Les notes du Golb

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   Oxxxxx
    Sans façon !

   OOxxxx
    Bof...

   OOOxxx
    Eventuellement...

   OOOOxx
    Volontiers.

   OOOOOx
    Avec plaisir !

   OOOOOO
    Sans la moindre
    hésitation !!!
...

Ne m'écrivez pas

 
...je ne cherche pas, en effet, à me faire des amis...

...cependant, en cas de force majeure...
....
 ATTENTION NEANMOINS : nous nous réservons le droit de décider du caractère profondément majeur de votre cas de force majeure. Ou pas.
Vendredi 21 mars 2008

 

Entre les murs (François Bégaudeau, France, 2006)

 

 

L'enseignement a souvent nourri mon ancien Journal du dépressif. Sur ce sujet j'ai écrit des textes différents, certains drôles, d'autres mélancoliques, d'autres carrément  sombres. Je ne sais pas s'ils sont tous réussis. Ce qui est certain, c'est que comme tout aspirant écrivain l'ayant cotoyé de près ou de loin (et dieu sait que nous sommes nombreux dans ce cas) je me suis toujours dit que le milieu scolaire, à l'instar de tout microcosme, gagnerait à être étudié en profondeur. Puis à être littératurisé. Pourtant bizarrement rares sont les romanciers à avoir pris le sujet à bras le corps. Je crois en soupçonner le pourquoi : d'une certaine manière je crois que tous, dans une plus ou moins grande mesure, nous respectons trop cette vocation pour la soumettre à une telle épreuve. Manque de recul probable, mais comment ne pas noter que même le plus illustre de tous les profs-écrivains, Monsieur Pennac en personne, n'a finalement jamais évoqué le milieu scolaire que de manière détournée (« Comme un roman » a beau être comme un roman ça n'en demeure pas moins un essai - aux dernières nouvelles) ?

 

Bref : la France attend encore son grand roman sur l'enseignement. J'aurais pu songer à l'écrire un jour. Néanmoins j'ai été devancé par François Bégaudeau - et tout à fait honnêtement j'ignore si c'est une bonne nouvelle (pour mon ex-corporation comme pour la littérature). Qu'importe : « Entre les murs » ne pouvait que m'intriguer. Rarement j'ai empoigné un livre avec aussi peu d'a priori, dans la mesure où je ne connaissais strictement rien de l'auteur. Mis à part sa chronique de livres dans La Matinale de Canal, moment où en général j'allume ma première cigarette en baillant et me disant que si d'aventure on me confiait dix minutes hebdos pour parler bouquins...je ne perdrai sans doute pas ce précieux temps à évoquer des petits essais à la con et des livres ovnis dénués du moindre intérêt littéraire. Enfin je dis ça : paraît que le mec est agrégé. Doit donc s'y connaître (boutade - voire double boutade).

 

 

entrelesmurs-copie-1.jpgDans « Entre les murs », François Bégaudeau évoque donc son expérience de professeur de lettres dans un collège sensible. J'insiste sur le mot expérience - ça ne signifie pas nécessairement que son texte soit autobiographique (et à vrai dire on ne le lui souhaite pas). Peut-être l'est-il, d'ailleurs. Mais on n'en sait rien. En revanche on peut raisonnablement supposer qu'après des années d'exercice de ce métier l'auteur ne s'est pas tapé en prime trois ans de documentation pour sortir du cadre de son expérience sur un sujet qu'il était supposé maîtriser. Il aurait peut-être dû. Car aujourd'hui ma pire crainte est que ce livre tombe entre les mains de parents d'élèves non-informés qui se prendraient à croire que les enseignants sont tous comme ceux décrits dans le livre de Bégaudeau. A savoir des gens n'ayant globalement rien à foutre de leur job et bossant plus ou moins en dilettantes, passant leur vie à boire du café et n'ayant aucune vocation profonde sinon celle de survivre en milieu hostile. Quand j'enseignais en collège, je n'ai jamais caché que je n'aimais pas franchement ça (certains d'entre vous s'en souviennent sûrement). Pour autant j'ai vécu aussi de bons moments, des choses fortes, des choses qui avaient un sens. Rien de tout cela ici. Les profs sont des gens qui viennent bêtement pointer, ne font preuve ni de passion ni d'espoir - limite des machines. Caricature tout à fait répandue, on en conviendra. Venant d'un ancien enseignant cela dit...c'est tout de même un peu plus fâcheux. Pour ne pas dire carrément révoltant. Car bien entendu il est probable que ce soit sa propre image d'enseignant que Bégaudeau inflige à l'intégralité des profs du pays. Et cette manière de voir les choses par le petit bout de sa lorgnette personnelle est confondante de médiocrité ; le nombrilisme en soi est agaçant. Le nombrilisme se parant des oripeaux de l'analyse sociétale ouverte sur les autres est à la limite du supportable. Sans doute Bégaudeau voulait-il faire de l'humour, mais alors si c'est le cas autant qu'il arrête tout de suite ce créneau pour se reconvertir à temps plein dans la chronique de livres inintéressants sur Canal +. Parce que non seulement « Entre les murs » n'est quasiment jamais drôle, mais en plus le grand livre encensé par France Culture et Télérama s'avère, littérairement et esthétiquement parlant, du niveau d'une sitcom AB Production. Mal joué, mal construit, mal mis en scène.

