Les notes du Golb

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   Oxxxxx
    Sans façon !

   OOxxxx
    Bof...

   OOOxxx
    Eventuellement...

   OOOOxx
    Volontiers.

   OOOOOx
    Avec plaisir !

   OOOOOO
    Sans la moindre
    hésitation !!!
...

Ne m'écrivez pas

 
...je ne cherche pas, en effet, à me faire des amis...

...cependant, en cas de force majeure...
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 ATTENTION NEANMOINS : nous nous réservons le droit de décider du caractère profondément majeur de votre cas de force majeure. Ou pas.
Samedi 29 mars 2008
Le dernier Bauhaus est très réussi. Un retour en forme.

Voilà typiquement le genre de phrase que je me refuse à écrire. Voilà typiquement pourquoi je fuis les chroniques de nouveautés comme la peste la plupart du temps. La vérité est que je n'en sais rien. Que le plaisir de retrouver Bauhaus est tel que, dans le fond, je n'arrive pas à déterminer si j'écouterai encore Go away white dans six mois. Dans ces cas-là : je zappe de la sélection trimestrielle. Sinon j'ai des regrets. Il y a quelque semaines Sevie m'a fait m'amender avec une pointe d'ironie deux ans après que j'aie déclaré fort solennement à propos d'Asyl : « Voilà un futur grand groupe chers lecteurs... ». Ce genre d'aventure invite à la méfiance !

Ceci mis à part cette première sélection de 2008 (qui a changé de nom pour l'occasion - vu que ça n'a jamais été un TOP) a (comme de juste) été pour le moins meurtrière. S'il n'a guère été difficile d'écarter certains albums pourtant on ne peut plus hype (le , aimable plaisanterie dont l'unique mérite aura été d'apprendre à tous les blogueurs comment taper le o barré ; le Daniel Darc, intéressant mais néanmoins très décevant)...d'autres m'ont posé de sérieux cas de conscience. A commencer par le Vampire Weekend (voir plus bas) ou le Supergrass (meilleur grand groupe mineur de sa génération qui vient - comme d'hab - de publier un grand album mineur). Ou encore le Goldfrapp, pour des raisons un peu différentes : à force de ne lire que dithyrambes à son sujet je me suis forcé à l'écouter des dizaines et dizaines de fois pour comprendre ce qu'il avait de génial...avant d'abonner. D'autres auraient sans doute mérité d'être repéchés, comme les prometteurs Young Republic, les inénarrables Buzzcocks ou l'A Perfect Place de Mike Patton (excellent disque écarté de cette sélection pour une raison des plus oiseuses - ce n'est "qu'une" B.O.).

Sur ce passons à la sélection. A noter (mais vous avez maintenant l'habitude) que les albums parus fin mars (le Salsedo et le très attendu Bashung, entre autres) sont bien entendu reversés dans la sélection du prochain trimestre (quatre écoutes ne suffisant pas pour émettre un avis valable).



MON DISQUE A MOI (et rien qu'à moi) DU TRIMESTRE :

« Real Emotional Trash » - STEPHEN MALKMUS & JICKS

realemotional.gif Mais...POURQUOI ? Pourquoi le monde ignore t'il complètement les dernières sorties de Stephen Malkmus, ex-leader des cultissimes Pavement ?
Après un premier opus encensé aux quatre coins du globe en 2001, le beau Steve est retombé brutalement dans l'anonymat le plus complet alors même que son œuvre n'en finissait plus d'être passionnante. Comme l'excellent Pig Lib (2003) et comme le remarquable Face the Truth (2005), Real Emotional Trash est un album de tout premier ordre - sans aucun doute le meilleur sur lequel il se soit ébroué depuis l'indispensable Woowee Zowee. Carrément. Ce qui signifie en décodé que pour la première fois depuis très longtemps dans cette rubrique, le choix de "mon disque à moi du semestre" n'aura pas prêté bien longtemps au débat.
Car au bout d'une seule écoute le doute n'est pas permis : « Baltimore » est sans conteste LE grand morceau de ce début d'année 2008. Et ce n'est pas fini : « Dragonfly Pie » est une merveille de pop fracassée (et fracassante)... « Real Emotional Trash » un exercice de rock funambule exceptionnel...quant au reste, que ce soit l'adorable « Wicked Wanda » ou l'envapé « Out Of Reach », il permet enfin d'accoler une vraie classification à un artiste qui défie depuis toujours les étiquettes : Stephen Malkmus, roi de la trip-pop. Ouais, bon...soit : c'est un genre qui n'existe pas. Mais quoi de plus normal que d'inventer un courant tout exprès pour ce songwriter d'exception ? Réduire Malkmus à un genre préexistant serait faire insulte à son talent. D'autant qu'il vient de sortir, vous l'aurez compris, un très, très grand disque. De ceux qui vont placer la barre très haut pour une année 2008 encore balbutiante.

à écouter en priorité : « Baltimore », « Dragonfly Pie » & « We can't help you »



SELECTION :

« Dig, Lazarus, Dig !!! » - NICK CAVE & THE BAD SEEDS

nickcave-diglazarusdig.jpgL'an passé, Grinderman fit une telle unanimité que c'en devint rapidement suspect. Et pourquoi pas Nick Cave Président de la Blogosphère - pendant qu'on y était ? Bonne nouvelle : avec Dig, Lazarus, Dig !!! la légende vivante va redevenir subversive. C'est déjà ça. Mais sinon ? Que retirer de ce premier album des Bad Seeds depuis le chef d'œuvre Abattoir Blues ? Une déception ? Euh...plutôt une surprise. Demi surprise, pour être précis, dans la mesure où Lazarus est finalement dans la droite lignée du susnommé Grinderman - c'est à dire franchement rock'n'roll et résolumment seventies. Deux albums si proches en deux ans, voilà qui n'était pas dans les habitudes de Cave. De là à parler de nouvelle (ré)incarnation il n'y a qu'un pas que nous franchirons allègrement : oui, Nick Cave a encore changé. Musique plus aérée emmenée par des Bad Seeds parfois franchement pop, mais aussi esthétique tout à fait différente des (vieilles) habitudes : costumes plus clairs, clips singulièrement joviaux, artiste désormais souriant...et cette pochette !!!...d'aucuns m'accuseront de faire une fixation sur ce détail, mais pourtant... : tout est dit dans la désormais indispensable moustache de Nick Cave. A commencer par le côté rock de bûcheron psychédélique développé par le groupe sur un « We call upon the author » ou un « Lie down here (and be my girl) ». Dig, Lazarus, Dig !!! est un album frais, direct, presque spontané, musiques comme textes. Que ceux qui, déroutés, voudraient laisser au disque le temps de se décanter « parce que c'est Nick Cave » ne se fatiguent pas trop : au bout de la quarantième écoute Lazarus n'est ni meilleur ni moins bon. Il est pareil qu'après la première : rock, nerveux, particulièrement groovy (« Moonland »). Tout à fait réussi. Sans doute moins surprenant que Grinderman, mais nettement plus cohérent. Un futur classique ? Peut-être bien...

à écouter en priorité : « Dis, Lazarus, Dig !!! » & « Today's Lesson »
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à lire : l'article de SKA

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sans oublier...le Rékapituléidoscope Nick Cave (première et seconde partie)


« Ghost Days » - SYD MATTERS

Ballottage favorable. En fin de sélection une question m'a pris la tête durant plusieurs jours : Syd Matters ou Vampire Weekend ? Les deux albums présentent nombre de qualités, ils sont tous les deux signés par des groupes à l'exposition encore relativement discrète, et les notes indicatives que je leur avais décernés depuis quelques semaines étaient identiques. Alors que faire ? Eh bien avouns-le : le patriotisme bas de plafond l'a emporté et a hissé Syd Matters dans la sélection trimestrielle. De toute façon il m'a semblé que côté blogs, Vampire Weekend était déjà très bien défendu par Arbobo , Ama-L et Laiezza. En plus Ghost Days est un album remarquable pour s'endormir en fumant un joint et ça, c'est un argument de vente imparable, même si je ne fume plus de joints depuis longtemps et même si je suis insomniaque. La voix est superbe, les arrangements sont luxuriants et les chansons se retiennent. Que demander de plus ? Un peu de nerf ? Il est vrai que contrairement à ses deux (très bons) prédécesseurs le troisième Syd Matters ne sort presque jamais du registre éthéro- planant. Il faut attendre la toute dernière plage (« Nobody told me ») pour sentir un peu d'énergie, un peu de chair en sus de l'âme se dégageant du reste du disque. Mais peut-on réellement résister à « Cloudflakes » (une face B de The Eraser ?) ? A « Louise » et à son gimmick entêtant (une face B de Field Songs ?) ? A la tourbillonnante « Me & My horses »... ?...Air ayant visiblement démissionné de son rôle de machine à rêves nationale, Syd Matters se propose de le remplacer au pied levé. On signe des deux mains !

