La Marche de Radetzky (Joseph Roth, Autriche, 1932) :
Une fresque narrant au travers de trois générations la déchéance de l’Empire Austro-Hongrois, avec tous les avantages et les inconvénients de la fresque. Autant le dire, le « classique » de Joseph Roth ne m’a pas vraiment convaincu, tant du fait d’une écriture poussiéreuse que parce que j’ai eu l’impression vivace de lire du début à la fin un roman historique (ce qui n’est pas le cas, en fait). Il paraît que ça s’appelle « mal vieillir ». Pourtant je n’ai pas regretté d’aller au bout : le dernier quart dégage une poésie évidente et est doté d’un souffle propre…qu’on aurait hélas aimé retrouver dans le reste du roman.
note indicative : 2 ,5 / 6
Les morts ont tous la même peau (Boris Vian, France, 1948) :
Le second « Vernon Sullivan », dans la droite lignée de « J’irai cracher sur vos tombes » - l’effet de surprise en moins. L’histoire a sans doute beaucoup surestimé les petits polars nerveux et provocs du double de Borian Vian – lequel ne les a d’ailleurs jamais jugés autrement que comme des récréations. De fait, « Les morts ont tous la même peau » est une récréation agréable…
note indicative : 4 / 6
My Life As A Fake (Peter Carey, Australie, 2003) :
Entre drame et polar, le huitième roman de Peter Carey offre une vertigineuse réflexion sur le processus de création et la quête identitaire d’un (des ?) écrivain(s). Austérien en diable, le livre se lit d’une traite ou pas loin en dépit de sa complexité (intrigue et écriture). Au final une véritable découverte pour moi !
note indicative : 5 / 6
Our Gang (Philip Roth, USA, 1971) :
Bizarrement, la charge anti-Nixon publiée par un Philip Roth encore jeune et rageur n’a pas tellement vieilli. Mais c’est peut-être parce que l’Amérique puritaine n’a pas tellement changée et que de ce point de vue aucun président n’aura été plus proche de Nixon que Bush que cette satire dans la pure tradition swiftienne a conservé toute sa force de frappe ? En tout cas on rit du début à la fin. A noter qu’il n’est pas nécessaire d’être anti-Nixon pour s’en payer une bonne tranche avec Philou.
note indicative : 4,25 / 6
Fred & Eddie (Jill Dawson, Angleterre, 2000) :
Recyclage d'un fait divers certes poignant, le récit de Jill Dawson n'en demeure pas moins insuffisant et parfois pathos, et ressemble globalement plus souvent à un documentaire qu'à un roman. Ce qui sous-entend qu'il est plus intéressant que passionnant, plus documenté qu'émouvant, plus réfléchi que sensuel, et écrit dans un style passe-partout collant mieux aux colonnes société du Times qu'aux mésaventures romanesques d'un couple sulfureux. Ce n'est pas parce qu'on s'inspire d'un fait divers qu'il faut écrire le roman de la même manière qu'on rédigerait l'article dans la rubrique indiquée...non ?
note indicative : 2 / 6
Le Voleur & Les Chiens (Naguib Mahfouz, Egypte, 1961) :
Peu de chiens mais quelques hommes, fous, sombres, romantiques, emportés, torturés, simples, voir tout cela à la fois. Une véritable découverte (le livre, pas l'auteur, dont je viens de terminer les oeuvres complètes) que je recommande à tous...la simple lecture de la première page, d'une poésie fulgurante, devrait vous convaincre sans peine...
