’roll, moins agressive mais toujours aussi massive et efficace. « Police Délice », « Liar », ou le désopilant « Salut, l’Artiste » - hommage à notre ex-Président et futur condamné…autant de futurs classiques qui ne risquent pas de dépareiller au côté des « Nomenklatura », « Black Garden », « La Peau » et autres « Antipolitiques »…Pendant ce temps-là, on n’a toujours pas retrouvé les Marco Prince et compagnie. Mais on sera ravi d’avoir de leurs nouvelles, promis juré !

 

à écouter en priorité : « L’amour de la haine » & « Police délice »

 
 

« Icky Thump » – THE WHITE STRIPES

 

icky-thump.jpgIronie du sort, alors qu’ils publient un album à la pochette en noir et blanc les White Stripes n’ont sans doute jamais sonné aussi peu retro. Il faut croire qu’à force de recycler les mêmes dix vieux blues du Delta à la mode Cramps depuis le premier album Jack White a fini par se lasser un peu…du coup, voilà qu’ils publient leur meilleur album depuis…toujours ! Alors même que beaucoup (dont moi, faut bien le reconnaître) n’attendaient plus grand chose d’eux mis à part un bon disque de rock’n’roll. Sursaturé, mélodique et diaboliquement bon, Icky Thump réconciliera donc sans problème les fans de la première heure avec ceux d’après « Seven Nation Army ». Osons le dire : oui, les White Stripes sont sans doute l’un des plus grands groupes en activité. J’ai été le premier à le nier pendant longtemps, donc autant admettre mes torts à l’occasion de la sortie de ce sixième brûlot. Car seul un très grand groupe peut sans rougir aligner sur un même album la beauté à (forcément) se damner d’ « A martyr for your love », la cavalcade quasi-maidenienne de « Conquest », la mélodie irrésistible de « You know what love is » (tube en devenir à coup sûr) et le chaos sublime de « Little Cream Soda ». Un très grand groupe qui vient, enfin, de se départir totalement de ses influences. Mieux vaut tard que jamais.

 

à écouter en priorité : « Little Cream Soda » & « A martyr for your love »

 
à lire : l’article de THIERRY
 
 

« One Man Revolution » – THE NIGHTWATCHMAN

 

onemanrevolution.jpgDerrière ce pseudonyme se cache rien moins que Tom Morello en personne – soit donc l’un des plus grands guitaristes vivants. Qui après avoir purement et simplement inventé une manière de jouer au sein de Rage Against The Machine, puis s’être illustré dans un registre heavy-grunge plus classique mais finalement sympa avec Audioslave, a donc décidé de se lancer en solo…et en acoustique ! Une surprise ? Pas du tout, voyons : Tom a désormais quarante-trois ans, et quand un rocker rebelle et bruyant dépasse la quarantaine il est contractuellement obligé d’enregistrer son album guitare-voix-au-coin-du-feu sur un huit pistes. C’est comme ça, c’est la vie, et de Joe Strummer à Greg Graffin la règle s’est rarement démentie. A la différence notable que Morello a un truc que la plupart des exs énervés passant à l’acoustique n’a pas (ou rarement) : un authentique talent de compositeur doublé d’une voix exceptionnelle – à se demander pourquoi il n’avait jamais chanté jusqu’alors ! Evoquant tout à la fois Johnny Cash, Lee Hazlewood et Leonard Cohen selon les titres, cet album de prostest-songs rageuses et habitées ravira tous les amateurs du genre…même s’il risque de désorienter 90 % des fans de Tom Morello. D’où l’usage d’un pseudonyme ? Possible. En attendant on comprend à l ‘écoute de « Let Freedom Ring » que Morello ait balancé Audioslave. Moins, en revanche, qu’il ait accepté de reformer RATM. Car ce type-là, en toute objectivité, a l’étoffe d’un grand singer-songwriter. Et dans ses meilleurs moments (« One Man Revolution », « Maximum Firepower »…) son premier album solo évoque le plus beau disque de Springsteen – The Ghost Of Tom Joad. En plus rageur et moins monotone. C’est vous dire si c’est bien…

 

à écouter en priorité : « Let Freedom Ring » & « Battle Hymns »

 
 

« Our Love To Admire » – INTERPOL

 