à écoute en priorité : « Everything else » & « Cloudflakes »

à lire : les billets de LAIEZZA
& LAURE


« Histrionics » - SCENARIO ROCK


histrionics.jpg Ballottage favorable - suite et fin. Scenario Rock ou Vampire Weekend ? Bon...vous l'aurez compris : les chouchous d'Arbobo se sont faits latter ce trimestre par la crème de la scène pop française du moment. Mais on les aime bien quand même (et on recommande). Venons-en à Scenario Rock, auteurs de l'excellent (et hélas trop mésestimé) Endless Season il y a (déjà) trois ans et demi. Ere du temps oblige, le groupe a définitivement enterré ses véliétés expériementaux-sonicyouthienne pour se concentrer sur l'autre versant de sa musique - une new-wave luxuriante et toujours aussi funky. C'est d'abord une semi-déception. Et puis...surprise : Histrionics tient foutrement bien la route. De plus en plus à chaque écoute. Quitte à tenir la dragée haute aux dernières grosses sorties du genre (à commencer par le Bauhaus susmentionné). Moins immédiates qu'il y paraît de prime abord, les compos fonctionnent bien, se retiennent, se sifflotent autant qu'elles s'écoutent. Un nouveau disque classieux à mettre à l'actif de ce jeune groupe décidément prometteur - donc. Chaudement recommandé par Le Golb !

à écouter en priorité : « Glances & Smiles » & « Love antidote »


« In the future » - BLACK MOUNTAIN

BlackMountain-04-wide.jpg Régulièrement un groupe apparaît qui n'invente rien mais recycle de manière tellement agréable qu'il ramasse tous les lauriers. En 2008 ce sera Black Mountain, collectif canadien déjà auteur d'un sympathique petit premier album il y a trois ans. Objectivement, In the future n'apporte rien à la musique ni à l'esthétique. C'est un album de hard-rock-prog seventies tout ce qu'il y a de plus banal, on ajoutera même avec un soupçon de mauvais esprit que publié en 1973 il serait passé complètement inaperçu. Qu'importe : si réellement le rock repose sur la notion de recyclage décomplexé Black Mountain peut sans conteste être vu comme l'un des groupes les plus excitants du moment.  Avec ses gros riffs à la Sabbath (dont il reprend carrément le son de guitare sur « Stormy High »), ses envolées floydiennes et ses breaks made in Deep Purple...Black Moutain a tout pour plaire aux amateurs de rock millésimé. On glisserait d'ailleurs volontiers une pépite comme « Angels » dans la lignée d'un Powderfinger - autres charmants piqueurs de plans à pattes d'eph. Une réussite, donc : en dépit de quelques passages un brin poussifs (ou comment partir de Hawkwind pour finir en Blue Öyster Cult) In the future est un très bon disque...qu'on aura tous oublié dans deux ans - probablement. Et alors ?

à écouter en priorité : « Stormy high » & « Tyrants »

à lire : les articles d'ERIC
, KLAK et SYSTOOL.


« Midnight Boom » - THE KILLS

kills.jpgCertains attendaient depuis des années que les Kills cessent d'être un petit groupe prometteur et publient LE disque. C'est chose faite avec Midnight Boom, qui délaisse un peu l'electro-punk pour se recentrer sur une musique plus aérée mais toute aussi efficace. Comme en plus le duo est en passe devenir énorme...il n'en fallait pas plus pour que subitement les adorateurs d'hier se mettent à dénigrer VV et Hotel. Pourtant, et même s'il est incontestable que les Kills se sont assagis, Midnight Boom reste un excellent disque, tout à fait raccord avec leurs premières exactions. Voilà bien longtemps (depuis le premier Peaches en fait) que le rock n'avait plus été si dansant, si catchy et si danceflooriquement incorrect. Certains se gaussent sur le mode : les Kills ont viré Garbage. Tout juste : Midnight Boom est effectivement le grand disque qu'on a cessé d'attendre de Garbage depuis une bonne décennie. Il faut voir VV se métamorphoser en Siouxsie technoïde le temps d'un mémorable « Hook & Line » pour mesure le chemin parcouru par un duo qui il y a encore trois ans avait tout du feu de paille. Aussi mélodique que percutant, Midnight Boom passe très bien l'épreuve des cinquante écoutes, s'imposant sans grande surprise comme l'un des meilleurs disques du trimestre. Reste à voir s'il résistera aussi bien à l'épreuve du temps...m'est avis que oui.

à écouter en priorité : « Alphabet Pony » & « Hook & Line »

à lire : l'article d'ERIC
, qui une fois n'est pas coutume pense tout l'inverse de moi ; celui de LYLE (qui pense l'inverse des deux réunis)


« Plan your escape » - GIRLS IN HAWAII

planyour.jpgLe nouveau Girls In Hawaii est une petite merveille. Quelle surprise venant des auteurs de l'excellent From here to there. Lentement mais sûrement le sextet belge est en train de se faire son trou et de s'imposer comme l'un des fleurons de la pop européenne...le buzz enfle un peu plus à chaque sortie et le succès devrait être enfin au rendez-vous pour cette troisième livraison de très, très haute tenue. Chaînon manquant entre Radiohead et Grandaddy, Plan your escape propose une musique plus que rafraîchissante, atmosphérique et évanescente ici (« Shades Of Time », « Plan your escape »), power-pop et nerveuse là (« Bored », « Grasshoper », « Road to Luna »...). Dans ses meilleurs moment ce nouvel opus rappelle l'Archive de la belle époque (celle de Londinium et de Take my head) voir des Pixies saupoudrées de Beach Boys. De bien belles références pour un album brillant de bout en bout, de ces rares merveilles pop capables de provoquer l'adhésion immédiate de l'auditeur même le plus exigeant. La grande classe !

à écouter en priorité : « Grasshoper »


« Sixes & Sevens » - ADAM GREEN

2259723005_ffb04a9d84.jpgAdam Green. Evidemment. Après deux disques plutôt mineurs (dont un Jacketfull Of Danger oublié deux mois après sa sortie) l'ex Moldy Peaches retrouve enfin le sommet avec ce cinquième opus jazzy et baroque. Et se met à assumer : oui, celui qui chantait autrefois « Nat King Cole » se prend pour Sinatra. Ainsi que pour une demi-douzaine d'autres qu'il imite avec humour et décontraction. « Be my man » fait immanquablement penser à Lou Reed période New York, « Festival Song » offre une relecture en fanfare (pour le moins) d' « I fought the law »...et l'ensemble évoque le Scott Walker des débuts qui aurait hérité de l'entrain du jeune Beck. Même si un chouia trop long, l'album réussit malgré tout à aller très loin dans la pop choucroutée sans jamais sombrer dans le pompier - ce n'est pas le premier Rufus Wainwright venu qui pourrait en dire autant. C'est d'ailleurs un Wainwright que Sixes & Sevens rappelle le plus fréquemment - mais pas le fiston torturé : le papa déjanté. Ce n'est pas le moindre des compliments. Si Friends Of Mine (chef d'œuvre de Green paru 2003) reste le disque référence de cet artiste dans son versant folk, Sixes & Sevens ressemble bel et bien à l'accomplissement de cette incarnation pop et hot apparue en 2005. Le prélude à une troisième période toute aussi passionnante ? Après tout...le premier single solo d'Adam Green ne s'intitulait-il pas Dance with me ?

