Libero (Little Bob, France, 2002)
Ceux qui comme moi écoutent beaucoup trop de disques et n’en chroniquent jamais assez ont tous déjà vécu ça : un album dont on se dit qu’on verra ce qu’il vaut plus tard, qui glisse en-dessous de la pile et n’en ressort finalement jamais plus. Aujourd’hui je ferai donc pénitence : oui, j’ai fait subir cet outrage au P’tit Bob. Volontairement en plus : je venais de chroniquer deux rééditions de son œuvre en une semaine (voir l'index ci-contre)…alors j’ai sciemment décidé de mettre Libero en-dessous de pile et d’en causer plus tard pour éviter le gavage de lecteur. A l’époque je pensais y revenir deux ou trois semaines plus tard – c’était il y a presqu’un an. Comment ai-je pu oublier ce billet prévu de longue date… ? Aucune idée. Surmenage bloguien, sans doute.
Car
Libero n’est pas n’importe quel album de Little Bob – Libero est son plus beau. Peut-être pas son plus fort, ni son plus "hymnique" ni son plus rock'n'roll. Peut-être même pas
son meilleur. Mais son plus personnel sans aucun doute. Et de loin son plus émouvant.
Cela vaut bien sûr pour le morceau d’ouverture (éponyme), hommage à son papa, un certain…Libero (non… ? vous pensiez vraiment que ce disque était un hommage à Marcel Dessailly ?), homme libre plutôt bien nommé qui déserta l’Italie fasciste en quête d’horizons plus heureux…autant prévenir : cette chanson est plus que poignante, son potentiel lacrymal avoisinant les 400,9 ° sur l’échelle de « Yesterday ».
Cela vaut aussi pour la plupart des titres, y compris les plus enlevés : il y a dans la voix de Roberto quelque chose de désespérément renversant auquel il est difficile de résister, qu’il déclame dans l’urgence un « Slave to the beat » tendu à souhaits ou se lance dans une reprise virtuose de « Be gentle with the whore » - une de ces revisitations roots dont lui seul à le secret. Plus blues que rock, l’album décline ainsi une couleur intimiste d’autant plus séduisante que son prédécesseur, le sympathique mais dispensable Blues Stories (1997), avait un côté rutilant un peu bassinant par moment. Rien de cela ici : Libero évolue dans un registre sonique extrêmement pur, débridé, et les morceaux s’enchaînent merveilleusement…retrouvant le groove furieux de la grande époque de Little Bob Story. L’effet Garotin ? Indéniablement le retour au bercail d’un des plus grands batteurs français en activité (Nico tint les fûts de la Story de 1982 – 97, notamment sur l’incontournable Vacant Heart) est un des gros plus de ce quatrième album « solo » : majestueux sur le remarquable « Let’s shout », costaud sur la plupart des autres titres, on sent d’autant plus son apport que le seul titre sur lequel il ne joue pas (« Mean Game ») est comme de par hasard le moins convaincant.
De la tendresse et du panache, donc, mis au service d’un « Lucky Man » autoproclamé ici au sommet de son art. Et si ce n’est pas de bon ton de le dire, il faut bien reconnaître que cet album largement encensé (enfin : par les rares qui l’ont écouté) au moment de sa sortie est tout aussi bon et incontournable que le classique Lost Territories – chef d’œuvre des débuts 90's dans l’ombre duquel tous les albums suivants de Little Bob semblent condamnés à rester (y compris les meilleurs). Dans un registre moins torturé, Libero n’a rien à lui envier, le surclasse même à plusieurs reprises (« Outside », « Deborah »…)…
…reste que comme la plupart des gens ne connaissent de toute façon pas Lost Territories il est probable qu’un grand nombre des lecteurs du Golb se foute complètement de cette dernière réflexion. Tant mieux d’ailleurs : je les invite à découvrir ce disque parfait avec l’oreille vierge…gageons que les amateurs de blues et de rock y trouveront plus que leur compte.

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Ceux qui comme moi écoutent beaucoup trop de disques et n’en chroniquent jamais assez ont tous déjà vécu ça : un album dont on se dit qu’on verra ce qu’il vaut plus tard, qui glisse en-dessous de la pile et n’en ressort finalement jamais plus. Aujourd’hui je ferai donc pénitence : oui, j’ai fait subir cet outrage au P’tit Bob. Volontairement en plus : je venais de chroniquer deux rééditions de son œuvre en une semaine (voir l'index ci-contre)…alors j’ai sciemment décidé de mettre Libero en-dessous de pile et d’en causer plus tard pour éviter le gavage de lecteur. A l’époque je pensais y revenir deux ou trois semaines plus tard – c’était il y a presqu’un an. Comment ai-je pu oublier ce billet prévu de longue date… ? Aucune idée. Surmenage bloguien, sans doute.
