Entre les murs (François Bégaudeau, France, 2006)
L'enseignement a souvent nourri mon ancien Journal du dépressif. Sur ce sujet j'ai écrit des textes différents, certains drôles, d'autres mélancoliques, d'autres carrément sombres. Je ne sais pas s'ils sont tous réussis. Ce qui est certain, c'est que comme tout aspirant écrivain l'ayant cotoyé de près ou de loin (et dieu sait que nous sommes nombreux dans ce cas) je me suis toujours dit que le milieu scolaire, à l'instar de tout microcosme, gagnerait à être étudié en profondeur. Puis à être littératurisé. Pourtant bizarrement rares sont les romanciers à avoir pris le sujet à bras le corps. Je crois en soupçonner le pourquoi : d'une certaine manière je crois que tous, dans une plus ou moins grande mesure, nous respectons trop cette vocation pour la soumettre à une telle épreuve. Manque de recul probable, mais comment ne pas noter que même le plus illustre de tous les profs-écrivains, Monsieur Pennac en personne, n'a finalement jamais évoqué le milieu scolaire que de manière détournée (« Comme un roman » a beau être comme un roman ça n'en demeure pas moins un essai - aux dernières nouvelles) ?
Bref : la France attend encore son grand roman sur l'enseignement. J'aurais pu songer à l'écrire un jour. Néanmoins j'ai été devancé par François Bégaudeau - et tout à fait honnêtement j'ignore si c'est une bonne nouvelle (pour mon ex-corporation comme pour la littérature). Qu'importe : « Entre les murs » ne pouvait que m'intriguer. Rarement j'ai empoigné un livre avec aussi peu d'a priori, dans la mesure où je ne connaissais strictement rien de l'auteur. Mis à part sa chronique de livres dans La Matinale de Canal, moment où en général j'allume ma première cigarette en baillant et me disant que si d'aventure on me confiait dix minutes hebdos pour parler bouquins...je ne perdrai sans doute pas ce précieux temps à évoquer des petits essais à la con et des livres ovnis dénués du moindre intérêt littéraire. Enfin je dis ça : paraît que le mec est agrégé. Doit donc s'y connaître (boutade - voire double boutade).
Dans « Entre les murs »,
François Bégaudeau évoque donc son expérience de professeur de lettres dans un collège sensible. J'insiste sur le mot expérience - ça ne signifie pas nécessairement que son texte soit
autobiographique (et à vrai dire on ne le lui souhaite pas). Peut-être l'est-il, d'ailleurs. Mais on n'en sait rien. En revanche on peut raisonnablement supposer qu'après des années d'exercice de
ce métier l'auteur ne s'est pas tapé en prime trois ans de documentation pour sortir du cadre de son expérience sur un sujet qu'il était supposé maîtriser. Il aurait peut-être dû. Car aujourd'hui
ma pire crainte est que ce livre tombe entre les mains de parents d'élèves non-informés qui se prendraient à croire que les enseignants sont tous comme ceux décrits dans le livre de Bégaudeau. A
savoir des gens n'ayant globalement rien à foutre de leur job et bossant plus ou moins en dilettantes, passant leur vie à boire du café et n'ayant aucune vocation profonde sinon celle de survivre
en milieu hostile. Quand j'enseignais en collège, je n'ai jamais caché que je n'aimais pas franchement ça (certains d'entre vous s'en souviennent sûrement). Pour autant j'ai vécu aussi de bons
moments, des choses fortes, des choses qui avaient un sens. Rien de tout cela ici. Les profs sont des gens qui viennent bêtement pointer, ne font preuve ni de passion ni d'espoir - limite des
machines. Caricature tout à fait répandue, on en conviendra. Venant d'un ancien enseignant cela dit...c'est tout de même un peu plus fâcheux. Pour ne pas dire carrément révoltant. Car bien
entendu il est probable que ce soit sa propre image d'enseignant que Bégaudeau inflige à l'intégralité des profs du pays. Et cette manière de voir les choses par le petit bout de sa lorgnette
personnelle est confondante de médiocrité ; le nombrilisme en soi est agaçant. Le nombrilisme se parant des oripeaux de l'analyse sociétale ouverte sur les autres est à la limite du supportable.