note indicative : 6 / 6
La Dame N°13 (José Carlos Somoza, Cuba, 2003) :
« Et si la poésie était une arme ? » s’est dit un matin Somoza. Un matin de l’année précédente, il s’était réveillé en se disant : « Et si on faisait des toiles humaines ? » - le résultat avait été « Clara et les pénombre » (dont vous devriez pouvoir trouver une critique quelque part dans l’index). Là, il refait le coup de l’idée de base tenant sur un demi confetti plié en quatre avec (presque) autant de bonheur : haletant, foisonnant, vicieux et poétique (c’est le minimum vous me direz), « La Dame N°13 » est encore un grand coup. Dommage que l’auteur n’ait pu s’empêcher de tomber dans le grotesque dans les cinquante dernières pages (sur cinq cent cinquante tout de même)…
note indicative : 5,75 / 6
Le mendiant (Naguib Mahfouz, Egypte, 1965) :
C’est le dernier roman de mon dernier volume d’œuvres complètes, et le seul qui ne m’ait pas franchement emballé. En gros, il s’agit d’un genre de comédie sociale (si j’ose dire), l’histoire d’un mec recherchant l’amour à tout prix, un mendiant de l’amour, quoi !!! Oui, ça vous dit quelque chose, normal : rien de bien original ici, tant dans le fond que dans la forme. Et ce même si le charme de Mahfouz parvient malgré tout à affleurer par intermittence…
note indicative : 2,25 / 6
Extremely Loud & Incredibly Close (Jonathan Safran Foer, USA, 2005) :
Encensé un peu partout (notamment chez yueyin, qui va nous mettre un lien vers son article en commentaire, vu que j'ai toujours ce foutu problème pour les copier) le dernier Safran Foer est effectivement un livre remarquable qui mérite son titre de « premier roman post – 09/11). Du reste, c’est encore un peu plus : un objet, plus qu’un texte…or je dois avouer que mon édition (Penguin) ne m’a pas forcément donné le loisir de profiter de cela. Pour autant j’aurais plutôt tendance à privilégier le texte sur les procédés et gimmicks (car trois pages de numéros ça ne peut pas avoir d'autre nom), et de ce point de vue rien à dire : c’est excellent.
note indicative : 5 /6
Commentaires
SysT
Bon retour au bercail.
Euh oui, tout comme Loupiote... Rassure-moi, il est pas fini ton ravalement de façade ? ;-)
Pas du tout de ton avis mon Thom sur le seul que j'ai lu.Je suis un grand amateur de Joseph Roth et passionné des empires quand ils s'écroulent..Il me semble avoir écrit sur Roth déjà.A bientôt.
Mais pour le caractère euh...il y a peut-être une question d'affichage ? Ou alors de vue ??? Parce que moi je le trouve réellement plus gros que le précédent, je vous assure...une fois et demi plus gros, à en juger par mon éditeur de texte. Après je peux grossir encore, mais là pour le coup verdana 14 je vous jure que c'est super gros, c'est à dire que ça fait presque la taille des titres...
eeguab, j'ai été déçu, en attendant beaucoup...je n'ai pas détesté non plus, ce serait mentir. J'ai pensé bizarrement à Zweig, je ne sais pas trop pourquoi j'ai eu le sentiment que les deux univers se répondaient...sauf que j'accroche beaucoup plus facilement à l'écriture de Zweig, Roth m'a fait un poil mal au crâne :-) Je serai curieux de lire ce que tu as écrit sur le sujet...j'irai jeter un oeil sur ton ancien blog (je n'ai pas le souvenir d'avoir lu quelque chose de ce genre sur le nouveau), mais si tu retrouves la page avant que je mette la main dessus, n'hésite pas à laisser un lien. A bientôt !
Sinon comme le dit Loupiote tes caractères n'ont pas changé et pourquoi tu dis "verdana 14", quand tu fais ton article sur OB tu peux modifier la police en cliquant sur "verdana" & "x-small" !!!
Au sujet de ta sélection je dis "miam" pour le José Carlos Somoza et Jonathan Safran Foer ! ;-)
Pour ce qui est du ravalement de façade de ton blog, je trouve que c'est beaucoup mieux comme ça. Le contraste du orange foncé et du blanc, fais ressortir ton texte et du coup, c'est plus lisible. Et Thom, je suis d'accord avec les autres, la taille de ta police est un brin petite ;))
Je te suis complètement sur ce coup là aussi.
Quant au Safran Foer, je dois avouer que j'ai beaucoup aimé le premier, mais que celui-là me tentait moins. Tu viens donc de réhausser mon intérêt.
