Faut-il encore préciser de quoi il s'agit ? Comme à chaque "retour de off", panorama rapide des dernières lectures (car s'il m'arrive d'arrêter d'écrire il est bien rare que j'arrête de
lire...).
Buffalo for the broken heart (Dan O'Brien, USA, 2001)
V.F. : Les bisons du cœur brisé
Tu vas voir, c'est le grand copain de Jim Harrison, et c'est aussi bien ! ...avait dit ma bibliothécaire, qui est toujours de bon conseil. Ah. Bizarrement, moi, les grands copains de machin et de bidule me tentent rarement. Je ne sais pas trop pourquoi. J'ai l'impression étrange que les grands écrivains ne savent pas trop choisir leurs amis. La preuve par trois cents pages pontifiantes au possible. De Harrison, O'Brien semble avoir voulu reprendre les obsessions, l'esprit irrévérencieux et les grandes étendues sauvages. Il n'a gardé que les gimmicks, les réflexions sur la destruction de l'écho-système et les cowboys tristes. Oh bien sûr...tout ceci n'est pas inintéressant. L'engagement socio-politique du bonhomme fait même plutôt mouche. Sauf que ce genre de bouquin n'a jamais été et (espérons-le) ne sera jamais de la littérature.
note indicative :
Plutôt crever (Caryl Férey, France, 2002)
"Je n'ai jamais lavé ma voiture - plutôt crever." La première phrase de cet excellent roman noir donne le ton : déjanté et tout punk comme on aime, bourré d'humour, de morgue... Si comme votre serviteur les polars made in France vous laissent souvent sur votre faim à force de vouloir toujours imiter les grands américains sans jamais les égaler, Caryl Férey devrait pouvoir vous réconcilier sans problème avec le genre. La plume est personnelle, l'intrigue inventive et l'ambiance tendue à souhaits vous aspirera littéralement. Comme en plus il paraît que ce n'est même pas le meilleur livre de cet auteur...
note indicative :
Only Revolutions (Mark Z. Danielewski, USA, 2006)
V.F. : O Revolutions
Deux histoires en une ou une seule histoire livrée en deux versions, à chacun de choisir l'expression idoine pour qualifier la dernière bizarrerie de Danielewski. Tranché en deux, le roman propose les visions non pas successives mais simultanées du même road-movie. D'un côté le regard de Sam ; de l'autre celui de Hartley. Et au fur et à mesure qu'ils filent vers leur destin la police diminue, les cheminements d'abord distincts se diluent...et l'attention du lecteur avec ! Car si le travail formel (structurel étant un terme plus approprié) est assurément détonnant, l'intrigue se révèle assez vite d'une banalité à pleurer. Quant au style...quel style ? L'objet est plastiquement superbe, fourmille d'idées structuelles, la démarche artistique est incontestable...mais le fond est au final des plus ternes. Ce ne sont pas toujours les grands écrivains qui ont les plus grandes idées...la preuve ! Si Danielewski est assurément un génie, son génie est celui du concept, de la performance plus que de la littérature...semi déception, donc, de la part d'un auteur dont on m'avait pourtant dit grand bien.
note indicative :
Cendrillon (Eric Reinhardt, France, 2007)
Certains se sont émus récemment de l'inexistence bloguienne de ce livre acclamé par la critique lors de la dernière rentrée littéraire, qui sont allés tirer des conclusions que nous leur laisserons bien volontiers. Ce qui est sûr c'est que mis à part l'ami Barttlebooth, peu de blogueurs se sont attaqués au dernier Reinhart. Manquement réparé par Le Golb ! Pour savoir ce que j'en pense, inutile de vous fatiguer : allez lire l'article de Barttle, qui est incroyablement juste...je suis d'accord sur quasiment tout du début à la fin. Oui, "Cendrillon" est alléchant. La fable sur le libéralisme est mordante, séduisante, se lit avec jubilation (à plus forte raison lorsque le hasard vous la fait lire quelques mois après le scandale de la Société Générale). On regrette d'autant plus que l'auteur ait éprouvé le besoin de sombrer à mi-parcours dans une espèce d'auto-contemplation aussi craignos que très représentative (dans le fond) de la société qu'elle entend dénoncer. Dommage que ç'a n'ait pas été volontaire...
note indicative :
Street Of The Lost (David Goodis, USA, 1952)
V.F. : Epaves
Ou comment finir en beauté une semaine de lecture un peu terne (litote). Certes la production de Goodis (à l'image de celle de tous les auteurs emblématiques de la mouvance hardboiled) est des plus inégales. Néanmoins celui-ci se dégage clairement comme un de ses meilleurs, sombre et romantique, enragé mais tendre. Publié un an avant le classique "The moon is in the gutter", il lui ressemble beaucoup dans son côté nocturne urbaine contemplative. Trop peut-être - mais quelle importance dans le fond ? Quand Goodis s'empare de la misère sociale, de la peur du lendemain et de la précarité matérielle devenant précarité affective...difficile de ne pas fondre sur le champ. A plus forte raison parce que la trajectoire de Chet Lawrence n'a sans doute jamais paru aussi actuelle...