Sans doute Bégaudeau voulait-il faire de l'humour, mais alors si c'est le cas autant qu'il arrête tout de suite ce créneau pour se reconvertir à temps plein dans la chronique de livres
inintéressants sur Canal +. Parce que non seulement « Entre les murs » n'est quasiment jamais drôle, mais en plus le grand livre encensé par France Culture et Télérama s'avère,
littérairement et esthétiquement parlant, du niveau d'une sitcom AB Production. Mal joué, mal construit, mal mis en scène.
Mais encore ? Eh bien...« Entre les murs » se révèle être un livre particulièrement irritant, ce dès les premières pages. Rarement aurais-je ressenti un sentiment de rejet si viscéral dès les premières phrases d'un bouquin (d'ailleurs j'ai failli ne pas le finir). Ce passage de pré-rentrée est pathétique - au sens littéral du mot : il tire des larmes. Une pré-rentrée n'est jamais rigolote, bien entendu. C'est même plutôt chiant. 99 % des profs vous le diront (peut-être même 100 % !). De là à en faire une tragédie grecque ou pas loin, avec des enseignants qui avant même d'avoir vu poindre le début du commencement d'un gosse avancent comme des poules vers l'abattoir...n'exagérons rien ! Ceci dit reconnaissons néanmoins à ce passage d'être un excellent incipit : il donne le ton du roman à venir avec une rare justesse. De fait, durant les deux cents soixante pages à venir Bégaudeau va en faire des caisses et des caisses et des caisses...quitte à réduire en bouillie l'argument pseudo-réaliste dont il se sert pour nous fourguer sa daube.
Car le mot daube, qu'on emploie pourtant rarement par ici, est en l'occurrence plus qu'approprié. « Entre les murs » daube dans tous les sens du terme, idéologiquement comme littérairement parlant. Ecriture sèche faussement désinvolte (et au demeurant d'une démagogie à pleurer dans sa volonté jeuniste de verser dans le langage parlé le plus superficiel), propos prétendument tragicomique (selon le quatrième de couv) mais suintant surtout le mépris et la condescendance - pour les enseignants comme pour leurs élèves. Au bout d'un moment un des gamins demande au narrateur pourquoi il passe son temps à les vanner. Autant vous dire qu'il m'a ôté les mots de la bouche - ça faisait en effet quelque temps déjà que je ne pouvais plus supporter cette obsession de la formule facile particulièrement improbable (un prof en ZEP qui passerait la moitié des ses cours à casser méchamment ses élèves ? on y croit !).
Le plus bel exemple de ce mépris étant sans doute cette manie curieuse de désigner les élèves par leurs fringues. Une citation ? Tenez :
« Hadia qu'est-ce que tu nous proposes ?
Boucles d'oreilles en plastique noir tachetées de cœurs roses. »
En voici une au pif. Il y en a plus d'une quarantaine sur l'ensemble du livre. Le simple gimmick est en lui-même épuisant. Ce qu'il provoque plus ou moins volontairement est intolérable dans un tel contexte. On appelle cela la déshumanisation, et c'est juste à vomir. Notez que de ce point de vue le titre est plutôt bien choisi : on ne sort effectivement jamais de l'enceinte du collège. C'est tout le problème : dans cette succession de saynètes dépourvues du moindre liant narratif aucun personnage ne se démarque réellement, les élèves sont interchangeables, les profs aussi, et à vrai dire la plupart du temps seuls les prénoms (à consonance forcément étrangère pour les premiers, bien français pour les seconds) permettent de différencier les uns des autres - dans la mesure où ils parlent tous de la même manière pour dire des trucs d'un égal inintérêt.