Car
Libero n’est pas n’importe quel album de Little Bob – Libero est son plus beau. Peut-être pas son plus fort, ni son plus "hymnique" ni son plus rock'n'roll. Peut-être même pas
son meilleur. Mais son plus personnel sans aucun doute. Et de loin son plus émouvant.Cela vaut bien sûr pour le morceau d’ouverture (éponyme), hommage à son papa, un certain…Libero (non… ? vous pensiez vraiment que ce disque était un hommage à Marcel Dessailly ?), homme libre plutôt bien nommé qui déserta l’Italie fasciste en quête d’horizons plus heureux…autant prévenir : cette chanson est plus que poignante, son potentiel lacrymal avoisinant les 400,9 ° sur l’échelle de « Yesterday ».
Cela vaut aussi pour la plupart des titres, y compris les plus enlevés : il y a dans la voix de Roberto quelque chose de désespérément renversant auquel il est difficile de résister, qu’il déclame dans l’urgence un « Slave to the beat » tendu à souhaits ou se lance dans une reprise virtuose de « Be gentle with the whore » - une de ces revisitations roots dont lui seul à le secret. Plus blues que rock, l’album décline ainsi une couleur intimiste d’autant plus séduisante que son prédécesseur, le sympathique mais dispensable Blues Stories (1997), avait un côté rutilant un peu bassinant par moment. Rien de cela ici : Libero évolue dans un registre sonique extrêmement pur, débridé, et les morceaux s’enchaînent merveilleusement…retrouvant le groove furieux de la grande époque de Little Bob Story. L’effet Garotin ? Indéniablement le retour au bercail d’un des plus grands batteurs français en activité (Nico tint les fûts de la Story de 1982 – 97, notamment sur l’incontournable Vacant Heart) est un des gros plus de ce quatrième album « solo » : majestueux sur le remarquable « Let’s shout », costaud sur la plupart des autres titres, on sent d’autant plus son apport que le seul titre sur lequel il ne joue pas (« Mean Game ») est comme de par hasard le moins convaincant.
De la tendresse et du panache, donc, mis au service d’un « Lucky Man » autoproclamé ici au sommet de son art. Et si ce n’est pas de bon ton de le dire, il faut bien reconnaître que cet album largement encensé (enfin : par les rares qui l’ont écouté) au moment de sa sortie est tout aussi bon et incontournable que le classique Lost Territories – chef d’œuvre des débuts 90's dans l’ombre duquel tous les albums suivants de Little Bob semblent condamnés à rester (y compris les meilleurs). Dans un registre moins torturé, Libero n’a rien à lui envier, le surclasse même à plusieurs reprises (« Outside », « Deborah »…)…
…reste que comme la plupart des gens ne connaissent de toute façon pas Lost Territories il est probable qu’un grand nombre des lecteurs du Golb se foute complètement de cette dernière réflexion. Tant mieux d’ailleurs : je les invite à découvrir ce disque parfait avec l’oreille vierge…gageons que les amateurs de blues et de rock y trouveront plus que leur compte.
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Commentaires
Desailly n'était pas libéro... :-)
commentaire n° : 1 posté par : Pyrox (site web) le: 21/01/2008 12:50:58
Je ne connais Little Bob que de nom. Marcel Dessailly aussi, d'ailleurs.
commentaire n° : 2 posté par : Sevie le: 21/01/2008 13:24:32
L'OMBRE D'UN TAUREAU
Devenir est un leurre
Ferment d'empirisme
Créé par la mécanique neuronale
Ferment d'hallucination reposant
Sur des concrétions illusoires
Aucun étai à ce délire
Qui fait voir des ombres de coloriages
Parées de plumes d'autruche
A des regards enfiévrés
Par un or qui n'est que vulgaire plomb
Devenir est un leurre
Ferment d'empirisme
Créé par la mécanique neuronale
Ferment d'hallucination reposant
Sur des concrétions illusoires
Aucun étai à ce délire
Qui fait voir des ombres de coloriages
Parées de plumes d'autruche
A des regards enfiévrés
Par un or qui n'est que vulgaire plomb
commentaire n° : 3 posté par : gmc (site web) le: 21/01/2008 15:52:10
remplacer le 2ème "ferment" par "racine", gracias.