à écouter en priorité : « Festival Song » & « Drowning head first »

à lire : l'article d'ERIC



« Svn Fngrs » - BLACK FRANCIS

2qdc1lw.jpgLe retour gagnant de Frank Black avec le très bon Bluefinger avait été l'une des meilleures nouvelles de 2007. Six mois après, Svn Fngrs vient confirmer ce retour en grâce d'une bien belle manière : fini les Catholics et leurs arrangements bourrins, finies les rumeurs de nouvel album des Pixies et finis les trip americana bassinnants. Frank Black a retrouvé la route du rock, ressuscité son premier alias et se contente de faire ce qu'il fait le mieux : écrire et enregistrer des chansons aux mélodies ciselées et à la dynamique irréprochable. Si Bluefinger était a priori son meilleur album depuis le classique Teenager Of The Year (1994), ce quatorzième opus solu (hors compiles) pourrait bien être tout simplement son meilleur disque depuis le split des Pixies il y a quinze ans jour pour jour. Facile d'accès sans tomber dans les facilités de la période Frank Black & The Catholics, Svn Fngrs montre un maestro à l'assurance retrouvée et plus en voix que jamais. Texte, musique ou arrangements, « When they come to murder me » est assurément la plus grande chanson qu'on ait entendu par Black depuis des lustres. Et ce n'est qu'un parmi les sept doigts vengeurs que renferme ce disque compact, ramassé et implacable. Entre un « Garbage Head » renouant avec le son pixien et le brûlot punk « I sent away »...du bon et rien que du bon sur ce nouvel album. A ne pas manquer !

à écouter en priorité : « Half-man » & « When they come to murder me »


« We have you surrounded » - THE DIRTBOMBS

cover.jpgDans notre série Rétro, il serait sans doute intéressant (quoiqu'un peu humiliant pour votre serviteur) de repêcher ma chronique d'Ultraglide in black - second album des Dirtbombs sorti en 2001. Sûr de mon fait, je concluais en effet en annonçant : « s'ils continuent à ce rythme, les Dirtbombs risquent de sortir un de ces quatre le grand album rock de la décennie ». Bon. Personne n'est parfait, on a tous été jeune et on a tous péché une ou deux fois par excès d'enthousiasme. Finalement sept ans plus tard les Dirtbombs n'ont pas publié de grand chef d'œuvre, n'ont pas marqué la décennie et n'ont même pas acquis le statut de leaders de la nouvelle scène RNR que j'étais le premier à leur promettre. Mea culpa. A ma décharge on notera cependant que : 1/ je n'étais pas convaincu par les White Stripes et trouvait les Dirtbombs bien plus intéressants (preuve de bon sens s'il en est !) ; 2/ je ne pouvais vraiment pas deviner qu'en moins d'un an les Queens Of The Stone Age passeraient du stade d'excellent collectif à celui d'artistes majeurs de leur temps ; 3/ je pouvais encore moins deviner que les Libertines allaient débarquer à ce moment. Reste que pendant ce temps-là les Dirtbombs ont fait presque mieux : elles sont devenues les valeurs les plus sûres de l'underground US actuel (ex æquo avec les Liars!) ; si les Stripes sont les Nirvana de l'affaire, le groupe de Troy Gregory semble avoir hérité du rôle de Mudhoney. Est-ce plus mal ? Incontestablement, We have your surrounded est un grand disque, imparfait mais terriblement classieux, évoquant tantôt...Mudhoney, justement - soit donc des Stooges ressuscités (« It's not fun until they see you cry »), tantôt des Stones post-grunge (« Leopardman »), tantôt enfin des White Stripes qui se contenteraient d'envoyer la purée (« Fire in the Western World » et son refrain imparable). Ajoutant à leur rock sans fioritures une pincée de Suicide (« Race to the bottom ») voir un zest de The Fall (« I hear the sirens »), les Dirtbombs se sortent avec une aisance incroyable du carcan garage-punk dans lequel certains auraient souhaité les enfermer. Et s'affirment comme un grand groupe de rock'n'roll - tout simplement. Autant dire que dans le genre, il sera probablement très difficile de trouver mieux en 2008.

à écouter en priorité : « It's not fun until they see you cry » & « Indivisble ».

à lire : l'article d'ERIC




NOTE 1 : comme d'habitude, je vous invite à ajouter vos liens dans les commentaires si vous avez vous aussi chroniqué ces disques.

NOTE 2 : comme d'habitude (aussi), je vous renvoie à l'indispensable
classement des blogueurs pour un plus vaste aperçu...même si pour l'heure l'édition 2008 de notre rubrique favorite balbutie encore (G.T. !!! Reviens !!!)...

NOTE 3 : article programmé en début de semaine ; je suis donc là tout en étant toujours pas là.



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Jeudi 17 janvier 2008
En 2007 contrairement à 2006 j’avais prévu de rendre le dernier Top 10 en temps et heures et puis…finalement non, les vacances ne m’en ont pas laissé l’occasion. Tant pis : voici la sélection de mes dix disques favoris des trois derniers mois, légèrement en retard et sans ambition d’exhaustivité.

A noter que je posterai avant la fin du mois un classement définitif pour l’ensemble de l’année 2007.

A bientôt !



MON DISQUE A MOI (et rien qu’à moi) DU TRIMESTRE

« Le Lac de Fish » – TUE-LOUP


lacdefish.jpgJ’avais pourtant juré que non, tant pis, le nouveau Tue-Loup ne serait pas dans le Top 10, je n’avais pas eu le temps de l’écouter assez pour écrire dessus. Car lorsque mxmm m’a demandé ce que j’en pensais j’ignorais jusqu’à l’existence du Lac de Fish – pourtant sorti alors depuis un mois. Et il me fallut encore un mois pour parvenir à me le procurer. Quant à le cerner…soyons sérieux : il s’agit d’un album de Tue-Loup (le sixième, quoique certains semblent compter Tout nu comme un album à part entière – ce qui me semble sujet à caution puisqu’il s’agit uniquement de versions acoustiques de morceaux déjà connus). Par définition il faudra donc au moins un an pour l’appréhender parfaitement – ce qui l’exclut théoriquement de toute sélection réalisée à chaud. Déjà pour le précédent (somptueux Rachel au Rocher) j’avais attendu trois mois avant d’en publier une critique…
Mais « Cabale » aidant, « Gisant » vibrant…j’ai fini par céder à l’envie de virer Babyshambles de la place de MDAMERQAMDT potentiel qu'il occupait depuis sa sortie. Car Tue-Loup, c’est un peu comme Radiohead avant 2007 (pour moi en tout cas) : le groupe auquel on met d’office la note maximale. Par précaution pour ne pas se déjuger plus tard. En prévention de tout ce qu’on va découvrir au fil des écoutes de la dernière livrée.
Dans un premier temps Le Lac de Fish déroute. Normal, c’est Tue-Loup direz-vous. Oui, mais justement : Le Lac de Fish déroute car pour la première fois depuis le chef d’œuvre Penya on est pas spécialement surpris ni par la couleur de l’ensemble ni par les ambitions (plus folk-rock que jamais) du répertoire. Soniquement très proche de Rachel au Rocher, musicalement renouant avec le côté plus direct des premiers disques, Le Lac de Fish est pourtant bien plus qu’un compromis et n’a franchement rien d’une redite : c’est avant tout l’aboutissement d’une œuvre de plus d’une décennie pour laquelle l’adjectif singulière semble avoir été inventé. Et qui à l’instar des œuvres d’un Nick Cave ou d’un Leonard Cohen aura toujours son lot de réfractaires qui, pourtant, ne pourront jamais lui nier son authenticité ni sa personnalité. Dont acte : à lire les articles déjà postés sur divers sites internet il semble que les critiques soient enfin parvenus à classer Tue-Loup – plus de la moitié fait référence à ce point. Du côté du Golb, on s’en fout un peu : Tue-Loup fait du Tue-Loup, surprend à chaque sortie, se dévoile à chaque écoute, se renouvelle sans jamais perdre de vue les fondamentaux : un son de guitare immédiatement reconnaissable (Thierry Plouze fait une fois encore des merveilleux), des arrangements bien plus ambitieux et fouillés qu’il y paraît de prime abord, une vision artistique bien rare sur la scène française et bien sûr des textes uniques et une voix poignante…plus à fleur de peau que jamais, Xavier Plumas fout les larmes aux yeux sur tous les titres, voir un sacré frisson lorsqu’il entonne le vibrillonnant « Tour de la Terre ». En somme un disque bien évidemment fantastique et forcément incontournable. Rien d’étonnant de la part de l’un des meilleurs groupes aujourd'hui en activité – français ou non (je sais : je radote).