Alors bien sûr il y a quelques passages où l'on pourra sourire...comme par exemple celui où le narrateur passe une demi-heure à essayer d'expliquer la règle d'après que... + indicatif avant d'abandonner en admettant que personne ne la connaît et que finalement ce n'est pas très important. Tous les profs de français ont vécu au moins une fois ce genre de grand moment de solitude à essayer d'expliquer une règle de grammaire absolument illogique à des élèves s'en rendant compte assez vite. Est-ce assez pour faire un livre ? Certainement pas. C'est plutôt marrant (le mot drôle serait trop fort) ; c'est surtout très facile. Du reste ça n'amusera guère que des profs, et c'est là tout le paradoxe du livre : il est terriblement ciblé sur une catégorie socio-professionnelle qu'il insulte quasiment du début à la fin. On admettra que le procédé n'est pas courant !
Du coup...qu'en conclure ? Rien. Parce que de toute façon, que ce soit dans le fond ou dans la forme, « Entre les murs » n'est pas loin du néant absolu. Au mieux il s'agit du livre bien intentionné d'un paresseux confondant détachement et superficialité. Au pire d'un ouvrage qui, en ces temps de remise en cause permanente des enseignants, mériterait de subir le même sort que le fameux bouquin de Ferry adressé aux profs. Dans un cas comme dans l'autre...c'est non seulement à fuir, mais carrément à bannir de toute LAL.
le genre : minable
la note :
CE QU'EN PENSE SYLVIE
...
Commentaires
Je reconnais avoir un sens de l'humour particulièrement... particulier, ceci dit ;o)
Maintenant tout le monde dit que le "Jagger" est excellent, donc peut-être me laisserai-je tenter à l'occasion.
Cuné >>> bah en fait...je serais extrêmement hypocrite si je disais que ma propre expérience n'a pas interféré dans ma lecture. Disons qu'à mon max d'objectivité, il n'y a rien qui soit vraiment truqué, la plupart des situations est plutôt bien vue...mais c'est vraiment la manière dont il utilises ces situations qui m'a posé un gros problème. C'est peut-être une réaction bassement corporatiste de ma part, bien sûr...Ce qui est sûr, c'est qu'il manque l'essentiel dans ce livre. La foi, la passion...la seule chose dont j'ai été sûr à la fin, c'est que Bégaudeau n'aimait pas ce métier quand il le faisait. Et si je voulais résumer les choses sommairement, je dirais qu' "Entre les murs" est un livre relativement réussi sur le milieu scolaire, et pas du tout sur l'enseignement... :-S
Cela dit, ta remarque est vraiment intéressante, je veux dire le "j'ai un souvenir en tant qu'élève et pour mes enfants..." ...parce que ce serait justement mon plus gros reproche : quitte à écrire un livre sur le sujet quand on est un auteur si médiatique, on aurait été en droit d'attendre de FB qu'il propose une vision différente de ce que les gens connaissent déjà, via leurs expériences d'élèves, de parents, ou via les médias...or il fait tout l'inverse, il est même parfois à la limite d'enfoncer les portes ouvertes (sur les écarts de langue, les questions culturelles dans les collèges sensibles, etc, etc, etc.). Ca, c'est vraiment dommage, parce qu'il y avait matière à faire tellement plus...
Quant à l'humour...bon, on a des humours différents, ça ne vient pas de sortir :D Dans le meilleur des cas j'ai souri, le plus pathétique (pour moi) étant que j'ai le plus souvent souri quand le narrateur casse ses élèves (peut-être parce qu'il réalise un fantasme que je n'ai jamais pu assouvir ? ;-))
(désolé pour l'énorme réponse !!!)
