Bord cadre (Jean Teulé, France, 1999)
« Il n'y a pas de limites à la mélancolie humaine et la peinture de Sainte-Rose est à placer sur la pyramide des larmes... »
Ah ces peintres ! Depuis Dorian Gray
on sait bien qu'il faut s'en méfiez - mais pensez-vous que les gens y prêtent attention ? Ils sont trop occupés à être fascinés par leur peinture pour prendre la juste mesure de la perversité
profonde qui les animent. Le couple de héros de « Bord cadre », un écrivain lunaire et une femme à « l'érotisme de veuve », n'échappe pas à cette règle immuable, qui manipulé
comme se doit par Sainte-Rose se retrouve face au plus improbable des paris : tout se dire, sans exception. Faire durer cet amour tout en ne dissimulant rien de leurs pensées les plus fantasques,
crues, ambivalentes - en un mot : inavouables.
Oh le risque est là, bien sûr - mais à quoi bon l'amour si l'on ne risque pas de le perdre ? Tout entité porte en elle le germe de sa propre destruction. C'est dit au début du livre, c'est presque une lapalissade. Aimer c'est déjà risquer de ne plus aimer, de ne plus être aimé. Alors pourquoi ne pas parier que tout cela puisse durer - coûte que coûte ? Eux, ils veulent y croire. Nous aussi. Même si nous savons que tout cela n'existe dans les romans, et qu'eux ignorent qu'ils ne sont que des personnages de fable. De toute façon sous la plume d'un Jean Teulé au sommet de son art tout ceci ne sera plus, bientôt, qu'une incroyable odyssée onirique dans laquelle viendront se mêler le rêve, la poésie, l'art, le fantasme, la fiction. Un jeu sans conséquence, dans le fond : puisque tout est littérature, rien ne saurait jamais être complètement sérieux - n'est-ce pas ?
Faut voir. En attendant de trouver la réponse est cette question pour le moins épique (c'est le cas de le dire) vous ne sauriez que trop vous dépêcher de vous procurer ce petit livre remarquable de tendresse et de poésie, drôlement cruel et cruellement drôle. Comme auparavant dans « Balade pour un père oublié », ce petit livre attachant et méconnu, Jean Teulé part d'une idée aussi simple que redoutable et bâtit un univers sensuel et imagé dans la droite ligne des surréalistes. En mieux que dans « Balade pour un père oublié » - il a entre temps acquis ses galons de grand écrivain (avec « Darling »). Atmosphère délicieusement désuète (le début donne l'impression de s'être égaré chez Agatha Christie), émotions à fleur de peau et fantaisie à revendre...immanquable !
le genre : conte
la note :
« Il n'y a pas de limites à la mélancolie humaine et la peinture de Sainte-Rose est à placer sur la pyramide des larmes... »
Ah ces peintres ! Depuis Dorian Gray
on sait bien qu'il faut s'en méfiez - mais pensez-vous que les gens y prêtent attention ? Ils sont trop occupés à être fascinés par leur peinture pour prendre la juste mesure de la perversité
profonde qui les animent. Le couple de héros de « Bord cadre », un écrivain lunaire et une femme à « l'érotisme de veuve », n'échappe pas à cette règle immuable, qui manipulé
comme se doit par Sainte-Rose se retrouve face au plus improbable des paris : tout se dire, sans exception. Faire durer cet amour tout en ne dissimulant rien de leurs pensées les plus fantasques,
crues, ambivalentes - en un mot : inavouables.Oh le risque est là, bien sûr - mais à quoi bon l'amour si l'on ne risque pas de le perdre ? Tout entité porte en elle le germe de sa propre destruction. C'est dit au début du livre, c'est presque une lapalissade. Aimer c'est déjà risquer de ne plus aimer, de ne plus être aimé. Alors pourquoi ne pas parier que tout cela puisse durer - coûte que coûte ? Eux, ils veulent y croire. Nous aussi. Même si nous savons que tout cela n'existe dans les romans, et qu'eux ignorent qu'ils ne sont que des personnages de fable. De toute façon sous la plume d'un Jean Teulé au sommet de son art tout ceci ne sera plus, bientôt, qu'une incroyable odyssée onirique dans laquelle viendront se mêler le rêve, la poésie, l'art, le fantasme, la fiction. Un jeu sans conséquence, dans le fond : puisque tout est littérature, rien ne saurait jamais être complètement sérieux - n'est-ce pas ?
Faut voir. En attendant de trouver la réponse est cette question pour le moins épique (c'est le cas de le dire) vous ne sauriez que trop vous dépêcher de vous procurer ce petit livre remarquable de tendresse et de poésie, drôlement cruel et cruellement drôle. Comme auparavant dans « Balade pour un père oublié », ce petit livre attachant et méconnu, Jean Teulé part d'une idée aussi simple que redoutable et bâtit un univers sensuel et imagé dans la droite ligne des surréalistes. En mieux que dans « Balade pour un père oublié » - il a entre temps acquis ses galons de grand écrivain (avec « Darling »). Atmosphère délicieusement désuète (le début donne l'impression de s'être égaré chez Agatha Christie), émotions à fleur de peau et fantaisie à revendre...immanquable !
le genre : conte
la note :
-
A VOIR : Jean Teulé sur AUTEURS TV
Commentaires
Après la déception du "Montespan", j'avoue que je ne suis pas pressée de me remettre à Jean Teulé. Quoique ce livre ait l'air charmant. Enfin : quand tu en parles :)
commentaire n° : 1 posté par : Laiezza (site web) le: 18/05/2008 11:47:56
Je le veux celui-là ! Je le veux ! :)
commentaire n° : 2 posté par : Livrovore (site web) le: 18/05/2008 13:18:04
"à quoi bon l'amour si l'on ne risque pas de le perdre ?"