 

 

Mais encore ? Eh bien...« Entre les murs » se révèle être un livre particulièrement irritant, ce dès les premières pages. Rarement aurais-je ressenti un sentiment de rejet si viscéral dès les premières phrases d'un bouquin (d'ailleurs j'ai failli ne pas le finir). Ce passage de pré-rentrée est pathétique - au sens littéral du mot : il tire des larmes. Une pré-rentrée n'est jamais rigolote, bien entendu. C'est même plutôt chiant. 99 % des profs vous le diront (peut-être même 100 % !). De là à en faire une tragédie grecque ou pas loin, avec des enseignants qui avant même d'avoir vu poindre le début du commencement d'un gosse avancent comme des poules vers l'abattoir...n'exagérons rien ! Ceci dit reconnaissons néanmoins à ce passage d'être un excellent incipit : il donne le ton du roman à venir avec une rare justesse. De fait, durant les deux cents soixante pages à venir Bégaudeau va en faire des caisses et des caisses et des caisses...quitte à réduire en bouillie l'argument pseudo-réaliste dont il se sert pour nous fourguer sa daube.

 

Car le mot daube, qu'on emploie pourtant rarement par ici, est en l'occurrence plus qu'approprié. « Entre les murs » daube dans tous les sens du terme, idéologiquement comme littérairement parlant. Ecriture sèche faussement désinvolte (et au demeurant d'une démagogie à pleurer dans sa volonté jeuniste de verser dans le langage parlé le plus superficiel), propos prétendument tragicomique (selon le quatrième de couv) mais suintant surtout le mépris et la condescendance - pour les enseignants comme pour leurs élèves. Au bout d'un moment un des gamins demande au narrateur pourquoi il passe son temps à les vanner. Autant vous dire qu'il m'a ôté les mots de la bouche - ça faisait en effet quelque temps déjà que je ne pouvais plus supporter cette obsession de la formule facile particulièrement improbable (un prof en ZEP qui passerait la moitié des ses cours à casser méchamment ses élèves ? on y croit !).

 

Le plus bel exemple de ce mépris étant sans doute cette manie curieuse de désigner les élèves par leurs fringues. Une citation ? Tenez :

 

« Hadia qu'est-ce que tu nous proposes ?

        Boucles d'oreilles en plastique noir tachetées de cœurs roses. »

 

En voici une au pif. Il y en a plus d'une quarantaine sur l'ensemble du livre. Le simple gimmick est en lui-même épuisant. Ce qu'il provoque plus ou moins volontairement est intolérable dans un tel contexte. On appelle cela la déshumanisation, et c'est juste à vomir. Notez que de ce point de vue le titre est plutôt bien choisi : on ne sort effectivement jamais de l'enceinte du collège. C'est tout le problème : dans cette succession de saynètes dépourvues du moindre liant narratif aucun personnage ne se démarque réellement, les élèves sont interchangeables, les profs aussi, et à vrai dire la plupart du temps seuls les prénoms (à consonance forcément étrangère pour les premiers, bien français pour les seconds) permettent de différencier les uns des autres - dans la mesure où ils parlent tous de la même manière pour dire des trucs d'un égal inintérêt.

 

 

Alors bien sûr il y a quelques passages où l'on pourra sourire...comme par exemple celui où le narrateur passe une demi-heure à essayer d'expliquer la règle d'après que... + indicatif avant d'abandonner en admettant que personne ne la connaît et que finalement ce n'est pas très important. Tous les profs de français ont vécu au moins une fois ce genre de grand moment de solitude à essayer d'expliquer une règle de grammaire absolument illogique à des élèves s'en rendant compte assez vite. Est-ce assez pour faire un livre ? Certainement pas. C'est plutôt marrant (le mot drôle serait trop fort) ; c'est surtout très facile. Du reste ça n'amusera guère que des profs, et c'est là tout le paradoxe du livre : il est terriblement ciblé sur une catégorie socio-professionnelle qu'il insulte quasiment du début à la fin. On admettra que le procédé n'est pas courant !