Mais attends...tu en avais posté une critique ? J'ai cherché, mais je n'ai trouvé que celle de Sylvie. Si oui, tu peux filer le lien, je rajoute de suite :)
Voilà une vraie critique argumentée! Je n'ai pas lu le livre mais ma soeur (enseignante également) m'en a longuement parlé, ces remarques étaient à peu près semblables.
J'ai le souvenir d'avoir eu des profs extras et des"plus maladroits" faisant de leur mieux.
Ceci étant je ne peux pas m'empêcher de penser que même si l'éducation nationale manque de postes et d'un ministère digne de ce nom, nous manquons aussi d'enseignants conscients de la responsabilité qu'ils ont pour l'avenir de nos petits.
PS : tu commences à fumer si tôt que ça ? Bouh ! ;-)
(je blague, je blague...du calme les lecteurs agressifs)
Cuné >>> de la science-fiction ? Ah oui tiens...c'est vrai, il y a presque un côté "Cube" dans ce livre ! Et le pire...c'est que je pense ce que je viens d'écrire :-)
Celui qui >>> ...du panache ? Si vous le dites...
Tamara >>> bah oui...en même temps les bouquins qu'il conseille sont vraiment limite limite limite...on a l'impression qu'il parle de gadgets, c'est un peu un camelot ce mec. Le pire c'est qu'il en parle vachement bien la plupart du temps !
Fashion >>> c'est vrai qu'elle est trop sympa Bellemaman ! Bon alors, c'est quoi ce bouquin, qu'on se bidonne ? ;-)
BBB.
BBB. >>> AH MAIS OUI ! Non mais en fait, j'en avais trop marre des appels du pied de Verticales, j'ai voulu taper un grand coup :-))
Plus sérieusement je vous répondrai...: même pas peur ! Ca fait partie du jeu, et effectivement, ça fait quelques temps que je me dis qu'un jour où l'autre les coups de lattes vont être violents. On verra à ce moment-là ;=)
Sinon, ce livre...? Vous l'avez lu ?
BBB.
BBB. >>> intéressant point de vue...je n'aurais pas pensé en ce sens, mais maintenant que vous le dites...c'est tout à fait juste.
Tout dans le livre m'a agacée, ses vannes, les profs réduits à des gens qui ne pensent qu'à compter le nombre de jours de travail et à parler de la photocopieuse,...
Avec ce livre j'ai eu l'impression d'un coup médiatique facile à l'encontre des enseignants et d'une expérience, au sens scientifique, pour lui !
Une expérience scientifique...? Encore un point de vue intéressant. Enfin cela dit...c'est faire trop d'honneur à un livre aussi peu précis, aussi léger dans l'analyse et aussi faiblard dans le simple report des faits :-S
BBB.
(c'est l'enseignante, qui parle :)
C'est vrai que ces descriptions d'élèves par leurs vêtements et ces remarques assassines sont assez déroutantes.
Mais si beaucoup de profs croient en ce qu'ils font, je pense que ce;livre a le mérite de montrer, certainement maladroitement, qu'il n'est pas uniquement une vocation, comme beaucoup le croit, mais aujourd'hui aussi un moyen pour beaucoup de faire bouillir la marmite.
J'ai l'impression qu'il a voulu donner un coup de contre-balancier face aux personnes qui considèrent ce métier comme le plus beau métier du monde.
Maintenant, il est vrai que ce livre a des côtés parfois désagréables.
Sandra >>> effectivement, pas mal de clichés. C'est peu de dire qu'on aurait pu espérer d'un auteur aussi connu qu'il les pourfende plutôt que de les renforcer.
Cathe >>> Un chouchou ? Blondel ? Attends...mais comment se fait-il que je n'en ai jamais entendu parler ? ;-)
Il se trouve que je suis mère de trois enfants qui sont ou sont passés au collège (ZEP), et que par mon travail je côtoie des enseignants et des élèves (ZEP). Bref, je connais ce milieu (élèves et profs) mais hors les murs, et j'ai lu ce livre par curiosité, pour son titre "entre les murs", j'avais envie de savoir ce qui se passait dedans...Il aurait du titrer '"dans le mur"! on aurait été prévenu.