ourlovetoadmire.jpgAprès avoir publié l’un des meilleurs albums de ces dernières années (Turn on the bright lights, en 2002), Interpol semble s’être lancé un curieux défi : écrire tous les trois ans le disque le moins immédiat et le moins facile d’accès du moment. Si l'on est littéralement pénétré par le son et l’atmosphère dès la première écoute, les mélodies ne sautent pas tout de suite aux oreilles…Turn on the bright lights contenait dix tubes potentiels, Antics en contenait un et demi. Our love to admire n’en contient a priori aucun, et le pire c’est que c’est totalement volontaire. Une démarche anticommerciale qui n’est pas sans rappeler Radiohead – même si l’on reste musicalement nettement plus proche de Joy Division, Cure et My Bloody Valentine (Interpol est sans doute le plus anglais de tous les groupes américains). Ce troisième disque déroute, donc, et pourtant en y revenant on s’apercevra qu’il s’agit sans doute de leur plus abouti, de leur plus travaillé et tout simplement de leur meilleur. Parce que chaque titre est un univers à part entière, parce que la palette vocale de Paul Banks est de plus en plus impressionnante au fil des années, et aussi parce qu’Interpol s’est autorisé des audaces de composition et de production que la plupart des combos de sa génération n’oseraient même pas imaginer. Ce qui donne la vicieuse « N°1 Threesome », « All fired up » et son riff entêtant ou encore « Pioneer to the falls », majestueuse ouverture renvoyant en écho à celle du premier album. Un mille-feuille post-punk à consommer sans modération.

 

à écouter en priorité : « Pioneer to the falls » & « The Scale »

 
 

« Strange House » – THE HORRORS

 

strangehouse.jpg…et sans transition voici la revelation NME de la semaine, qui mérite franchement mieux que de finir au Paradis des exs nouveaux sauveurs du rock. Avec leur look affreux sale et méchant façon New York Dolls revisités par Tim Burton, leur réputation sulfureuse et leur clip censuré, les Horrors ont sur le papier tout pour (dé)plaire. Restait à savoir si la musique suivrait. La réponse est un grand oui ! Principale caractéristique de ces gens : ils semblent avoir décidé de revisiter le post-punk comme tout le monde, mais uniquement en s’inspirant de ces groupes post-punk trop créatifs pour Radio 4 et trop effrayants pour Franz Ferdinand. Pour faire court je dirais que je n’avais bien sûr absolument pas entendu ce disque lorsque j’ai déploré il y a quelques semaines l’absence d’intérêt contemporain pour Magazine !

 

(suffisait-il de demander ?)

 

Ajoutons à cela une prédominance pour la no-wave façon Birthday Party ou Neubauten, et voilà ma foi une tambouille prometteuse donnant régulièrement l’impression que Nick Cave a enregistré un album avec les Buzzocks (idée fichtrement réjouissante pour moi comme vous vous en doutez). Comme en plus ces jeunes pas du tout comme il faut reprennent Screaming Lord Church…il ne pouvait s’agir que d’amis venus dîner à la maison pour Halloween ! Certes ce premier album contient un ou deux petits ventres moux…mais la personnalité de ses auteurs ainsi que leur refus du consensuel justifient largement leur présence dans cette sélection.

 

à écouter en priorité : « Gloves » & « Gil’s sleeping »

 
 

« Year Zero » – NINE INCH NAILS

 

yearzero.jpgPrécédé de critiques dithyrambiques louant sa complexité autant que sa singularité, ainsi que d’un single bizarroïde (« Survivalism »), Year Zero ne pouvait qu’exciter la groupie reznorienne que je suis. Au final il m’aura fallu plus d’un mois pour apprécier cet album à sa juste valeur, mais ça y est, j’y suis, et mes amis, c’est sans doute le meilleur Nine Inch Nails depuis The Fragile, voir depuis The Downward Spiral – difficile d’ailleurs de ne pas le voir comme un compromis parfait entre l’ambient du premier et l’indus apocalyptique du second. Il y a trois ans With teeth nous présentait un Nine Inch Nails différent, imparfait, tentant un impossible retour aux sources depuis longtemps taries de l’electro-metal. Pas de ça ici, et en même temps il y a plein de points communs entre Year Zero et son prédécesseur…c’est en fait, d’une certaine manière, une autre période qui s’est ouverte dans l’œuvre de Reznor depuis 2004. Non, c’est vrai, Nine Inch Nails n’écrit plus vraiment de grandes chansons comme à l’époque de « Closer » ou de « Piggy » (voir de « We’re in this together »). De plus en plus captivé par les musiques expérimentales et / ou atmosphériques (Cf le curieux « God Given » ou le somptueux final « Zero-sum »), Reznor a effectivement perdu le petit plus qui faisait autrefois de Nine Inch Nails plus qu’un groupe de rock industriel…cette concision pop qui lui permit de vendre des millions d’exemplaires de The Downward Spiral semble avoir totalement disparue du programme. Pour autant, cela ne rend pas ses travaux moins intéressants…au contraire « Capital G. » ou « Hyperpower ! » le voient creuser encore son univers sombre et torturé avec un mélange d’inventivité et de virtuosité qui force le respect. Trent Reznor, n’en déplaise à ses détracteurs, est un artiste, un vrai. Intègre et prêt à vendre moins de mille albums si cela lui permettait dans le même temps de publier le disque qu’il a envisagé. C’est assez rare pour être souligné.

 

à écouter en priorité : « Capital G. » &« Survivalism »

 
 
 
 
 

NOTE : comme d’habitude je vous invite à ajouter en commentaire vos liens et autres trackbacks renvoyant aux disques incriminés.

 
 
 
 

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