 

Du coup...qu'en conclure ? Rien. Parce que de toute façon, que ce soit dans le fond ou dans la forme, « Entre les murs » n'est pas loin du néant absolu. Au mieux il s'agit du livre bien intentionné d'un paresseux confondant détachement et superficialité. Au pire d'un ouvrage qui, en ces temps de remise en cause permanente des enseignants, mériterait de subir le même sort que le fameux bouquin de Ferry adressé aux profs. Dans un cas comme dans l'autre...c'est non seulement à fuir, mais carrément à bannir de toute LAL.

 

 

le genre :    minable

 

la note :   

 

(et là...je regrette amèrement de ne pas avoir accepté l'offre de Kiki de me concevoir une jauge pour le zéro pointé)

 

 

 

        CE QU'EN PENSE SYLVIE 

... 

 

par Thom publié dans : Lectures
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Commentaires

je ne connaissais strictement rien de l'auteur. Mis à part sa chronique de livres dans La Matinale de Canal

Ah bon ? Et ma critique de "Un démocrate : Mick Jagger" , tu l'as commentée sans la lire ? ;)

Sinon...Rien à dire. Là, théoriquement, plus un seul blogueur ne lira Bégaudeau avant très longtemps. Le pauvre, heureusement qu'il fait des chroniques, à la télé :)
commentaire n° : 1 posté par : laiezza (site web) le: 21/03/2008 16:30:06
Merde, moi j'ai souvent ri en le lisant. Avec un effroi fasciné, mais vraiment ri, et même lu à voix haute des passages (surtout effectivement les dialogues en cours de français avec les élèves.) Je ne suis pas prof (je ne suis rien d'ailleurs), mais j'ai des vagues souvenirs du collège en tant qu'élève (à la préhistoire), et 4 enfants qui y sont passés (dont un qui y est encore).

Je reconnais avoir un sens de l'humour particulièrement... particulier, ceci dit ;o)
commentaire n° : 2 posté par : Cune (site web) le: 21/03/2008 16:45:25
Laiezza >>> mouais. Honnêtement, s'il y en a bien un que je ne vais pas plaindre, c'est le pauvre Bégaudeau. Entre Canal et Première, il est en train de devenir le nouveau Beigbeder - la caution Télérama en plus. Alors vraiment...le pauvre, c'est exagéré.
Maintenant tout le monde dit que le "Jagger" est excellent, donc peut-être me laisserai-je tenter à l'occasion.

Cuné >>> bah en fait...je serais extrêmement hypocrite si je disais que ma propre expérience n'a pas interféré dans ma lecture. Disons qu'à mon max d'objectivité, il n'y a rien qui soit vraiment truqué, la plupart des situations est plutôt bien vue...mais c'est vraiment la manière dont il utilises ces situations qui m'a posé un gros problème. C'est peut-être une réaction bassement corporatiste de ma part, bien sûr...Ce qui est sûr, c'est qu'il manque l'essentiel dans ce livre. La foi, la passion...la seule chose dont j'ai été sûr à la fin, c'est que Bégaudeau n'aimait pas ce métier quand il le faisait. Et si je voulais résumer les choses sommairement, je dirais qu' "Entre les murs" est un livre relativement réussi sur le milieu scolaire, et pas du tout sur l'enseignement... :-S
Cela dit, ta remarque est vraiment intéressante, je veux dire le "j'ai un souvenir en tant qu'élève et pour mes enfants..." ...parce que ce serait justement mon plus gros reproche : quitte à écrire un livre sur le sujet quand on est un auteur si médiatique, on aurait été en droit d'attendre de FB qu'il propose une vision différente de ce que les gens connaissent déjà, via leurs expériences d'élèves, de parents, ou via les médias...or il fait tout l'inverse, il est même parfois à la limite d'enfoncer les portes ouvertes (sur les écarts de langue, les questions culturelles dans les collèges sensibles, etc, etc, etc.). Ca, c'est vraiment dommage, parce qu'il y avait matière à faire tellement plus...
Quant à l'humour...bon, on a des humours différents, ça ne vient pas de sortir :D Dans le meilleur des cas j'ai souri, le plus pathétique (pour moi) étant que j'ai le plus souvent souri quand le narrateur casse ses élèves (peut-être parce qu'il réalise un fantasme que je n'ai jamais pu assouvir ? ;-))

(désolé pour l'énorme réponse !!!)