Comme tu le sais, j'ai été attristée par la lecture de ce livre, parce que malgré ce que vous dites ici, c'est sans doute un part non négligeable de réalité qui est transcrite dans ce livre.
Mais ce qui est carrément désespérant, c'est l'attitude du narrateur et de ses collègues par rapport à cette réalité.
Bref, j'avais compris en refermant le livre que l'auteur devait vite trouver autre chose à faire que ce métier, tant pour lui que pour ses élèves, j'apprend ici que c'est chose faite, et c'est tant mieux!
Tout aussi minable et à 40.000 lieues du Golb, Libellus est ouvert aujourd'hui.
Pour le crossover, j'ai posé des marques !
Thom, génie ! tu auras réussi à me faire ouvrir un blog...
le temps d'une chanson
;) comme on dit en blog
jdm >>> si le crossover a servi au moins à cela...nous voilà ravis !
Dans Entre les murs, il y a un point de vue. Que l'on aime ou pas.
Il y a évidemment quelque chose d'irritant dans le livre. C'est plus, pour moi, la tendance de Begaudeau à se donner le beau rôle.
Ceci dit, son livre Jouer Juste était vraiment intéressant. Mick Jagger, un démocrate, un peu moins à mon goût...
Sinon, puisque personne ne l'a rappelé, Bégaudeau est aussi une des plumes les plus intéressantes des Cahiers du cinéma actuellement.
Et pour info, Entre les murs vient d'être adapté au cinéma par Bégaudeau et Laurent Cantet (Ressources humaines, L'emploi du temps), avec le romancier dans le rôle principal justement... Le fait qu'il joue "son propre rôle" (?) inquiète un peu, mais le talent de Cantet (notamment quand il dirige des non-professionnels, ce que serons, je suppose, une bonne partie des élèves) fait que je suis assez curieux de voir le résultat de cette adaptation...
Mon avis (qui n'engage que moi), c'est que l'un ne va pas sans l'autre. En effet rien oblige l'auteur écrivant ce livre à être fidèle à la réalité - l'exigeance de réalité, ça n'entre pas dans le crritère pour évaluer un livre. Cela dit, la manière dont un auteur utilise la réalité doit être, à mon avis, analysée au même titre que ce rendu. Donc, si Bégaudeau utilise la réalisé d'un milieu pour faire de l'idéologie (apparemment, c'est le cas), cela ne doit-il pas être évoqué dans la critique ?
Simples interrogations.
Ce qui m'a surtout profondément déplu, un peu comme toi, c'est sa façon de vanner systématiquement les élèves... je ne vois vraiment pas l'intérêt, et je trouve que ça fonctionne assez mal.
Un prof, dans une classe difficile et devant des jeunes de banlieues, qui vanne à tour de bras... pourquoi pas... ça aurait pu être marrant... mais ici, c'est juste pathétique.
Un prof qui ne se laisse pas marcher dessus, qui a de la répartie, ça aurait pu être pas mal... mais là, c'est assez emmerdant voire même malsain, parce qu'il ne se contente pas d'avoir de la répartie et de se faire respecter, il provoque bêtement ses élèves...
Comme tu le notes très justement, ça ne dit quasiment rien de la relation prof-élève, on observe juste un prof caractériel et irritant face à une classe d'abrutis... sans que ça ne donne de situations vraiment marrantes.
Ce n'est pas un prof "étonnant", et encore moins un prof auquel on peut s'identifier, parce qu'on ne cesse de se dire qu'en fin de compte, il est aussi immature que ses élèves... c'est juste un type qui est prof et qui ne sait pas trop pourquoi... et nous encore moins... on ne cesse de se dire en lisant ce livre "mais change de boulot, abruti, tu t'emmerdes, tu emmerdes les élèves, et surtout, tu nous emmerdes..."