à écouter en priorité : « Le Tour de la Terre », « En terre inconnue » & « Adieu Les Bordes »




SELECTION :

« Chrome Dreams II » – NEIL YOUNG

undefinedSacré Loner ! Depuis qu’il a retrouvé l’inspiration (après une brève éclipse fin 90 / début 2000) plus possible de l’arrêter ! Et que je te ressuscite le Crazy Horse, et que je te renoue avec la folk rocking-chair, et que je te sors une déflagration rock…pour son quatrième album en quatre ans, voilà que Neil Young nous publie un disque bizarrement affublé d’un numéro deux – en référence au mythique Chrome Dreams. Son Smile à lui, son album fantôme paraît-il enregistré mais jamais sorti ailleurs que dans la tête de son auteur (quoique ce dernier annonce une parution imminente pour 2008 – on se permettra poliment d’attendre quelques mois avant de se réjouir). Trente après, qu’attendre de la fausse suite… ? Et pourquoi pas le meilleur ? Très axé seventies en effet, Chrome Dreams II évoque souvent le classique Zuma (1975) dans l’agencement de morceaux très punchy et d’autres aux architectures baroques (on songe bien sûr ici aux dix-huit minutes d’ « Ordinary People », morceau plus youngien que n’importe quoi de Neil Young depuis une décennie). Parfois langoureux (« Shining lights »), ailleurs particulièrement puissant (« Spirit Road »)…Chrome Dreams II est surtout l’album le plus cohérent et digne publié par le Loner depuis très longtemps. Peu de temps de mort, un répertoire tout neuf, une ligne à laquelle il se tient…décidément Neil Young n’en finit plus de revenir en force. Tant mieux !

à écouter en priorité : « Ordinary People » & « The Believer »


« In Rainbows » – RADIOHEAD

radiohead-in-rainbows.jpgJ’aurais pu ne pas en faire de critique. Vu que tout le monde l’a déjà critiqué et que j’ai commenté chacun des articles sur le sujet j’aurais tout aussi bien pu vous conseiller de relire chacun de mes commentaires à chaque post des copains par ordre chronologique…ce qui vous aurait donné une excellente chronique évolutive du disque dont on aura le plus parlé cette année – et de loin. Ce qui d’ailleurs ne manque pas de sel : un rapide coup d’œil du côté de l'incontournable classement des blogueurs permettra de noter que pour l’instant personne ne l’a cité comme album de l’année et qu'en dépit de litres d'encre virtuelle il est bien loin de jouer les premiers rôles dans le top. Preuve s’il en était besoin que Radiohead n’en finira pas de suite de déchaîner les passions.
In Rainbows, donc. On fera court, on notant que c’est un excellent album et en nous arrêtant à la première version – la téléchargée (car In Rainbows semble être condamné à être décliné pendant encore quelques mois comme un vulgaire produit – un comble de la part d’un album présenté comme un assaut contre le mercantilisme). Excellent, alors. Décevant, aussi. Un peu. L’un n’empêche pas l’autre. On aurait aimé être surpris, s’en prendre encore un bon coup derrière la calebasse – comme Thom Yorke et ses ouailles en avaient pris l’habitude depuis 1995. Etre traumatisé. Mais non : pour la première fois depuis des lustres, le nouveau Radiohead ne sera pas le disque de la décennie ni même de l'année. Ca devait bien arriver un jour et ce n’est pas une raison pour bouder notre plaisir devant cette merveille de pop tordue – car c’est bel et bien de pop qu’il s’agit. C’est même sans doute le disque le plus pop du groupe depuis The Bends (voir Pablo Honey), en cela que ses constructions couplet-refrain sont on ne peut plus traditionnelles. In Rainbows n’est absolument pas révolutionnaire, mais il est réellement surprenant de part son accessibilité, sa simplicité confinant régulièrement à la pureté. Alors que les trois précédents albums de Radiohead nécessitaient une bonne vingtaine d’écoutes avant d’autoriser un avis décent, celui-ci pourra être cerné et reçu presqu’immédiatement – ça n’a rien d’une critique. Au contraire ceux (plus nombreux qu’on le pense) qui regrettaient le virage abscons du Radiohead post-2000 pourraient bien trouver ici matière à une vénération nouvelle. Je maintiendrai donc ce que j’ai écrit ailleurs : In Rainbows est un jumeau pop du difficilement surpassable Hail to the Thief, un HTT à dimension humaine. Plus court (trop), plus dense, peut-être plus équilibré…en tout cas plus organique, la voix bien en avant et les mélodies parfaitement assimilables. Et inutile de préciser qu’un seul de ses titres vaut mieux que les trois quarts des chansons publiées en 2007…

à écouter en priorité : « Nude » & « Jigsaw falling into place »


« (Listen for) The Rag & Bone Man » - AND ALSO THE TREES

and-also.jpgLongtemps dans l’ombre de The Cure, And Also The Trees a eu à peu de choses près la carrière inverse : pas forcément les meilleurs du mouvement post-punk sur la ligne de départ, le groupe de Simon Huw Jones n’a fait que se bonnifier avec le temps, affirmant un univers de plus en plus singulier et acquiérant sur le tard la crédibilité que beaucoup lui refusaient dans les années 80. Il faut dire que contrairement aux apparences, la darkwave (quelle horrible appellation) d’AATT s’adresse sans doute bien plus aux fans de Leonard Cohen et de Tindersticks qu’à ceux de Joy Division ou de Siouxsie (quand bien même ce sont parfois les mêmes ok, désolé, j’essaie de situer le truc). En témoigne le sensationnel « Candace », dont la mélodie traînante et la scansion lugubre rappelleront des souvenirs aux inconditionnels du folkeux canadien (Cohen, hein – pas Young !). On n'est certes pas dans la franche rigolade, mais la beauté glaciale d’un « Domed » ou d’un « A man with drum » devraient sans problème convaincre les auditeurs en quête de rock atmosphérique de haute volée – pour un peu que ce disque honteusement ignoré par la critique leur arrive jusqu’aux oreilles. A noter pour les amateurs que le nouveau venu Ian Jenkins fait vraiment des merveilles à la contrebasse.

à écouter en priorité : « Rive Droite » & « Candace »



« Sex Magik – Histoire de Lilith Von Sirius » – JAD WIO

undefined2004 : Jad Wio remonte sur scène dans sa formation originelle (Bortek + Kbye) et brise un silence radio de près d’une décennie.
2005 : Jad Wio publie son quatrième album en vingt-trois ans d’existence, un Nu-Clé-Air-Pop d’excellente facture quoique manquant de deux ou trois petites choses faisant la marque de Jad Wio : pas de véritable concept, et un peu trop de titres en anglais.
2007 : Jad Wio retrouve enfin sa puissance de frappe et publie l’un des sommets de sa carrière, articulant sa nouvelle livraison autour de la biographie de Lilith Von Sirius, artiste décadente et multifacette prématurément décédée en 1997, à l’âge de 26 ans. Un retour aux thèmes extrêmes de la période Contact ? Un peu mon neveu, en mieux peut-être : l’écriture de Bortek a évidemment énormément mûri depuis 1989, quant à l’aspect musical…s’il est résolument orienté post-punk (c’est de saison) il n’est en rien passéiste ni rétro. Au contraire le son de Sex Magik s’avère infiniment plus contemporain et racé que ceux de la nouvelle génération post-punk-old-new-wave-machin-truc. Une jolie perf, des morceaux fantastiques (le vicieux « Das Ist », le péchu et trop bien nommé « Les habitudes n’existent pas », l’étrange « Boléro »), une atmosphère unique…le temps dira si ce nouvel opus finiera par se hisser au niveau des grands classiques des années 90 (Fleur de Metal et Monstre-toi). Ce qui est certain c’est qu’il surclasse en tout point son pourtant très bon prédécesseur…

à écouter en priorité : « Das Ist » & « Avalanches »


« Silence Is Golden » – HUSHPUPPIES

silenceis.jpgOn passera sur le titre franchement caricatural du disque pour s’arrêter à un constat simple (une confirmation, pluôt) : si les HushPuppies étaient anglais, ils seraient à l’heure actuelle The Next Big Thing. Très attendu, ce second album tient (presque) toutes les promesses de The Trap, qu’il égale presque systématiquement sans ceci dit le surpasser : un rock’n’roll teigneux, carré aux entournures, des riffs qui dépotent et une basse qui groove – avec en plus de vrais hymnes en puissance (le délirant « Bad taste and gold on the door » venant se substituer au « You gonna say yeah ! » d’antan). Simple, efficace, bien produit…Silence Is Golden est sans aucun doute l’un des grands disques punchy de l’année. Alors quoi ? Pourquoi ce ton si distancié, cher Thom ? Eh bien tout bêtement parce que Silence Is Golden est le clone de The Trap, et qu’on attendait peut-être un peu plus qu’un excellent disque de rock’n’roll décomplexé. Enfin… : ça ne le rend pas moins bon.