commentaire n° : 4 posté par : gmc (site web) le: 21/01/2008 15:54:49
Je vois bien une liste de plaisanteries de mauvais goût associant Little Bob à "Monsieur Patate"... mais je crois qu'il est tout de même préférable que je ne me lance pas là-dedans :-)
commentaire n° : 5 posté par : G.T. (site web) le: 21/01/2008 16:18:17
Pyrox >>> jeune impétueux, je n'ai pas de leçon de football à recevoir :-) Dessailly a joué à absolument tous les postes en défense...récupérateur, latéral, central, et libéro. Tous. Suffit de lire sa bio (ok, c'est dur, mais bon, faut ce qu'il faut).
G.T. >>> et tu fais bien de t'absetenir ! Souviens-toi que la seule personne dont on n'a pas le droit de dire du mal sur Le Golb, Aphrodite mise à part...c'est Little Bob ;)-
G.T. >>> et tu fais bien de t'absetenir ! Souviens-toi que la seule personne dont on n'a pas le droit de dire du mal sur Le Golb, Aphrodite mise à part...c'est Little Bob ;)-
commentaire n° : 6 posté par : Thom (site web) le: 21/01/2008 21:06:48
Little Bob ! Que de souvenirs qui me reviennent à sa simple évocation. "I'm your man", "All or nothing"...je vieillis, je crois.
commentaire n° : 7 posté par : BBB. le: 22/01/2008 09:23:23
le jeune impétueux s'excuse :-)
si tu veux lire une bonne bio de footeux, je te conseille celle de lilian thuram, 12 juillet 98. Serieusement, elle est pas mal
si tu veux lire une bonne bio de footeux, je te conseille celle de lilian thuram, 12 juillet 98. Serieusement, elle est pas mal
commentaire n° : 8 posté par : Pyrox (site web) le: 22/01/2008 09:42:46
BBB. >>> allons mon ami : on taira votre âge canonique par pudeur (veinard).
Pyrox >>> ok, c'est noté. Mais j'ai quand même un problème avec ce genre de bio, d'abord parce que c'est toujours très mal écrit et surtout parce que ça se périme vite si tant est que le joueur poursuive sa carrière pendant quelques années après (ce qui est le cas de Thuram). D'autant que le moins qu'on puisse dire est que Thuthu a pris une sacrée autre ampleur depuis deux, trois ans...
Pyrox >>> ok, c'est noté. Mais j'ai quand même un problème avec ce genre de bio, d'abord parce que c'est toujours très mal écrit et surtout parce que ça se périme vite si tant est que le joueur poursuive sa carrière pendant quelques années après (ce qui est le cas de Thuram). D'autant que le moins qu'on puisse dire est que Thuthu a pris une sacrée autre ampleur depuis deux, trois ans...
commentaire n° : 9 posté par : Thom (site web) le: 22/01/2008 12:30:17
c'est vrai, mais dans mes souvenirs de cette lecture, on sentait deja le joueur pas trop con dans sa tête ^^
commentaire n° : 10 posté par : Pyrox (site web) le: 22/01/2008 13:07:41
J'ai connu Little Bob à ses débuts en pleine vague punk avec son groupe Little Bob Story. A cette époque, il fallait oser chanter le rock&roll face à la furie destroy. Depuis, il a fait cavalier seul mais son perfecto de rocker qu'il a endossé au début de sa carrière ne l'a jamais quitté depuis.
commentaire n° : 11 posté par : Jean-Paul (site web) le: 26/01/2008 18:01:05
Little Bob et Le Golb...c'est une longue histoire d'amour ! Qui a dit que le rock'n'roll était né en Amérique...? ;-)
commentaire n° : 12 posté par : Thom (site web) le: 27/01/2008 01:54:22
OUPS : ERRATUM : j'ai écrit que Nico Garotin fut batteur de LBS de 82 à 97...il fallait bien sûr lire 82 à 87 !!!!!!!!!
Je l'écris vite fait ici, parce que sinon je vais oublier de rectifier (vue l'heure).
Je l'écris vite fait ici, parce que sinon je vais oublier de rectifier (vue l'heure).
commentaire n° : 13 posté par : Thom (site web) le: 27/01/2008 01:56:12