Mais attends...tu en avais posté une critique ? J'ai cherché, mais je n'ai trouvé que celle de Sylvie. Si oui, tu peux filer le lien, je rajoute de suite :)
commentaire n° : 3 posté par : Thom (site web) le: 21/03/2008 17:04:09

Voilà une vraie critique argumentée! Je n'ai pas lu le livre mais ma soeur (enseignante également) m'en a longuement parlé, ces remarques étaient à peu près semblables.
J'ai le souvenir d'avoir eu des profs extras et des"plus maladroits" faisant de leur mieux.
Ceci étant je ne peux pas m'empêcher de penser que même si l'éducation nationale manque de postes et d'un ministère digne de ce nom, nous manquons aussi d'enseignants conscients de la responsabilité qu'ils ont pour l'avenir de nos petits. 

commentaire n° : 4 posté par : R. (site web) le: 21/03/2008 17:20:13
Non, non, je n'ai rien rédigé au sujet de ce livre, juste lu pour moi, bien après son tapage médiatique. (Cet été, je crois). Je suis d'accord avec l'enfonçage de portes ouvertes, et sur le fait que le narrateur n'aime pas ce milieu, je l'ai pris comme une posture initiale, ça ne m'a pas gênée. Mais je dois préciser aussi que je l'ai pris comme de la fiction, voire de la science-fiction, pas comme une étude de terrain des collèges les plus problématiques. (C'est ce que j'avais envie de croire, disons. Parce que sinon tu te tires une balle !)
commentaire n° : 5 posté par : Cune (site web) le: 21/03/2008 17:37:05
quel panache !
commentaire n° : 6 posté par : Celui qui disait après qu'il a lu votre chronique : le: 21/03/2008 17:54:53
Heureusement que tu précises que c'est le type de La Matinale (vu ma mémoire des noms). Parce que je n'ai JAMAIS noté UN seul bouquin à la suite de ses chroniques littéraires : nous n'avons manifestement pas du tout les mêmes goûts... Du coup, je vais éviter ses propres bouquins qui sont certainement au sien (de goût).

PS : tu commences à fumer si tôt que ça ? Bouh ! ;-)
commentaire n° : 7 posté par : Tamara (site web) le: 21/03/2008 18:23:23
Pas lu, je fuis ce genre de roman comme la peste (on se demande bien pourquoi:))). J'avais commencé il y a longtemps "un grand roman" sur l'Educnat', il est dans mes cartons et Bellemaman me pousse à le ressortir et à écrire (j'ai une belle-mère qui a une foi incroyable en mes capacités d'écriture, c'est hyper sympa:)))). Mais ce que je vis cette année est tellement inimaginable et atroce à bien des égards que je n'arrive pas à trouver le recul nécessaire pour évoquer ce qu'il se passe... Mais tu as raison, on attend un vrai grand roman sur l'éducnat'...
commentaire n° : 8 posté par : fashion victim (site web) le: 21/03/2008 18:37:48
R. >>> manque d'enseignants conscients ? Je n'en suis pas sûr. Ce qui est sûr c'est que si ce sont tous des Bégaudeau...on est mal barré ;-)

(je blague, je blague...du calme les lecteurs agressifs)

Cuné >>> de la science-fiction ? Ah oui tiens...c'est vrai, il y a presque un côté "Cube" dans ce livre ! Et le pire...c'est que je pense ce que je viens d'écrire :-)

Celui qui >>> ...du panache ? Si vous le dites...

Tamara >>> bah oui...en même temps les bouquins qu'il conseille sont vraiment limite limite limite...on a l'impression qu'il parle de gadgets, c'est un peu un camelot ce mec. Le pire c'est qu'il en parle vachement bien la plupart du temps !

Fashion >>> c'est vrai qu'elle est trop sympa Bellemaman ! Bon alors, c'est quoi ce bouquin, qu'on se bidonne ? ;-)
commentaire n° : 9 posté par : Thom (site web) le: 21/03/2008 19:49:52
A fond de ton avis.J'ai trouvé ce livre affligeant et d'une démagogie...
commentaire n° : 10 posté par : eeguab (site web) le: 21/03/2008 20:15:16
Thom, je suis hilare. Mais inquiet pour vous : à force de taper sur les puissants du monde de l'édition, vous vous retrouverez un jour à poil, mon ami ! Je ne dis pas cela méchamment, croyez-le, mais en toute amitié : le jour où un de vos livres paraitra (je vous le souhaite), vous risquez de payer une addition salée pour vous années de blog. En tout cas, pour Verticales, au moins, vous êtes tranquille, ils ne vous publieront jamais. Mais peut-être était-ce l'idée ? ;-)

BBB.
commentaire n° : 11 posté par : BBB. le: 21/03/2008 20:35:04
eeguab >>> démago, ouais, c'est le mot. Je ne serais pas surpris d'apprendre que le FB prof était LE prof super cool que les élèves adorent et que les parents vénèrent...en général le plus mauvais de tout son établissement :-(