à écouter en priorité : « Bad taste and gold on the door » & « Hot Shot »

à lire : la chronique de Planet Gong


« Shotter’s Nation » – BABYSHAMBLES

undefinedCette fois-ci c’est sûr : Pete Doherty est un grand. Et comme tous les grands il a pris tout le monde à rebours : c’est qu’après le lugubre Down In Albion beaucoup de corbeaux le disaient déjà mort, précocement saturé de tics de composition et has-been à même pas trente ans. Raté : le second album de ces détraqués de Babyshambles est sans doute la grosse suprise de l’année, qui reprend les choses là où l’ultime Libertines les avait laissées : punk mais mélodique, rock mais pop, mélancolique mais énergique…Shotter’s Nation contient beaucoup de très grands morceaux (« Delivery » bien sûr, mais aussi « You talk », l’entêtant « Baddie’s Boogie » ou le déjanté « Side Of The Road ») et peu de faux pas (mis à part le doorsien et poussif « Crumb Begging »). Produit par Stephen Street (The Smiths, blur – rien que des rigolos quoi) le disque bénéficie d’un son décent (on ne va pas dire bon non plus, faut pas déconner ça tache quand même plus qu’à son tour), d’une interprétation digne de ce nom (le groupe a été refondu…et resserré autour de son leader) et d’une bonne humeur enfin retrouvée rendant son unique passage sombre (« Lost Art Of Murder ») d’autant plus lumineux. De quoi rêver au meilleur pour l’album solo annoncé en 2008. Car pour la première fois depuis quelques années on se dit qu’une reformation des Libertines ne serait plus forcément l'idéal…

à écouter en priorité : « Delivery » & « You talk »

à lire : les chronique d’Alex , de PlanetGong et de Klak


« The Black & White Album » – THE HIVES

undefinedA en croire certains c’est la fin des haricots : le son de l’album est léché, Timbaland et Pharell Williams sont au générique…Oh My God ! Les Hives ont viré commercial ! Mais non petit lecteur, ne sois pas effrayé : la vérité est ailleurs. Certes les Hives n’ont plus grand chose de garage, en témoigne la prod high tech de ce quatrième opus. Pour autant ils n’en sont pas moins punk ni moins rock ni moins stoniens. Au contraire : certains morceaux de cette nouvelle livrée cartonnent comme jamais. Rageurs dans la pure tradition hivesienne, « Tick Tick Boom » et « You got it all…wrong » sont de grandes et belles compos abrasives, de celles qui écorchent les enceintes tout en demeurant parfaitement jouissives et mélodiques. A vrai dire si l’on excepte les deux ou trois délires néo R&B (plutôt excellents du reste) les Hives sont ici égaux à eux-mêmes, c’est à dire doués pour le refrain qui accroche, pour le riff qui écharpe et pour le speed-rock classieux. Pas grand chose à leur reprocher sur ce coup-là d’autant qu’au fil des écoutes on s’apercevra que The Black & White Album est bien plus cohérent et abouti que le pourtant très bon Tyrannosaurus Hives d’il y a trois ans. Rien à dire, donc : c’est du très Hives, c’est du très bon…et ça donne une fois encore envie de courir voir les suédois foutre le feu sur scène.

à écouter en priorité : « You got it all…wrong » & « You dress up for Armageddon »


à lire : la chronique de PlanetGong



« The Inevitable Rise & Libertation Of NiggyTardust » –SAUL WILLIAMS

niggy.jpgAprès le fabuleux, le magnifique, l’incontournable Amethyst Rock Star, on pouvait s’attendre à ce que Saul Williams peine un peu dans les montées…et c’est à peu près ce qui est arrivé. Non pas que l’album éponyme de 2005 ait été mauvais. Mais il était trop proche du premier pour complètement séduire, ne bénéficiant évidemment plus du même effet de surprise. Et voici qu’on annonce un troisième opus (forcément délicat) produit et cosigné par…Trent Reznor. Perplexité pour les uns, fantasme pour les autres. Qu’allait bien pouvait donner la rencontre de ces deux monstres sacrés ? Eh bien à vrai dire…The Inevitable Rise & Liberation Of NiggyTardust ressemble à s’y méprendre à ce qu’on pouvait imaginer avant de le poser sur la platine : une espèce de compromis presque parfait entre les œuvres des deux gaillards, mélange habile de slam, de rap, de rock, d’indus, aux faux airs de pièce montée. Appelons ça de la cyber-hip-pop (ou du Tricky !), et reconnaissons à ses deux auteurs (car bien que publié sous le seul nom de Williams ce dernier fait jeu égal avec Reznor) de n’avoir pas choisi la voie la plus simple pour aboutir à un concept album que les idiots auront tôt fait de qualifier de Ziggy Stardust revisité par Malcolm X. Bah tiens ! Et puis quoi encore ? Non non : NiggyTardust est avant doute un album cherchant l’innovation, l’effleurant parfois, la loupant tout autant…un de ces disques refusant tellement la facilité et le consensualisme qu’on lui pardonne même ses défauts (le principal étant le cas échéant cette odieuse reprise du déjà particulièrement odieux « Sunday Bloody Sunday »). A découvrir.

à écouter en priorité : « Convict Colony » & « NiggyTardust »



« The Shepherd’s Dog » – IRON & WINE

undefinedSi j’ai toujours eu de la sympathie et de l’intérêt pour Iron & Wine, je dois bien reconnaître qu’il ne m’est jamais arrivé de me jeter sur un de leurs disques au moment de sa sortie. Il aura fallu toute la virtuosité de G.T. pour me convaincre de me précipiter sans plus attendre sur le dernier en date, et je ne l’ai absolument pas regretté. Merveille de folk-pop aérienne, The Shepherd’s Dog fait partie de ces œuvres contemplatives dont on n’arrive décidément pas à se lasser, qu’on redécouvre à chaque écoute, dont au fil des mois nos morceaux préférés changent systématiquement…ce sont souvent les meilleures, alors n’y allons pas par quatre chemins : il est absolument impossible de résister à la quasi bossa-nova de « House by the sea » ou de « Innocent bones », à la country planante de « Resurrection Fern », aux mélodies cristallines de « Lovesong Of The Buzzard » ou de « Carousel ». Quant au final « Flightless Bird, American Mouth »…c’est juste beau à tomber par terre (MERDE ! – Pardon : j’étais justement en train de l’écouter…et l’accident bête est arrivé…)

à écouter en priorité : « House by the sea » & « Flightless Bird, American Mouth » (ou n’importe quelles autres, en fait…)



NOTE : comme d’habitude vos liens sont les bienvenus, notamment sur le Radiohead – j’ai eu la flemme d’aller repêcher toutes les critiques…




Samedi 29 septembre 2007

Ah le Top 10 ! Je vais vous dire, c’est presque mon moment préféré du trimestre. C’est vrai que le mois dernier ça castagnait pas mal, mais finalement ce fut une période merveilleuse de débat et d’échange qui m’a permis d’écouter plein de trucs que je n’aurais jamais écoutés sinon. N’est-ce pas-là le véritable but de tous ces blogs ? Bien entendu ! Comme chaque fois j’ai relu le Top et les réactions de la fois précédente (non pas tant pour le plaisir de me relire que parce que j’oublie d’une fois sur l'autre la mise en page de ces articles fatalement ponctuels), et ce fut étonnamment agréable, vues mes aventures virtuelles récentes, de me rappeler qu’il peut aussi y avoir des débats où personne ne s’insulte !

 

Un merci spécial, donc, à Kill Me Sarah, nyko et Silicate, qui s’étaient alors jetés dans l’arène des contradicteurs virulents sans pour autant marcher sur la gueule de qui que ce fût.

