Samedi 27 janvier 2007
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Le Fils de l’homme invisible (François Berléand, France, 2006)
Si vous avez la télévision (hypothèse probable) et que vous regardez autre chose que TF1 (hypothèse souhaitable), vous êtes forcément tombés au moins une fois sur François Berléand faisant la promo de son premier livre au titre charmant : « Le Fils de l’homme invisible ».
Vous vous êtes peut-être même dits que ç’avait l’air intéressant car, c’est un fait, Berléand le vend très bien. La preuve : il me l’a fait acheter (enfin : commander au Père Noël, mais je suis fatigué alors on va pas chicaner ce soir). Et bien entendu, c’est un bon livre. J’écris bien entendu car ça ne surprendra nullement les amateurs de cet acteur pour le moins atypique, de ceux (rarissimes en France) capables de sauver un film du naufrage même lorsqu’ils n’ont que trois répliques.
Ni mémoires, ni roman, ni autobiographie, encore moins souvenirs ou témoignage, « Le Fils de l’homme invisible » s’inscrit immédiatement dans le domaine littéraire. Il serait difficile de dire précisément pourquoi, mais dès la première phrase on sait qu’on n’est pas en train de feuilleter le énième bouquin – confession d’un acteur casse-burnes. D’ailleurs, Berléand écrit bien. Son style n’est pas extraordinaire, mais il est efficace. D’une simplicité accrocheuse, dirons-nous. Vif et candide, soit donc parfaitement adapté à l’histoire qu’il nous raconte, celle du petit François Berléand qui, âgé de onze ans, entendit son père (forcément bourré) lui affirmer qu’il était le fils de l’homme invisible.
Notre narrateur se dit immédiatement que c’est trop la classe, et il n’a pas tort. De même il ne lui faut pas longtemps pour aboutir à la conclusion qu’il est doté des mêmes pouvoirs parapsychiques que son second père, ce qui pour le coup est complètement con puisque l’homme invisible est devenu invisible à la suite d’une expérience ratée – l’hérédité n’a donc rien à y voir. Néanmoins vous en conviendrez quitte à être le fils de l’homme invisible, autant être invisible soi-même. Le jeune François ne manque d’ailleurs pas de le relever : s’il n’avait pas été atteint des mêmes particularités, pourquoi son Père Numéro Un aurait-il pris la peine d’apporter cette précision d’importance ?
C’est le début d’un malentendu qui va s’éterniser, non pas sur des mois mais des années. Et le lecteur de se dire que merde, c’est tout de même dingue ce que l’imaginaire peut produire : à partir du moment où François a adopté ce concept d’invisibilité en guise de système de pensée, le moindre détail va s’insérer parfaitement dans ce système. Toutes les incohérences vont trouver une justification : il se voit dans la vitrine des commerces du quartier ? Normal : ses parents ont payé des verres spéciaux à tous les riverains pour éviter qu’il souffre de sa différence. Les gens le voient parfois ? Bah ! il est jeune, il ne maîtrise pas encore tous ses pouvoirs…et ainsi de suite, jusqu’à épuisement total de parents totalement à côté de la plaque (puisque François ne leur expliquera JAMAIS cette histoire d’invisibilité, tout au plus devineront-ils que leur fils a un léger problème d’identité).
Débute alors la valse des psys, médecins et autres conseillers d’orientation (une sacrée clique d'incompétents, a priori, mais il faut bien avouer que les points communs entre la psychiatrie des années 50 et celle d'aujourd'hui se comptent sur les doigts d'un pied). C’est la partie glauque de l’histoire, car le narrateur passe tout de même à deux doigts de l’internement. Paumés, largués, les adultes naviguent à des années lumières de ce gamin dont le seul péché est de rêver sa vie. Au point qu’il finisse lui-même par penser de lui ce que les autres pensent : ce faciès étrange, ces difficultés en classe, cette intégration à une section d’enseignement réservée à des élèves frapadingues…il n’en faut pas plus à François pour se persuader qu’il est mongolien. On rit, mais jaune. Car si Berléand raconte ça avec légèreté, tout en maniant ce ton décalé qui fait la spécificité du bouquin, on imagine tout de même à quel point ces expériences ont pu traumatiser l’adolescent qu’il était. On ne peut donc que se féliciter de la libération finale, d'autant le tout nouvel auteur évite avec finesse et pudeur l’écueil du happy-end larmoyant avec success-story à la clé – Berléand n’est pas venu nous raconter la vie d’un acteur connu. Il s’en tape, et nous aussi. A raison !
Pour un coup d’essai, ce livre est donc réellement un très joli coup.
le genre : je ne suis pas un numérooooooooooo…
la note : 4,25 / 6
A+ Thom
SysT
Disons que c'est un livre ambigue au sens littéral du mot "qui a plusieurs facettes"...mais par contre ce n'est pas ambigue au sens commun "trouble". La précision m'a semblé soudain importante, je me suis rendu compte que mon billet n'était pas si clair que ça !!!