BBB. >>> AH MAIS OUI ! Non mais en fait, j'en avais trop marre des appels du pied de Verticales, j'ai voulu taper un grand coup :-))
Plus sérieusement je vous répondrai...: même pas peur ! Ca fait partie du jeu, et effectivement, ça fait quelques temps que je me dis qu'un jour où l'autre les coups de lattes vont être violents. On verra à ce moment-là ;=)
Sinon, ce livre...? Vous l'avez lu ?
commentaire n° : 12 posté par : Thom (site web) le: 21/03/2008 20:57:42
lise-marie applaudit des deux mains et des deux pieds ( qu'elle a jolis, d'ailleurs)
commentaire n° : 13 posté par : lise-marie le: 21/03/2008 21:20:22
Mais oui, je l'ai lu. Et n'ai pas aimé. Moins détesté que vous, mais en fait, je crois que croiser votre avis et celui de Cuné, donnent une bonne idée de ce que j'en pense. J'ai surtout été géné du décalage entre la manière dont le livre était vendu ("grand roman sur l'EN", le prix Télérama/FC, les éditions Verticales - comble de l'éditeur élito-snob), et ce qu'il était en réalité, soit une aimable plaisanterie, pas toujours mauvaise à mon gout, mais en tout cas sans rien pour justifier son aura.

BBB.
commentaire n° : 14 posté par : BBB. le: 21/03/2008 21:46:00
Lise-Marie >>> arrêtez, vous me donnez envie de vous baiser les pieds, là ;-)

BBB. >>> intéressant point de vue...je n'aurais pas pensé en ce sens, mais maintenant que vous le dites...c'est tout à fait juste.
commentaire n° : 15 posté par : Thom (site web) le: 21/03/2008 21:52:35
Moi aussi ce livre m'avait passablement énervée ! Il faut dire que le hasard avait voulu que j'en parle quelques jours avant avec Jean-Philippe Blondel (à l'occasion d'une rencontre en bibliothèque), lui-même prof et à mille lieues de l'état d'esprit de Bégaudeau !
Tout dans le livre m'a agacée, ses vannes, les profs réduits à des gens qui ne pensent qu'à compter le nombre de jours de travail et à parler de la photocopieuse,...
Avec ce livre j'ai eu l'impression d'un coup médiatique facile à l'encontre des enseignants et d'une expérience, au sens scientifique, pour lui !
commentaire n° : 16 posté par : cathe (site web) le: 21/03/2008 22:02:16
Jean-Philippe qui ? Hein ? Non non, connais pas :-)

Une expérience scientifique...? Encore un point de vue intéressant. Enfin cela dit...c'est faire trop d'honneur à un livre aussi peu précis, aussi léger dans l'analyse et aussi faiblard dans le simple report des faits :-S
commentaire n° : 17 posté par : Thom (site web) le: 21/03/2008 22:40:36
En tout cas, le moins qu'on puisse dire, est que ce livre fait parler ! A croire qu'il reste encore quelques supporters, pour ce pauvre corps enseignant !

BBB.
commentaire n° : 18 posté par : BBB. le: 21/03/2008 23:17:48
C'est presque rassurant, en effet...
commentaire n° : 19 posté par : Thom (site web) le: 22/03/2008 09:39:28
Merci, alors !

(c'est l'enseignante, qui parle :)
commentaire n° : 20 posté par : laiezza (site web) le: 22/03/2008 10:14:44
J'ai lu ce livre il y a quelques temps, après que ma mère l'eut offert à ma compagne enseignante. Je ne sais plus trop ce qu'elle en a pense, mais je ne serai pas aussi méchant.
C'est vrai que ces descriptions d'élèves par leurs vêtements et ces remarques assassines sont assez déroutantes.
Mais si beaucoup de profs croient en ce qu'ils font, je pense que ce;livre a le mérite de montrer, certainement maladroitement, qu'il n'est pas uniquement une vocation, comme beaucoup le croit, mais aujourd'hui aussi un moyen pour beaucoup de faire bouillir la marmite.
J'ai l'impression qu'il a voulu donner un coup de contre-balancier face aux personnes qui considèrent ce métier comme le plus beau métier du monde.
Maintenant, il est vrai que ce livre a des côtés parfois désagréables.  
commentaire n° : 21 posté par : Yohan (site web) le: 22/03/2008 10:33:10
Eh bé...pas content content Mr Thom...C'est vrai que ça sent le cliché à plein nez...les noms à consonnance étrangère d'un côté, à consonnance française de l'autre...et moi qui ne supporte pas qu'on appelle un tel par son nom, à fortiori cette déshumanisation par l'apparence m'insupporte...seuls quelques grands romanciers savent jouer à ce jeu, l'esquisse du personnage en quelques coups de crayon, je pense à Echenoz notemment, mais là c'est du grand art et avec souvent beaucoup d'humour...
commentaire n° : 22 posté par : Sandra (site web) le: 22/03/2008 12:08:26
Jean-Philippe Blondel, c'est un des auteurs chouchous des blogueuses ;-)))
commentaire n° : 23 posté par : cathe (site web) le: 22/03/2008 13:06:41
Yohan >>> oui, évidemment. En même temps...personnellement je ne peux m'empêcher de trouver ce coup de balancier déplacé. Ce n'est pas comme si beaucoup de gens trouvaient déjà que les profs étaient des planqués faisant ce job là pour les horaires et les vacances ! Donc bon...dans le contexte délétère actuel, je ne trouve pas ce genre de coup de balancier bienvenu (et puis surtout...pour faire balancier, faudrait qu'il y ait en face d'autres livres chantant ce "plus beau métier du monde", ce qui n'est pas vraiment le cas...:-(