 
 

Mais revenons au Top 10 d’un trimestre forcément un peu tristounet par moment, comme souvent à cette période de l’année. J’aurais tout aussi bien pu faire un Top 10 du mois septembre tant peu de choses pour moi sont parues durant l’été (ou disons des « choses pour moi » m’ayant convaincu). Inutile de dire que les mois d’octobre, novembre et décembre seront sans doute plus palpitants…à l’approche de Noël les pointures ont souvent tendance à glisser de nouveaux opus dans leurs traîneaux – pour le meilleur comme pour le pire parfois.

 
 

Avant de laisser place à l’article en lui-même, ultime remarque utile : il ne s’agit pas vraiment d’un Top (même si le titre prête à confusion). En aucun cas cet article ne prétend à l’exhaustivité, il ne s’agit que d’une sélection de dix albums ayant retenu mon attention sur la trente/quarantaine de nouvelles sorties parvenues à mes oreilles ces trois derniers mois.

 

(par conséquent que personne n’essaie de m’étriper ni ne vienne me demander des comptes sur l’absence de son poulain Robert Bidule qui a sorti un nouvel album au mois de mars… !!!)

 

(si vous voulez un vrai beau classement sérieux, je vous conseillerai plutôt d’aller jeter un coup d’œil à l’incontournable classement des blogueurs)

 
 
 
 
Mon disque à moi (et rien qu’à moi) du trimestre

« Strangefolk » – KULA SHAKER
 

strangefolk.jpgHuit ans et demi. C’est le temps qu’il aura fallu avant de réentendre Kula Shaker. Dire pour autant que la formation de Crispian Mills a manqué serait mentir : jusqu’alors auteur de deux albums de pop psychédélique plutôt attachants, le groupe anglais figurait plus dans la catégorie des petits artisans que dans celle des grands artistes. Apprendre qu’il émergeait enfin de son long silence ne m’avait pas spécialement ému – tout au plus cela avait-il chatouillé ma fibre nostalgique de l’adolescence à jamais envolée.

 

Sauf que, c’est peu de le dire, Kula Shaker n’est clairement plus le même groupe. On pourra même avancer sans se tromper qu’il a pris une dimension phénoménale, de celles qui feront désormais que les amateurs éclairés attendront chaque fois avec impatience la prochaine livraison. Logique somme toute : Crispian Mills n’est plus ce jeune homne dégingandé un peu trop fasciné par George Harrison et Jefferson Airplane pour échapper à l’étiquette Rétro. Désormais artiste mature en pleine possession de ses moyens, il a digéré toutes ses influences (en gros tout le rock psyché des fin 60’s et début 70’s), a ingéré deux décennies de britrock et ne fuit plus désormais la modernité. D’où une sophistication sonique innattendue de la part de gens qui semblaient se (com)plaire jusqu’alors à sonner vintage. Ecoutez « Dr Kitt » ou « Second Sight », allez-y. Vous aurez enfin une vraie bonne raison d’avoir envie d’éventrer les mecs de The Coral.

 

Oui, voici peut-être le grand disque psychédélique moderne qu’on attendait depuis seize ans et le Screamadelica de Primal Scream. De ceux qui permettent de quitter sa chambre l’espace d’un instant, de prendre du plaisir à ouvrir yeux et oreilles, et de se laisser aller à l’onirisme en étant un peu plus qu’un doux rêveur…

 

…sans conteste un de mes grands favoris au titre d’album de l’année !

 

à écouter en priorité : « Out on the highway », « Great Dictator (Of The Free World » & « 6ft Down Blues »

à lire : l’article de Planet Gong, qui a attiré mon attention sur ce disque (merci !)

 
 
 
SELECTION :
 
 
« Ciel de fête » - ALEXANDRE VARLET
 

cieldef--te.jpgDe la chanson française mâtinée de folk d’un côté et de post-punk de l’autre, est-ce bien raisonnable ? Non, certainement pas. Sauf quand on s’appelle Alexandre Varlet et qu’on est déjà l’auteur de deux pépites dans ce genre pour le moins bâtard (dont Dragueuse de fond, déjà évoqué dans ces pages). Là, forcément, ça change tout. Qu’elle soit le fruit d’une volonté commerciale ou simplement de l’ère du temps, on ne passera pas longtemps à ergoter sur l’orientation résolument plus dure de ce nouvelle opus tant il n’a de cesse de se révéler un peu plus chaque jour. Proposant à la fois des textes remarquables, une production ambitieuse et des mélodies très au-dessus de la moyenne, Alexandre Varlet persiste et signe avec ce Ciel de fête qui (comme ses deux prédécesseurs) mériterait sans doute un peu plus que deux lignes dans la rubrique Qualité France de Rock & Folk (agrémentées d’un entrefilet chez leurs concurrents). Dire que le rock français devrait toujours ressembler à « Mes yeux » et la chanson à « Presque monde » relève franchement de la litote à deux balles…

 

à écouter en priorité : « Montre-toi » & « Presque monde »

 
 
« Easy Tiger » – RYAN ADAMS
 

easytiger.jpgEcarté du précédent Top pour cause de bouclage intempestif (la mise en bac s’est faite trois jours avant), le dernier Ryan Adams (notez que vu sa productivité ce n’est peut-être déjà plus le dernier à l’heure où je vous écris !!!) retrouve fort logiquement sa place cette fois-ci. Même s’il ne s’agit pas de son œuvre la plus réussie, Easy Tiger contient malgré tout un paquet d’excellentes complaintes folk comme on n’en fait plus des masses de nos jours. Teigneux par-ci (« Halloweendhead »), contemplatif par-là (« Off Broadway »), il tisse une fois encore des atmosphères feutrées sentant bon la bière et la cendre froide (« Two ») et surtout retrouve le registre country / folk dans lequel la plupart des gens (moi le premier) le préfère. Une bonne raison de ne pas bouder ce…euh…onzième ! …ce onzième album solo (en comptant les officieux). A noter enfin pour les fans désespérés qu’Easy Tiger dévoile en prime plusieurs titres du rarissime coffret The Suicide Handbook.

 

à écouter en priorité : « Goodnight Rose » & « These Girls »

 

(dernière minute : je vous jure que je ne le savais pas au moment de balancer ma blague ci-dessus mais…un nouvel album, Follow the lights, paraîtra effectivement le mois prochain !)

 
 

« Echoes, Silence, Patience & Grace » – FOO FIGHTERS

 

echoes.jpgQu’on les aime ou non, difficile de nier que les Foo Fighters excellent dans leur art. Celui d’un rock-pop carré aux entournures, distordu mais toujours accessible, dopé à la bonne humeur et objectivement presque toujours de très bonne qualité. On peut éventuellement ne pas goûter ce genre de musique ni très originale ni très raffinée, mais on peut difficilement nier que les Foo’s font le taf à chaque fois et trouvent presque toujours assez de mélodies accrocheuses pour produire un très bon album de pop indé. Comme en plus ils sont sympas, humbles et foutent le feu chaque fois qu’ils montent sur scène…on peut tout à fait estimer que si ce groupe est un de ceux qui ont le moins de fans hardcore dans le monde, il compte sans doute aussi parmi ceux qui ont le moins de détracteurs.

 

(notez qu’en écrivant ça c’est le meilleur moyen d’en faire apparaître une demi douzaine…des candidats ? KMS, t’es là ?)

 

Réglés comme des pendules, les sympathiques ex-grungers sortent donc le disque qu’on attend d’eux tous les deux ans…enfin presque : le temps aidant et la question du son caractéristique ayant été réglée depuis le troisième album, il était logique voir même prévisible (Cf le live paru l’an dernier) que Dave Grohl prenne subitement conscience de son âge et se mette à publier un disque beaucoup moins survolté. Le genre d’exercice qui a vite fait de plomber une carrière pour un peu qu’on ne soit pas le plus grand songwriter du monde (ce que l’ex cogneur de Nirvana et des Queens Of The Stone Age n’est assurément pas). Surprise : en dépit de ce postulat un peu angoissant et d’un titre pompeux comme pas permis (variante possible : un titre d’album de big rock US), on se retrouve assez rapidement à fredonner à l’envi les « Let it die » et autres « Strangers things have happened ». On hésite, on y revient, on doute…et puis finalement on se rend à l’évidence : Echoes, Silence Machin Truc est un très bon album, peut-être même le meilleur du groupe malgré sa relative douceur. Ce qui n’empêche pas d’être très content dès que les Foo’s ressortent l’artillerie lourde pour « Long road to ruin » ou « Cheer up, boys… ».