note indicative :
Buffalo for the broken heart (Dan O'Brien, USA, 2001)
V.F. : Les bisons du cœur brisé
Tu vas voir, c'est le grand copain de Jim Harrison, et c'est aussi bien ! ...avait dit ma bibliothécaire, qui est toujours de bon conseil. Ah. Bizarrement, moi, les grands copains de machin et de bidule me tentent rarement. Je ne sais pas trop pourquoi. J'ai l'impression étrange que les grands écrivains ne savent pas trop choisir leurs amis. La preuve par trois cents pages pontifiantes au possible. De Harrison, O'Brien semble avoir voulu reprendre les obsessions, l'esprit irrévérencieux et les grandes étendues sauvages. Il n'a gardé que les gimmicks, les réflexions sur la destruction de l'écho-système et les cowboys tristes. Oh bien sûr...tout ceci n'est pas inintéressant. L'engagement socio-politique du bonhomme fait même plutôt mouche. Sauf que ce genre de bouquin n'a jamais été et (espérons-le) ne sera jamais de la littérature.
note indicative :
Plutôt crever (Caryl Férey, France, 2002)
"Je n'ai jamais lavé ma voiture - plutôt crever." La première phrase de cet excellent roman noir donne le ton : déjanté et tout punk comme on aime, bourré d'humour, de morgue... Si comme votre serviteur les polars made in France vous laissent souvent sur votre faim à force de vouloir toujours imiter les grands américains sans jamais les égaler, Caryl Férey devrait pouvoir vous réconcilier sans problème avec le genre. La plume est personnelle, l'intrigue inventive et l'ambiance tendue à souhaits vous aspirera littéralement. Comme en plus il paraît que ce n'est même pas le meilleur livre de cet auteur...
note indicative :
Only Revolutions (Mark Z. Danielewski, USA, 2006)
V.F. : O Revolutions
Deux histoires en une ou une seule histoire livrée en deux versions, à chacun de choisir l'expression idoine pour qualifier la dernière bizarrerie de Danielewski. Tranché en deux, le roman propose les visions non pas successives mais simultanées du même road-movie. D'un côté le regard de Sam ; de l'autre celui de Hartley. Et au fur et à mesure qu'ils filent vers leur destin la police diminue, les cheminements d'abord distincts se diluent...et l'attention du lecteur avec ! Car si le travail formel (structurel étant un terme plus approprié) est assurément détonnant, l'intrigue se révèle assez vite d'une banalité à pleurer. Quant au style...quel style ? L'objet est plastiquement superbe, fourmille d'idées structuelles, la démarche artistique est incontestable...mais le fond est au final des plus ternes. Ce ne sont pas toujours les grands écrivains qui ont les plus grandes idées...la preuve ! Si Danielewski est assurément un génie, son génie est celui du concept, de la performance plus que de la littérature...semi déception, donc, de la part d'un auteur dont on m'avait pourtant dit grand bien.
note indicative :
Cendrillon (Eric Reinhardt, France, 2007)
Certains se sont émus récemment de l'inexistence bloguienne de ce livre acclamé par la critique lors de la dernière rentrée littéraire, qui sont allés tirer des conclusions que nous leur laisserons bien volontiers. Ce qui est sûr c'est que mis à part l'ami Barttlebooth, peu de blogueurs se sont attaqués au dernier Reinhart. Manquement réparé par Le Golb ! Pour savoir ce que j'en pense, inutile de vous fatiguer : allez lire l'article de Barttle, qui est incroyablement juste...je suis d'accord sur quasiment tout du début à la fin. Oui, "Cendrillon" est alléchant. La fable sur le libéralisme est mordante, séduisante, se lit avec jubilation (à plus forte raison lorsque le hasard vous la fait lire quelques mois après le scandale de la Société Générale). On regrette d'autant plus que l'auteur ait éprouvé le besoin de sombrer à mi-parcours dans une espèce d'auto-contemplation aussi craignos que très représentative (dans le fond) de la société qu'elle entend dénoncer. Dommage que ç'a n'ait pas été volontaire...
note indicative :
Street Of The Lost (David Goodis, USA, 1952)
V.F. : Epaves
Ou comment finir en beauté une semaine de lecture un peu terne (litote). Certes la production de Goodis (à l'image de celle de tous les auteurs emblématiques de la mouvance hardboiled) est des plus inégales. Néanmoins celui-ci se dégage clairement comme un de ses meilleurs, sombre et romantique, enragé mais tendre. Publié un an avant le classique "The moon is in the gutter", il lui ressemble beaucoup dans son côté nocturne urbaine contemplative. Trop peut-être - mais quelle importance dans le fond ? Quand Goodis s'empare de la misère sociale, de la peur du lendemain et de la précarité matérielle devenant précarité affective...difficile de ne pas fondre sur le champ. A plus forte raison parce que la trajectoire de Chet Lawrence n'a sans doute jamais paru aussi actuelle...
note indicative :
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par Thom
publié dans :
Lectures