Sandra
>>> effectivement, pas mal de clichés. C'est peu de dire qu'on aurait pu espérer d'un auteur aussi connu qu'il les pourfende plutôt que de les renforcer.

Cathe >>> Un chouchou ? Blondel ? Attends...mais comment se fait-il que je n'en ai jamais entendu parler ? ;-)
commentaire n° : 24 posté par : Thom (site web) le: 22/03/2008 15:49:38
J'avais écrit un long commentaire, mais en le relisant, son trop-plein de pathos m'a fait l'effacer. Faisons bref, donc : je comptais le lire, mais l'envie est loin désormais ; j'en ai ma claque de ce type de vision de l'enseignement, et quand ça sort de la bouche/plume d'un ex-prof, j'en ai la main qui me démange.
commentaire n° : 25 posté par : Kali (site web) le: 22/03/2008 18:14:44
Pas mieux...c'est vraiment navrant ! Je me suis sincèrement demandé si ce livre n'était pas "orienté politiquement" tellement...enfin bref...
commentaire n° : 26 posté par : Thom (site web) le: 22/03/2008 21:02:02
et bien je vois que la suite est savamment corsée! le Golb tient ses promesses!
Il se trouve que je suis mère de trois enfants qui sont ou sont passés au collège (ZEP), et que par mon travail je côtoie des enseignants et des élèves (ZEP). Bref, je connais ce milieu (élèves et profs) mais hors les murs, et j'ai lu ce livre par curiosité, pour son titre "entre les murs", j'avais envie de savoir ce qui se passait dedans...Il aurait du titrer '"dans le mur"! on aurait été prévenu.
Comme tu le sais, j'ai été attristée par la lecture de ce livre, parce que malgré ce que vous dites ici, c'est sans doute un part non négligeable de réalité qui est transcrite dans ce livre.
Mais ce qui est carrément désespérant, c'est l'attitude du narrateur et de ses collègues par rapport à cette réalité.
Bref, j'avais compris en refermant le livre que l'auteur devait vite trouver autre chose à faire que ce métier, tant pour lui que pour ses élèves, j'apprend ici que c'est chose faite, et c'est tant mieux!
commentaire n° : 27 posté par : sylvie (site web) le: 22/03/2008 22:55:36

Tout aussi minable et à 40.000 lieues du Golb, Libellus est ouvert aujourd'hui.

Pour le crossover, j'ai posé des marques !

Thom, génie ! tu auras réussi à me faire ouvrir un blog...
le temps d'une chanson

;) comme on dit en blog

commentaire n° : 28 posté par : jdm (site web) le: 22/03/2008 23:55:54
Sylvie >>> comme je disais plus haut à Cuné (je crois)...c'est le côté extrêmement lacunaire (et donc partial) qui m'a chiffonné. Déjà, l'idée d'écrire sur un corps de métier, sans plus de précision ni d'intriguer, je trouve en général ça limite. Mais en plus le faire juste sur certains aspects d'un corps de métier...mouais. Mais là encore...le livre de Bégaudeau n'invente pas. Il oublie, surtout :-)