Je ne comprends vraiment pas pourquoi il semble que tant de profs ont aimé ce bouquin... à mon avis, ce sont des profs flippés et malsains, qui aimeraient passer leur temps à envoyer chier leurs élèves comme Bégaudeau, et se défoulent en lisant ce livre qui réalise ce fantasme idiot, sans humour ni distance...
Je crois que je trouve finalement le clip de Justice moins déplaisant que ce bouquin :-)
Je pense aussi...vu que je l'ai moi-même suggéré dans un commentaire un peu plus haut :-)
Mais attends, rassure-toi, je n'ai pas rencontré tant de profs que ça qui avaient aimé "Entre les murs". Ce sont surtout les journalistes qui l'ont adoré ! Ca leur donne tant de grain à moudre...
Enfin...ne jetons pas le bébé avec l'eau du bain : Cantet est, du moins à mon sens, l'un des tous meilleurs cinéastes français en activité. Il est peut-être parvenu à tirer quelques chose du livre. Et puis le bon côté du cinéma, c'est qu'en présence d'acteurs le côté impersonnel et déshumanisé ne peut que s'atténuer...
Tout le monde a apparemment salué ce film, Sean Penn le premier. De ce que j'ai pu voir, il n'y a plus dans le long métrage cette volonté de "casser" gratuitement les élèves. Il ne me reste plus qu'à lire le livre et voir le film pour me faire ma propre opinion. ;)
Le bon côté des choses c'est que cette Palme d'Or va faire exploser mes stats !!! ;-)
En ce qui me concerne...ce que je disais ce matin tient toujours :
"Cantet est, du moins à mon sens, l'un des tous meilleurs cinéastes français en activité. Il est peut-être parvenu à tirer quelques chose du livre. Et puis le bon côté du cinéma, c'est qu'en présence d'acteurs le côté impersonnel et déshumanisé ne peut que s'atténuer..."
Je maintiens. Et j'ajoute que dans les récentes interviews, Bégaudeau était bien moins arrogant que pour le livre, reconnaissant que c'était une expérience parmi d'autres. Par conséquent...wait & see ! Je ne vais pas clouer au pilori un film que je n'ai pas vu - ce n'est pas le genre de la maison. Ca ne change rien à mon point de vue sur le livre, néanmoins j'irai voir ce film et je dirai ce que j'en pense, sans a priori et avec le moins de mauvaise foi possible :-)
nous verrons bien, donc - j'ai bcp, bcp aimé "Ressources humaines" et "L'emploi du temps" et je crois aussi qu'au cinéma,cela peut-être différent...c'est vrai qu'entendre l'acteur principal parler aujourd'hui de son métier semble parfois très loin du ressenti qu'on peut avoir la lecture...mais moi non plus, je ne change pas d'avis sur le bouquin.
D'ailleurs...ce bouquin diversement apprécié, "This is not a love song"...en fait, il est de moi ! Et pas de toi ! Ce qui explique tout, soudain (fou rire).
A bientôt, Jp !
Ah je me rappelle avoir lu ce billet il y a qq semaines lors de mes longues nuits d'insomnie et du coup, c'est la première chose à laquelle j'ai pensé en entendant le palmarès hier soir :D Et surtout que le temps des palmes avec des vrais films de cinéma (pas des docu-fiction grisâtres) est vraiment loiiiin... Très loiiin... Enfin pour le moment, faut se contenter de la bande-annonce puisque le film sort en octobre si j'ai bien suivi. Ca nous fait une belle jambe qu'elle soit française cette palme, putain.







Ah bon ? Et ma critique de "Un démocrate : Mick Jagger" , tu l'as commentée sans la lire ? ;)
Sinon...Rien à dire. Là, théoriquement, plus un seul blogueur ne lira Bégaudeau avant très longtemps. Le pauvre, heureusement qu'il fait des chroniques, à la télé :)