Oui ! L'amour contient le risque. De le perdre ou autre. Aimer c'est prendre un risque...considérable ! Un amour qu'on aurait pas peur de perdre, ou qu'on saurait qu'on ne va jamais perdre...ce n'est pas du tout un amour.
Oui ! L'amour contient le risque. De le perdre ou autre. Aimer c'est prendre un risque...considérable ! Un amour qu'on aurait pas peur de perdre, ou qu'on saurait qu'on ne va jamais perdre...ce n'est pas du tout un amour.
commentaire n° : 3 posté par : Rose le: 18/05/2008 13:21:39
Laiezza >>> pas encore lu "Le Montespan", comme tu le sais. Donc pas grand chose à te répondre...
Livrovore >>> et en plus c'est un emprunt, je ne peux donc même pas te le prêter...
Rose >>> oui...c'est gentil d'élever au rang d'aphorisme mon pathétique enfonçage de portes ouvertes :-)
Livrovore >>> et en plus c'est un emprunt, je ne peux donc même pas te le prêter...
Rose >>> oui...c'est gentil d'élever au rang d'aphorisme mon pathétique enfonçage de portes ouvertes :-)
commentaire n° : 4 posté par : Thom (site web) le: 18/05/2008 16:20:38
Pas du tout ! Ce n'est pas si courant d'arriver à dire de belles choses au milieu d'une critique de livre...
commentaire n° : 5 posté par : Rose le: 18/05/2008 18:11:40
C'est gentil ! Mais attention, je crois que tu...cristallises, là :-)
commentaire n° : 6 posté par : Thom (site web) le: 18/05/2008 20:57:29
Ca veut dire quoi (nan, j'déconne, hein). Possible que tu aies raison. C'est grave, docteur Thom ?
commentaire n° : 7 posté par : Rose le: 19/05/2008 18:38:15
(mort de rire)
Tu sais que le "ça veut dire quoi" on me l'a déjà fait pour de vrai ?
Tu sais que le "ça veut dire quoi" on me l'a déjà fait pour de vrai ?
commentaire n° : 8 posté par : Thom (site web) le: 19/05/2008 20:35:28
Et tu as dit quoi ?
commentaire n° : 9 posté par : Rose le: 19/05/2008 20:51:11
"De toute façon j'ai jamais aimé Stendhal", et je lui ai roulé une pelle.
(...)
(je rigole, hein)
(en fait j'ai rien dit, j'ai ri intérieurement et j'ai su que je resterai célibataire pour encore quelques temps...)
(...)
(je rigole, hein)
(en fait j'ai rien dit, j'ai ri intérieurement et j'ai su que je resterai célibataire pour encore quelques temps...)
commentaire n° : 10 posté par : Thom (site web) le: 19/05/2008 22:50:30
Morte de rire !
(si ta seule perspective c'est ce genre de filles...c'est un mal pour un bien !)
(si ta seule perspective c'est ce genre de filles...c'est un mal pour un bien !)
commentaire n° : 11 posté par : Rose le: 19/05/2008 23:55:38
A l'époque, oui. Mais l'anecdote date.
commentaire n° : 12 posté par : Thom (site web) le: 20/05/2008 00:33:43
Donc, depuis, ça va mieux ?
commentaire n° : 13 posté par : Rose le: 21/05/2008 00:45:27
On peut dire ça...
commentaire n° : 14 posté par : Thom (site web) le: 21/05/2008 12:46:34
Des détails !!
commentaire n° : 15 posté par : Rose le: 21/05/2008 22:40:39
Euh...mais je n'ai pas de détails ! This is so private :-)
commentaire n° : 16 posté par : Thom (site web) le: 21/05/2008 22:47:25
Je voudrais pas déranger (un peu de tenu brother !) je passais juste dire que je le voulais celui-là, miammmm ! Pour l'instant je n'ai pas eu de vraies déceptions avec teulé (je ne compte pas le montespan que j'ai reposé après en avoir lu presque la moitéié debout dans un supermarché, l'athmosphère n'y était pas, faudra que je m'y reprenne ;-))
commentaire n° : 17 posté par : yueyin (site web) le: 22/05/2008 00:23:54
Oui hein ! Un peu de tenue, ça va se voir, cher Thomas !!
:-)
:-)
commentaire n° : 18 posté par : Rose le: 22/05/2008 12:50:20
Hé oh...genre ! C'est Rose qui me drague, pas l'inverse ;-)
commentaire n° : 19 posté par : Thom (site web) le: 22/05/2008 23:42:47
OH !
commentaire n° : 20 posté par : Rose le: 24/05/2008 11:43:55