 

à écouter en priorité : « The Pretender » & « Stranger things have happened »

 
 
« Lady’s Bridge »– RICHARD HAWLEY
 

ladybridge.jpgRichard Hawley est un mec extra. A la fois biker et dandy, fan de Mötörhead et de Bowie, il vient de publier une fois encore un vrai beau disque de crooner moderne. Moins romantique que Lowedges (2002) mais moins inégal que Cole’s Corner (2005), ce (déjà) cinquième album est sans doute son meilleur qui ce jour, le premier qui soit parfaitement maîtrisé du début à la fin et ne propose aucun mauvais titre tout en s’essayant à des registres plus innattendus (« The Sea Calls » lorgne plus sur le Divine Comedy des derniers albums que sur la sempiternelle paire Bowie / Hazlewood).

 

De l’émouvante « Rock & Roller » à la rafraîchissante « Tonight the streets are ours », aucune chanson n’est à jeter dans cette nouvelle livraison d’un artiste qui n’a désormais plus grand à chose à envier à son copain Jarvis Cocker…et qui surclasse largement, dans le genre, le dernier mille-feuille du pompier fils Wainwright.

 

à écouter en priorité : « Valentine » & « Tonight the streets are ours »

 
 
« Mantaray » – SIOUXSIE
 

mantaray-copie-1.jpgL’album de trop, disait je ne sais plus qui la semaine dernière ? Difficile à dire après seulement une vingtaine d’écoutes, mais l’album qu’il faut – sûrement. A force d’entendre de pseudos goths sur toutes les antennes de France et de Navarre il était plus que temps que la Maîtresse se rappelle à notre bon souvenir, de préférence avec un disque qui tiendrait la route. L’album de Siouxsie, son premier véritable en solo, le fait-il ? Oui, sans aucun doute. S’il n’égale jamais les classiques des Banshees (mais essaie t’il vraiment ?), Mantaray se révèle au fil des passages nettement plus convaincant que les disques des Creatures, et soutient largement la comparaison avec la grande majorité des petits coqs de la…nouvelle génération new-wave (!). Etonnamment moderne (surtout par rapport à ce que la Grande Dame nous avait proposé depuis dix ans), cette nouvelle saillie propose quelques jolis moment d’electro-pop (Garbage aimerait sans doute être capable de choses comme « About to happen » ou « They will follow you ») et séduira peut-être même quelques nouveaux fans égarés (dans la mesure où elle évoque plus souvent les groupes indus-rock contemporains que n’importe quel disque de son ex-groupe de corbeaux). Une très bonne surprise, donc, de la part d’une Siouxsie qui à mon avis mérite un peu plus que le respect dû à son rang de légende.

 

à écouter en priorité : « Loveless » & « Heaven & Alchemy »

 
 

« Rise to your knees » – MEAT PUPPETS

 

riseon.jpgAprès Dinosaur Jr il y a quelques mois c’est un autre groupe culte de la grande époque alternative qui remet le couvert ces temps-ci, en les personnes des Meat Puppets. Considérés à l’époque comme des seconds couteaux (ce qu’ils étaient d’ailleurs assurément), les frères Kirkwood n’ont évidemment jamais connu le colossal succès de leurs copains de Nirvana, ce bien qu’ils aient pondu quelques chansons remarquables (dont pas moins de trois sur MTV Unplugged in New York – je suis toujours secoué d’une inexplicable hilarité chaque fois qu’un gosse me dit que sa chanson préférée de Nirvana est « Plateau »). Pour ce premier album en sept ans ils n’ont pas spécialement changé l’équipe qui perdait (on est dans le rock alterno US à l’ancienne, avec des réminiscences de Led Zeppelin par-ci et des vieux restes de folk par-là), mais bizarrement j’ai la sensation (peut-être totalement con) que ça le fait plutôt mieux qu’avant. Il faut dire qu’ « On the rise » ou « Ice » s’inscrivent dans la tendance très haute de leur répertoire, ce qui n’est tout de même pas rien. En somme un disque artisinal et sans prétentions, comme on les aime tant du côté du Golb !

 

à écouter en priorité : « On the rise » & « Spit »

 
 
« White Chalk » – PJ HARVEY
 

whitechalk.jpgAprès deux écoutes mon analyse n’était pas très éloignée de celle de KMS : Bah ! Elle a sorti un album de Tori Amos. Evidemment après avoir écrit ça je suis obligé de préciser que certes j’adore Tori Amos, mais que pour autant quand j’achète un album de PJ Harvey j’ai envie d’entendre PJ Harvey. Ceci posé j’y suis revenu, une fois, puis deux, poussé par ma douce moitié enchantée et qui évoquait, elle, une filiation avec Radiohead. Sur le coup je le reconnais je me suis dit pouah ! c’est un peu fastoche, comme comparaison.

 

Vous voyez je me mets là en flagrant délit de préjugé idiot puisqu’effectivement une fois rentré dedans je trouve moi aussi qu’il y a du Radiohead dans White Chalk, tant dans la démarche que dans le son. Un Radiohead avec une dominante organique et beaucoup de piano, un Radiohead toujours aussi poignant mais beaucoup plus chaleureux et sensuel. C’est que PJ Harvey, et c’est tout son génie, est sans doute la seule artiste capable de mettre d’accord aussi bien les fans de Thom Yorke que ceux de Kyuss. De part son authenticité, son exigence et son éclectisme, elle ne souffre quasiment aucune rivalité avec aucune autre songwriteuse – même pas Björk. White Chalk commet certes une colossale infidélité au rock (du mois au rock en tant que genre musical), mais cette tromperie est tellement romantique, tellement sexy et tellement douce qu’on la lui pardonnera sans mal. N’y allons pas par quatre chemins : White Chalk est un chef d’œuvre, son meilleur disque depuis To brin you my love et le meilleur qui ait été chroniqué dans ce Top 10 depuis un sacré paquet de temps. La voix y est sublime, les arrangements somptueux, quant à la charge émotionnelle…si vous ne finissez pas en miette après « Dear Darkness »…

 

Bon, tout de même, il faut bien reconnaître que le premier morceau, « Before departure », sonne beaucoup comme du Tori Amos. Mais cela veut peut-être tout simplement dire qu’à l’approche de la quarantaine, Polly n’a plus besoin de crier pour se faire entendre… ?

 

à écouter en priorité : « The Devil » & « White Chalk »

 
 
« Yes, U » – THE DEVASTATIONS
 

yesu.jpgSi au lieu d’enquiller les daubes éfémisantes le Bowie des années 80 se l’était jouée crooner, ç’eut probablement donné The Devastations. Une autre possibilité pour y parvenir eut été que Pulp mâtine ses disques d’électronique et que Jarvis Cocker fasse une dépression nerveuse, mais ça me paraît un peu tordu – voir risqué : c’eut pu déboucher sur un Radiohead de trop.

 

Bref ! Musicalement on n’a pas changé l’équipe gagnante de Coal, mais cet album fait un effet un peu curieux. S’il ne contient pas comme son prédécesseur de très grande chanson du type « Terrified » ou « Sex & Mayhem », son niveau global est finalement franchement supérieur avec une collection de morceaux juste très bons. Une autre possibilité eut été d’écrire que Coal était inégal – mais je n’aime pas faire des phrases simples.

 

En somme le jour où ce groupe attachant réussira à mélanger ses deux derniers albums, il publiera certainement le disque de l’année.

 

Et d’ici-là Yes, U vous est plus que chaudement recommandé.

 

à écouter en priorité : « Rosa » & « Mistakes »

 
 
« Zeitgeist » - THE SMASHING PUMPKINS
 

Un album des Smashing Pumpkins pouvait-il ne pas finir dans le Top 10 ? Euh…très franchement, ç’a failli arriver. D’ailleurs il n’était pas sur la liste initiale (vous pouvez toujours essayer de jouer à deviner de qui il a pris la place), mais la conscience golbienne m’a imposé de le réécouter avant de rédiger l’article. Grand bien m’en a pris : tout n’est certes pas parfait sur cet album de reformation (je tiens à souligner l’expression car les albums de reformations sont presque toujours décevants sur le coup, puis réévalués au fil du temps) mais il y a suffisamment de bon titres pour séduire le fan que je suis. Bien sûr, j’aurais préféré retrouver les Pumpkins de la période Adore plutôt que ceux qui envoient la purée, dont le moins qu’on puisse dire est qu’ils semblent un poil décalés à l’époque du revival-garage débraillé. Néanmoins comme me le faisait remarquer récemment un copain qui se reconnaîtra…dans la mesure où plus personne n’est foutu de donner une vrai définition du garage-rock ** et où finalement le rock dur de mes jeunes années est en voie de disparition…ouais, tout ça mit bout à bout, ça mérite d’accorder de la place à l’un des plus grands groupes que l’Amérique nous ait donnés. Lequel, en dépit des critiques (mais il a toujours été plus que sévèrement critiqué, souvent par les mêmes qui nous expliquent aujourd’hui que rien sur Zeitgeist ne vaut Mellon Collie), n’a rien perdu de sa superbe dès lors qu’il s’agit de balancer des riffs métalliques ou des rythmiques à faire pleurer Black Sabbath.

