Les notes du Golb

...
   Oxxxxx
    Sans façon !

   OOxxxx
    Bof...

   OOOxxx
    Eventuellement...

   OOOOxx
    Volontiers.

   OOOOOx
    Avec plaisir !

   OOOOOO
    Sans la moindre
    hésitation !!!
...

Ne m'écrivez pas

 
...je ne cherche pas, en effet, à me faire des amis...

...cependant, en cas de force majeure...
....
 ATTENTION NEANMOINS : nous nous réservons le droit de décider du caractère profondément majeur de votre cas de force majeure. Ou pas.
Jeudi 26 juin 2008

Tout ici chante la vie de naguère,
non pas dans un sens qui détruit le demain ;
on devine, vaillants, dans leur force première
le ciel et le vent, et la main et le pain.

Ce n'est point un hier qui partout se propage
arrêtant à jamais ces anciens contours :
c'est la terre contente de son image
et qui consent à son premier jour.


Rainer Maria Rilke, "Les quatrains valaisans" (Fata Morgana, 1926)



...
Dimanche 3 février 2008


    Midi, enfin.
    Un poing s’élève.
    Tous les feux du soleil se rassemblent en lui.
    Brutal instant qui déchire les ronces.
    Geste qui retrouve la mémoire.
    Le soleil blanchit aux confins du regard. Dressé au-dessus des oliviers, il absorbe le ciel. L’olivier retient son délire. Le ciel n’ose plus frémir. Le pin s’éclate de sève et, au risque de périr, enlace l’heure. L’air alors devient plus lourd de mystère. La poussière vaincue retombe sur le sol qui la fait naître…
    Là.
    Fixement, je parcours le paysage au plein de son jour.
    Des relents de mémoires aux essences violentes – thym, résine et sarriettes mêlées – attisent la sève qui monte en moi.
    Le soleil m’accueille dans un ressac de silence.


Jean-Claude Izzo, « Loin de tous rivages » (Editions du Ricochet, 1997)





Mercredi 23 janvier 2008


Alabam was a sneak and a theif and he came to my
room when I was drunk and
each time I got up he would shove me back
down.

you prick, I tole him, you know I can take you!

he just shoved me down
again.

I finally caught him a good one, right over the
temple
and he backed off and
left.
it was a couple of days later
I got even: I fucked his
girl.

then I went down and knocked on his
door.

well, Alabam, I fucked your women and now I'm going to
kick you all the way to
hell!

the poor guy started crying, he put his hands over his
face and just cried

I stood there and watched
him.

then i left him there, i went back to
my room.

we were all alkies and none of us had jobs, all we had
was each other.

even then, my so-called women was in some bar or
somewhere, i hadn't seen her in a couple of
days.

I had a bootle of port
left.

i uncorked it and took it down to Alabam's
room.

said, how about a drink,
Rebel?

he looked up, stood up, went for two glasses.
...

Charles Bukowski, « You get so alone at times that I just make sense » (Black Sparrow Press, 1986)




Mardi 20 novembre 2007
(extrait)
 
 

Et la foule grandit plus innombrable encore.

Et le sombre hypogée où s’alignent les couches

Est vide. Du milieu déserté des cartouches,

Les éperviers sacrés ont repris leur essor.

 

Bêtes, peuples et rois, ils vont. L’uareus d’or

S’enroule, étincelant, autour des fronts farouches ;

Mais le bitume épais scelle les maigres bouches.

En tête, les Grands Dieux : Hor, Khnoum, Ptah, Neith, Hathor.

 

Puis tous ceux que conduit Toth Ibiocéphale,

Vêtus de la schenti, coiffés du pschent, ornés

De lotus bleu. La pompe errante et triomphale

 

Ondule dans l’horreur des temples ruinés,

Et la lune, éclatant au pavé froid des salles

Prolonge étrangement des ombres colossales.

 
 

José-Maria de Heredia, « Les Trophées » (Gallimard Poésie, 1893)

 
 
 
 
Lundi 12 novembre 2007
(extrait)
 
 
 
 

Je sais que c’est un meurtre et que tout me condamne ;

Et je ne voudrais pas vraiment qu’on chicanât

Et qu’on prit pour un duel un simple assassinat.

Il était à mes pieds, mort, perdant sa cervelle ;

Et, comme un homme à qui tout à coup se révèle

Toute l’immensité du remord de Caïn,

Je restais là, cachant mes yeux sous ma main.

Alors les compagnons de moi se rapprochèrent,

Et voulant me saisir, en tremblant, me touchèrent.

Mais je les écartai d’un geste, sans effort,

Et leur dit : « Laissez-moi. Je me condamne à mort. »

Ils comprirent. Alors, ramassant ma casquette,

Je la leur présentai, disant, comme à la quête ;

« Pour la femme et les petiots, mes bons amis ! »

Et cela fit dix francs, qu’un vieux leur a remis.

Puis j’allai me livrer moi-même au commissaire.

 

A présent, vous avez un récit très sincère

De mon crime, et ne pouvez pas faire grand cas

De ce que vous diront messieurs les avocats.

Je n’ai même conté le détail de la chose

Que pour bien vous prouver que, quelquefois, la cause

D’un fait vient d’un concours d’évènements fatal.

Les mioches aujourd’hui sont au même hôpital

Où le chagrin tua ma vaillante compagne.

Donc, que pour moi ce soit la Prison ou le Bagne,

Ou même le Pardon, j’en ai plus souci ;

Et si vous m’envoyez à l’échafaud, merci !

 
 

François Coppée, « La Grève des forgerons » (Alphonse Lemerre Editeur, 1869).

 
 
 
 

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