C'est dire si je te fais confiance.
Musky, Franswa, je ne savais pas qu'il y avait un autre JSF jusqu'à la semaine dernière, où je suis tombé dessus mais n'ai pas eu la possibilité de me le procurer. Du coup, c'est un échange de bon procédés, puisque grâce à vous c'est moi qui vais m'intéresser au premier roman ! Merci en tout cas de votre confiance.
Alors, ces vacances furent fructueuses manifestement !
Moi aussi, je m'attendais à ne plus reconnaître Le Golb, heureusement, il n'en est rien.
Toi qui a lu le Jonathan Safran Foer en V.O., ça se lit facilement malgré les jeux de typo etc ? J'avais peur que ça me rende le tout plus difficilement assimilable...
Musky, je ne te remercie pas, j'ai super envie de lire "tout est illuminé" maintenant... rah c'est malin.
Thom pour Roth c'est une petite note générique Alcools sur Lire Allemagne,Autriche.Il y a aussi quelques mots sur Schnitzler et Perutz.A bientôt.Quant à la pochette de Music from Big Pink c'est vrai qu'on ne risque pas d'acheter un CD rien que pour la pochette?
Salut thom... trop contente de te relire et charmée que tu ai aimé Le safran foer... Comme je l'ai lu en grand format je n'ai pas été gêné par les procédés graphiques... à vrai dire j'étais tellement dans le texte que je les ai à peine remarqué... j'y suis revenue à la fin seulement... Je lirai bien le premier maintenant :-)
Tu veux vraiment le lien ? http://lireouimaisquoi.over-blog.com/article-5550362.html voilà... bises mon frère !
Il est parti quelques jours mais il revient avec plein de critiques alléchantes dans la besace. Je vais picorer deux trois trucs dans ta liste.
Moi j'aime bien le relooking mais c'est vrai que la taille de la police on ne voit pas beaucoup la différence, mais c'est pas grave je continue à te lire.
Mahfouz a une façon de parler de son pays tout à fait exceptionnelle, émouvante et poétique. A lire et relire !
Les morts ont tous la même peau est beaucoup moins fort que de nombreux Vian. En tout cas, je n'en garde pas un bon souvenir. J'ai trouvé que c'était un peu facile, ou répétitif... dans la même veine en effet que J'irai cracher... mais plus bâclé...
Quant à Sfar, quel beau livre ! Je trouve le personnage de l'enfant terriblement vrai. Je n'ai pas été gênée par ces pages dessinées, blaches, noires... Même si c'est un peu déconcertant au départ.
Bonne soirée !
Salut Thom,
Ton rythme de lecture est tout bonnement impressionnant. S'agit-il là uniquement de lectures-loisir ou de lectures en lien avec une activité professionnelle ?
Bon week-end !
yue, merci pour le lien, j'en ai marre de ne pas pouvoir les mettre moi-même. Je te confie la mission de mettre en lien le forum des chats dans mon prochain article sur Jean Teulé ? ;)
Chimère, bon ap' n :))
Hello Anne-Sophie ! Donc, comme je le disais plus haut, sur JSF je pense sincèrement que c'est un pas de bol dû à l'édition. J'ai feuilleté l'édition française récemment...eh bien, pour une fois, j'aurais peut-être dû...
Thierry, aucune activité sinon le bonheur de nourrir mon cerveau :)) A noter tout de même qu'il faut en fait décomposer ce petit billet pour trois semaines, ce qui fait du trois livres par semaine et devient même en dessous de ma moyenne habituelle ;)
Pour Mahfouz, que je ne connais pas, j'ai eu un temps d'arrêt à la librairie avant-hier : celui dont tu parles n'y était pas et il y en avait au moins une douzaine d'autres seulement voilà... je ne savais par où commencer ! du coup je suis reparti avec tout est illuminé ce qui est bien aussi mais ne règle pas mon souci : des suggestions ?
Je vois que le Sfoer est bien...as-tu lu Tout est illuminé? (c'est celui que j'ai dans mon challenge)... ;o)







SysT