jdm >>> si le crossover a servi au moins à cela...nous voilà ravis !
commentaire n° : 29 posté par : Thom (site web) le: 23/03/2008 09:59:37
Question : un livre se situant dans le milieu de l'Education Nationale doit-il être forcément le témoignage fidèle de tout ce qui s'y passe ?
Dans Entre les murs, il y a un point de vue. Que l'on aime ou pas.
Il y a évidemment quelque chose d'irritant dans le livre. C'est plus, pour moi, la tendance de Begaudeau à se donner le beau rôle.
Ceci dit, son livre Jouer Juste était vraiment intéressant. Mick Jagger, un démocrate, un peu moins à mon goût...
Sinon, puisque personne ne l'a rappelé, Bégaudeau est aussi une des plumes les plus intéressantes des Cahiers du cinéma actuellement.
Et pour info, Entre les murs vient d'être adapté au cinéma par Bégaudeau et Laurent Cantet (Ressources humaines, L'emploi du temps), avec le romancier dans le rôle principal justement... Le fait qu'il joue "son propre rôle" (?) inquiète un peu, mais le talent de Cantet (notamment quand il dirige des non-professionnels, ce que serons, je suppose, une bonne partie des élèves) fait que je suis assez curieux de voir le résultat de cette adaptation...
commentaire n° : 30 posté par : Ska (site web) le: 24/03/2008 13:44:07
Ska soulève quelque chose d'intéressant, là.

Mon avis (qui n'engage que moi), c'est que l'un ne va pas sans l'autre. En effet rien oblige l'auteur écrivant ce livre à être fidèle à la réalité - l'exigeance de réalité, ça n'entre pas dans le crritère pour évaluer un livre. Cela dit, la manière dont un auteur utilise la réalité doit être, à mon avis, analysée au même titre que ce rendu. Donc, si Bégaudeau utilise la réalisé d'un milieu pour faire de l'idéologie (apparemment, c'est le cas), cela ne doit-il pas être évoqué dans la critique ?

Simples interrogations.
commentaire n° : 31 posté par : laiezza (site web) le: 24/03/2008 20:53:35
Question intéressante. Très simplement, je dirais que Ska a entièrement raison. Le problème, avec "Entre les murs", c'est que la description réaliste (ou prétendue comme telle) du milieu est le principal (sinon le seul) argument du livre. En dehors de ça, il n'y a ni intrigue, ni personnages, ni vraiment de narration. Donc dans ce cas là, oui, ça compte. Cantet, qui adapte le livre, est d'ailleurs connu pour être un réalisateur "réaliste", sinon "social". Pas un bâtisseur d'univers de fiction. On peut déjà s'attendre à une sortie promue sur le mode du "vrai film sur les vrais enseignants avec de vraies personnes pour jouer dedans". Ce qui est problématique, vue la faible crédibilité du "travail" de Bégaudeau, par rapport à la réalité du métier. H.
commentaire n° : 32 posté par : H.V. le: 24/03/2008 21:03:55
Je n'avais pas commenté cet article... alors que je l'ai lu, ce bouquin. J'y reviens car le film passe à Cannes, bien accueilli apparemment... mais bon, je suis en très grande partie d'accord avec toi... disons que mon avis se situerait quelque part entre celui de BBB et le tien... :-)

Ce qui m'a surtout profondément déplu, un peu comme toi, c'est sa façon de vanner systématiquement les élèves... je ne vois vraiment pas l'intérêt, et je trouve que ça fonctionne assez mal. 
Un prof, dans une classe difficile et devant des jeunes de banlieues, qui vanne à tour de bras... pourquoi pas... ça aurait pu être marrant... mais ici, c'est juste pathétique. 
Un prof qui ne se laisse pas marcher dessus, qui a de la répartie, ça aurait pu être pas mal... mais là, c'est assez emmerdant voire même malsain, parce qu'il ne se contente pas d'avoir de la répartie et de se faire respecter, il provoque bêtement ses élèves...
Comme tu le notes très justement, ça ne dit quasiment rien de la relation prof-élève, on observe juste un prof caractériel et irritant face à une classe d'abrutis... sans que ça ne donne de situations vraiment marrantes.
Ce n'est pas un prof "étonnant", et encore moins un prof auquel on peut s'identifier, parce qu'on ne cesse de se dire qu'en fin de compte, il est aussi immature que ses élèves... c'est juste un type qui est prof et qui ne sait pas trop pourquoi... et nous encore moins... on ne cesse de se dire en lisant ce livre "mais change de boulot, abruti, tu t'emmerdes, tu emmerdes les élèves, et surtout, tu nous emmerdes..."

Je ne comprends vraiment pas pourquoi il semble que tant de profs ont aimé ce bouquin... à mon avis, ce sont des profs flippés et malsains, qui aimeraient passer leur temps à envoyer chier leurs élèves comme Bégaudeau, et se défoulent en lisant ce livre qui réalise ce fantasme idiot, sans humour ni distance...
Je crois que je trouve finalement le clip de Justice moins déplaisant que ce bouquin :-) 
commentaire n° : 33 posté par : G.T. (site web) le: 24/05/2008 20:41:35
Je ne comprends vraiment pas pourquoi il semble que tant de profs ont aimé ce bouquin... à mon avis, ce sont des profs flippés et malsains, qui aimeraient passer leur temps à envoyer chier leurs élèves comme Bégaudeau, et se défoulent en lisant ce livre qui réalise ce fantasme idiot, sans humour ni distance...

