En m'excusant pour la longue absence, et pour tous ces commentaires qui faute de temps resteront sans réponses.
Le Golb reprend aujourd'hui du service (pour quelques temps au moins). Avec pour commencer les traditionnelles critiques express, plutôt touffues dans la mesure où durant ma convalescence la seule chose que j'aie eu le droit de faire a été...de lire (vous aviez deviné).
Darkness, take my hand (Dennis Lehane, USA, 1996)
V.F. : Ténèbres, prenez-moi la main
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Express, donc, oui. Mais faute de temps. Car le second volet de la série Kenzie-Genaro est tout simplement incontournable, imparable...un chef d'oeuvre, un vrai, de ceux qu'on pourrait lire et relire sans jamais s'en lasser - et en retombant dans le panneau à tous les coups. Le meilleur roman de Lehane ? De "Mystic River" en "Shutter Island", il y a une sacrée concurrence. En tout cas le plus remarquable livre de serial-killer qui ait jamais été écrit. Noir, opressant, violent et poétique à la fois...et doté qui plus est d'un titre magnifique (non ?). Ce qui n'était pas gagné : "Voyage au bout de l'Enfer" était déjà pris.
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note indicative :
voir les articles de : FLO ; FRANSWA ; GAELLE & NICOLAS
Chroniques de la Haine Ordinaire (Pierre Desproges, France)
Maintes et maintes fois rééditées, les chroniques radiophoniques de Desproges demeurent bien entendu un must pour tout golber se respectant. Bonne idée que celle de ma soeur de m'offrir l'ouvrage dans une version enfin intégrale (merci à elle, j'avais perdu le volume deux de l'ancienne édition). Qu'en retenir ? Qu'effectivement durant cette terrible année 86 le maître fut au sommet de son art. Que hélas ce bouquin a les défauts de ses qualités : bouillant et plus que pointu sur l'actu du moment...Desproges n'avait sans doute pas pensé qu'on essaierait d'en faire un livre plus tard. Faute d'universalité, une bonne moitié des chroniques perd tout intérêt. Reste un sens du verbe absolument remarquable, un style d'autant plus impressionnant qu'il s'agissait de textes oraux, et une liberté de ton comme on en trouve plus des masses aujourd'hui. C'est déjà beaucoup !
note indicative :
Jack Maggs (Peter Carey, Australie, 1997)
Jack Maggs c'est Jean Valjean fusionné avec Dorian Gray. Le bagnard évadé croisé avec le dandy décadent. De retour à Londres, il essaie de se réinsérer dans la société victorienne, devient valet, devient normal. Mais chassez le naturel...: l'attrait de l'antihéros pour les expériences limites, les bas-fonds et le décadentisme auront raison de lui au terme de ce roman remarquable signé de l'encore trop méconnu Peter Carey (brièvement évoqué dans ces pages il y a quelques temps). Ni roman historique ni néo-victorien, "Jack Maggs" (le livre) est avant tout une oeuvre fantastique dans tous les sens du terme, qu'il serait vraiment tragique de ne pas découvrir d'urgence. Un coup de coeur, un !
note indicative :
The Prestige (Christophe Priest, Angleterre, 1995)
On reste dans le victorien avec ce classique du fantastique, dont vous connaissez peut-être déjà la grandissime adaptation ciné par le non moins grandissime Christopher (aussi) Nolan. Duel de magiciens, quête éfrénée vers le savoir et la gloire, amours contrariées et satire sociale sont au programme de ce roman absolument incontournable, extrêmement complexe mais tout aussi simple à lire. Par la grâce de la seule véritable magie qui ait cours en matière de littérature...: celle du style, bien entendu. De l'écriture élégante et fluide d'un auteur dont la popularité et le gout pour les romans de genres ont eu tendance à faire oublier qu'il était un très grand écrivain.
note indicative :
Matin de roses (Naguib Mahfouz, Egypte, 1988)
Recueil de nouvelles ou triptyque, ce livre publié par Mahfouz l'année de sa nobélisation propose un concentré étonnant de toutes ses obsessions. Amour et lutte des classes au coeur d'une Egypte intemporelle - on pourrait difficilement mieux définir ce bouquin comme l'ensemble de l'oeuvre. L'écriture est poétique à souhaits, les portraits doux-amers, l'ensemble tient la route. Sans la folie des grands romans de Mahfouz, soit. Mais "Matin de roses" n'en reste pas moins une jolie introduction à cet auteur majeur du siècle écoulé.
note indicative : ![]()
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