Les notes du Golb

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Dimanche 8 octobre 2006
Le Procès (Franz Kafka, République Tchèque, 1925)
 
 
Ce soir, je suis très fatigué. Je ne vais donc pas vous faire un résumé du livre.
 
D’ailleurs, il est plus que probable que vous en connaissiez déjà les grandes lignes.
 
Et si ce n’est pas le cas, je vous renvoie au forum des chats, où Kafka est toujours à l’honneur jusqu’à la fin du mois de novembre (j’en profite au passage pour vous rappeler que vous êtes les bienvenus si vous souhaitez ronronner avec nous).
 
 
Le problème, c’est que « Le Procès » est l’archétype du bouquin sur lequel tout à été dit. Tapez ce titre + Kafka sur google, et vous aurez dix mille études fouillées de ce texte. N’étant qu’un humble mortel, je ne l’ai lu que pour la seconde fois, et je trouve toujours aussi remarquable ce petit livre inachevé où Kafka nous fait très, très peur, en brossant le portrait d’un système judiciaire (auto ?) destructeur broyant un pauvre type ordinaire.
 
La principale spécificité de ce livre, c’est son système de narration. En général, dans un roman, vous avez trois types de narration, qu’on nomme focalisations. L’externe : le narrateur et extérieur à l’histoire. L’interne : le narrateur n’est pas forcément un personnage mais tout du moins celle-ci nous est essentiellement perçue à travers le regard de l'un d'eux. Enfin, vous avez le dernier cas de figure, celui du narrateur omniscient (probablement le plus courant dans la littérature du vingtième siècle).
 
« Le Procès » utilisent toutes ces focalisations, mais elles finissent par s’annuler entre elles. Ce qui nous donne, en gros et pour faire court, un narrateur omniscient qui ne sait rien du tout (c’est plutôt emmerdant quand vous êtes sensés être omniscients, vous en conviendrez). Ce ton clair et neutre renforce l’atmosphère aussi poisseuse que grotesque qui parcourt ce roman.
 
 
On a souvent tendance à considérer ce texte comme un monument de la littérature absurde. Je ne partage pas tout à fait ce point de vue : qu’y a t’il de vraiment absurde dans « Le Procès » ? Pas grand chose. Bien au contraire, Kafka y colle parfaitement à une certaine réalité, tant dans les situations que dans les comportements des personnages…ce qui du coup installe une impression que l’absurdité (ici synonyme de quasi horreur) peut se nicher au cœur du quotidien le plus banal (et celui de Joseph K. est plus banal que banal). Voici comment , et pourquoi, Kafka reste le seul auteur à avoir jamais su faire du Kafka.
 
Pour le reste, je vous renvoie aux déjà excellentes analyses des mes amis félins.
 
 
le genre : kafkaesque
la note : 6 / 6
 
 
 
par thomthom publié dans : Lectures

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