Je pense aussi...vu que je l'ai moi-même suggéré dans un commentaire un peu plus haut :-)

Mais attends, rassure-toi, je n'ai pas rencontré tant de profs que ça qui avaient aimé "Entre les murs". Ce sont surtout les journalistes qui l'ont adoré ! Ca leur donne tant de grain à moudre...
Enfin...ne jetons pas le bébé avec l'eau du bain : Cantet est, du moins à mon sens, l'un des tous meilleurs cinéastes français en activité. Il est peut-être parvenu à tirer quelques chose du livre. Et puis le bon côté du cinéma, c'est qu'en présence d'acteurs le côté impersonnel et déshumanisé ne peut que s'atténuer...

commentaire n° : 34 posté par : Thom (site web) le: 25/05/2008 14:52:50
Putain... en plus, Begaudeau a la palme d'or (auteur, scénariste et acteur principal du film, tout de même)... à l'unanimité.... alors que pas un film français ne l'avait eu depuis une vingtaine d'années... Soit Cantet a réussi à trouver un autre point de vue, soit... tout ça est un grand n'importe quoi.  
commentaire n° : 35 posté par : G.T. (site web) le: 25/05/2008 20:37:34
Je viens justement d'apprendre quer le fims de Cantet vient d'emporter la palme. Et donc, j'ai repensé à ton billet. :)
Tout le monde a apparemment salué ce film, Sean Penn le premier. De ce que j'ai pu voir, il n'y a plus dans le long métrage cette volonté de "casser" gratuitement les élèves. Il ne me reste plus qu'à lire le livre et voir le film pour me faire ma propre opinion. ;)
commentaire n° : 36 posté par : Laurence (site web) le: 25/05/2008 20:38:12
Salut les amis :-)

Le bon côté des choses c'est que cette Palme d'Or va faire exploser mes stats !!! ;-)


En ce qui me concerne...ce que je disais ce matin tient toujours :


"Cantet est, du moins à mon sens, l'un des tous meilleurs cinéastes français en activité. Il est peut-être parvenu à tirer quelques chose du livre. Et puis le bon côté du cinéma, c'est qu'en présence d'acteurs le côté impersonnel et déshumanisé ne peut que s'atténuer..."

Je maintiens. Et j'ajoute que dans les récentes interviews, Bégaudeau était bien moins arrogant que pour le livre, reconnaissant que c'était une expérience parmi d'autres. Par conséquent...wait & see ! Je ne vais pas clouer au pilori un film que je n'ai pas vu - ce n'est pas le genre de la maison. Ca ne change rien à mon point de vue sur le livre, néanmoins j'irai voir ce film et je dirai ce que j'en pense, sans a priori et avec le moins de mauvaise foi possible :-)
commentaire n° : 37 posté par : Thom (site web) le: 25/05/2008 20:42:18
des fois, quand Thom écrit, j'ai l'impression de m'entendre penser...
nous verrons bien, donc - j'ai bcp, bcp aimé "Ressources humaines" et "L'emploi du temps" et je crois aussi qu'au cinéma,cela peut-être différent...c'est vrai qu'entendre l'acteur principal parler aujourd'hui de son métier semble parfois très loin du ressenti qu'on peut avoir  la lecture...mais moi non plus, je ne change pas d'avis sur le bouquin.
commentaire n° : 38 posté par : jp le: 25/05/2008 21:08:36
Je pense qu'il est temps de révéler au monde que nous ne sommes qu'une seule et même personne, hein ? :-)

D'ailleurs...ce bouquin diversement apprécié, "This is not a love song"...en fait, il est de moi ! Et pas de toi ! Ce qui explique tout, soudain (fou rire).

A bientôt, Jp !
commentaire n° : 39 posté par : Thom (site web) le: 25/05/2008 22:53:59

Ah je me rappelle avoir lu ce billet il y a qq semaines lors de mes longues nuits d'insomnie et du coup, c'est la première chose à laquelle j'ai pensé en entendant le palmarès hier soir :D Et surtout que le temps des palmes avec des vrais films de cinéma (pas des docu-fiction grisâtres) est vraiment loiiiin... Très loiiin... Enfin pour le moment, faut se contenter de la bande-annonce puisque le film sort en octobre si j'ai bien suivi. Ca nous fait une belle jambe qu'elle soit française cette palme, putain.

commentaire n° : 40 posté par : Dahlia (site web) le: 26/05/2008 22:25:20

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