Merci de vos visites, les amis !
Ca aurait pu.
Moi j'ai pas peur ! Plus qu'à espérer que Mr Kiki acceptera de donner un peu de son sang pour nous sortir de cette embrouille (enfin ç'aurait pu être pire, parce que bon, être le fils de Mr Kiki c'est pas trop la honte...j'aurais pu être le tien - merde je le suis déjà - voir le petit fils de Choupy - remerde - voir le fils de Zaph...eurk, j'ai eu chaud !!!!).
Mais alors si j'ai bien compris...tu es ma mère, donc tu es en train de nous dire que Mr Kiki et toi...
(ouais tu me diras avec un nom comme "Mr Kiki", j'aurais pu m'en douter).
Je vais donc être obligée d'avouer en public, mon fils, que je t'ai recueilli à ta naissance... à côté d'un bar. Tu n'avais pas de hochet en argent, ni de brassière en dentelles, on n'a trouvé qu' un pack de bières au parfum fruité près de ton couffin. Franchement, c'était maigre pour t'identifier !
QUOI ?! tu n'es pas ma mère biologique ?????????
En tout cas, l'anecdote du bar est révélatrice : elle explique l'atavisme handicapant dont je souffre depuis ma plus tendre enfance chaque fois qu'une pinte est à portée de main...
(écrivai-je tout en buvée une gorgée de vin (et le pire c'est que c'est vrai))
Mais alors QUI sont mes parents, bordels !!!!!!!!!!!!!!!!! Mamiiiiiiie Choupyyyyyyyyyyyyy à laide !!!!!!!!!!
Bah quoi, j'avais les fesses sensibles, et alors ? c'est pas une raison pour pas m'aimer !
Ok tu es ma vraie mère. La seule et l'unique, Môman Adorée...n'empêche que quand même cette révélation me fait un choc, mais je comprends pourquoi je me suis toujours senti si différent de mes frères et soeurs (double snif)
Je constate avec consternation qu’on m’avait dit vrai. Il se tient ici des propos calomnieux que je m’empresse de démentir :
Je ne suis pas une célébrité.
Par conséquent, Monsieur Thom n’est pas mon fils.
Madame Gaëlle, n’allez pas mettre le bazar dans mon couple, s’il vous plait. C’est pas tous les jours facile d’être un sex symbol, n’allez pas en plus colporter d’infâmes ragots me prêtant d’hypothétiques relations extraconjugales.
(Quoi que… C’était quoi la marque de la bière ?)
Mr Kiki : merci
Gardienne : pardon
yue : tu viens de noter un point intéressant...en effet, depuis hier, j'ai juste la moustache !!! ce qui signifie que Mr Kiki me connaît ! finalement, c'est peut-être mon père !!!!!!!!!
Pour ce qui est de la bière, je ne me souviens plus de la marque, mais je crois que c'était une bière à la framboise. Ou quelque chose dans ce goût-là.
En espérant que vous me pardonnerez cette petite plaisanterie alcoolisée ;)
Soit, ce n'est pas la première fois que nous ne sommes pas d'accord, mais une chose m'intrigue : tu soulignes les qualités d'écriture, alors que c'est justement la maladresse d'écriture qui m'a le plus gênée (rythme artificiellement saccadé, incohérence dans les temps de la narration, lourdeur des répétitions etc...).
Comme ce n'est pas la première fois que nous divergeons sur les qualités d'un style, je me posais la question suivante : est-ce moi qui ne suis pas faite pour un certain style, que je juge à tort comme "absence de style"? :-/
Maintenant je peux juste te demander : où ai-je souligner quoi que ce soit ? J'ai écrit juste : "Son style n’est pas extraordinaire, mais il est efficace. D’une simplicité accrocheuse, dirons-nous. Vif et candide, soit donc parfaitement adapté à l’histoire qu’il nous raconte" ...quand je relis ça je n'ai pas l'impression d'avoir encensé le style de Berléand, mais plutôt d'avoir dit que, pour ce genre d'histoire, ça ne m'avait pas déranger (l'art délicat de la formulation... :)).
Je ne suis pas sûr de pouvoir être plus précis si longtemps après avoir lu le livre :-D
Bon, je me doutais un peu de ta réponse puisque je suis moi même très ennuyée quand un intrenaute me pose des questions sur un billet qui date. ;-)
Mais voilà, le style ne t'a pas rebuté. Moi il m'a dérangé, vraiment. bon, tant pis pour la discussion... je resterai avec mes interrogations ;-)
(et puis c'est bientôt fini cette autopromo permanente sur Le Golb ? les gens se posent des questiiiiions - je t'assure... :))
Et puis quelle auto-promo? Pour une fois que je venais discuter littérature.... :-/