Bien sûr ce n'est pas le disque de l'année. Mais reprocher à Corgan de refaire du Pumpkins à l’ancienne après lui avoir reproché pendant des années de ne plus en faire, c’est quand même un peu gonflé. Ce disque regarderait vers le passé dit-on ? Oui, certainement, mais pas aussi loin qu’on en a l'impression de prime abord : Zeitgeist, tout bien réfléchi et contrairement à ce que j'ai pu croire, n’évoque pas tant que ça les Smashing Pumpkins des débuts. « That’s the way (my love is) » ou « Bring the lights » sont à tout point de vue (songwriting, arrangements…) dans la droite ligne de Machina II , qui s’adonnait déjà au même genre de « grunge moderne ». Encore eut-il fallu que quelqu’un l’ait jamais écouté dans son intégralité pour le noter ***. Au-delà de cela, Zeitgeist ressemble plus encore à la meilleure chanson inconnue de Billy Corgan : « Black Oblivion », sur l’album solo de Tony Iommi. Et s’il me semblerait un chouia exagéré de dire que j’adorerais entendre « Black Oblivion » déclinée à l’infini, sur la seule durée d’un unique album de reformation, cela me convient largement. Reste à voir à quoi ressemblera la suite…parce qu’en revanche si l’idée implicite du grand chauve est de ressusciter le grunge après avoir été le premier à l’enterrer, je ne suis pas sûr de le suivre. Wait & See.

 

à écouter en priorité : « Bleeding the Orchid » & « That’s the way (my love is) »

 
 
 

** : ok, tout le monde vous dira le contraire, mais après avoir réécouté Nuggets la semaine dernière, je maintiens !

*** : la phrase renvoie à Machina II – ça se voit que j’en ai marre de me faire insulter ?

NOTE : vos trackbacks et autres liens sont toujours les bienvenus concernant ces disques

 
 
 
 
Samedi 30 juin 2007
 
 

Du sang, de la sueur et des larmes, pas moins.

 

Ce Top 10 numéro 5 aura été de loin le plus meurtrier depuis la création du Golb – ce qui n’est pas peu dire quand on connaît le nombre de morts provoquées par un Top 10 moyen. Saviez-vous que Kurt Cobain lui-même s’était suicidé parce qu’il ne figurait pas dans le Top 10 d’octobre – décembre 1993 ?

 

Plus sérieusement : la dernière fois je m’étais plaint, comme tous les ans à la même époque d’ailleurs, du peu de sorties intéressantes au premier trimestre. Il faut croire que quelqu’un quelque part m’a écouté attentivement puisque les bons disques sont sortis par pelletées depuis lors, non stop…des évènements intéressants mais assez épuisants pour le mec qui passe sa vie à mettre à jour sa liste d’achats et ses classements évolutifs (bon courage, G.T. !). Ce n’est certes pas nouveau : tous les ans tous les albums « attendus » sortent simultanément, soit au printemps soit à l’automne (y a plus d’saisons ma p’tite dame). Cette année cependant j’ai eu le sentiment (je pense assez juste) que c’était encore pire que d’habitude…pas étonnant que les gens téléchargent quand quasiment la même semaine paraissent un Black Rebel Motorcycle Club, un Arctic Monkeys, un Nine Inch Nails, un Stephan Eicher – pour citer des gens qu’un public massif avait envie d’entendre. Vous ajoutez à ça quatre ou cinq nouveaux groupes plus deux come-backs de gens inattendus, et ça vous fait une bonne douzaine d’excellents albums au mois d’avril – et par extension une bonne centaine d’euros de découverts. Difficile, dès lors, de tenir un classement correct, même avec le plus grand sérieux, chaque disque nécessitant au minimum une dizaine d'écoutes pour obtenir un avis un tant soit peu légitime (autant vous dire que je suis loin du compte, comme vous probablement...je comprends soudain pourquoi dans un magazine il y a plusieurs journalistes !). Je ne vais pas jouer les vierges effarouchées mais bon…quand je vois Rock & Folk et Libé et...tous en fait, faire campagne contre le téléchargement je rigole un peu. Eux ils peuvent pas trop comprendre ce que c’est, de ne pas pouvoir se payer les disques qu’ils couvrent d’étoiles. Puisqu’ils ne les paient pas. Tout en s’autorisant à les copier bien sûr ! Vous pensez bien que quand le nouveau White Stripes débarque dans la boite à lettres de Rock & Folk ça fait péter les ventes de CD-R de la supérette du bas de la rue – ils croient qu’on ne le sait pas ? Ils nous prennent pour qui à nous faire la morale ?

 

(non : je n’ai pas déclaré la guerre à R&F, c’est juste que les lettres d’insultes de leurs lecteurs sont plus marrantes que celles des lecteurs des Inrocks)

 

Il doit bien rester ici ou là quelques collectionneurs qui ne téléchargent pas du tout (je dis ça, en même temps je ne télécharge pas des masses ! je n’ai pas à me plaindre, je reçois des services de presse à l’occasion – d’ailleurs j’ai un doute sur le décalage possible d’Interpol : la fiche reçue m’indique le 26 juin mais je ne l’ai vu nulle part...mouais, vous avez raison : on s'en tape) mais entre nous soit dit quand on entend le dernier Mac Cartney on se demande qui est assez bête pour l’acheter…

 

(mxmm, en général quand je dis un truc comme ça tu débarques, non ?)

 
 

Bref le Top 10 du trimestre aurait tout aussi bien pu être un Top 20 ou un Top Sans Limite De Nombre, cela dit il faut bien s’arrêter quelque part. Le plus navrant dans cette histoire étant que le prochain Top 10 va être super chiant car – c’est bien connu – quasiment aucun des bons disques ne sort pendant l’été. On nous annonce bien ici ou là pour juillet un Burgalat ou un Meat Puppets – encore faut-il cependant qu’ils soient réussis. Du coup, j’ai une pensée émue au moment d’écrire ces lignes pour tous les artistes que ce Top a laissé sur le carreau, et j’ai envie de les citer. Notamment ceux dont on a trop peu parlé à mon goût : Dinosaur Jr (qui après dix ans de silence vient de publier un de ses meilleurs albums), silverchair (qui semble s’être extirpé de sa passion pour Queen, alléluia !) ou encore mes camarades rouennais de Radiosofa, dont tout le monde se fout alors qu’ils ont sans aucun publié l’un des très bons disques français de l’année, entre Coldplay, Venus et les Doors (ne pas vous fier au single, fort peu représentatif de l’album). Pensée émue également pour Ryan Adams (quoique son disque soit sorti il y a trois jours, ce qui lui permettra peut-être de se hisser dans le prochain Top), Wilco, Magyd Cherfi et Tom McRae (qui auraient mérité d’y être tant ils rasaient les places d’honneur), Eicher (voir le très bel article d’alf), et bien sûr Ultra Orange & Emmanuelle, un vrai disque de rock’n’roll de chez nous et une hype pour une fois justifiée (et là, je vais être honnête : merci R&F et Libé dont je me moquais plus haut, sans votre battage je n'aurais sans doute jamais acheté ce disque tant ça ressemblait au proverbial soufflet). Sans parler de la pensée (encore plus) émue pour Elliott Smith, dont la compile est remarquable...sauf que si je commence à ajouter les lives et les compiles j'en finis plus et je dois aussi me pencher sur le Little Bob ! Pensée moins émue en revanche pour Tori Amos et Rufus Wainwright, tous deux forts décevants à leur rutilante manière. Et par pudeur je ne dirais rien sur Tomahawk ni sur les Queens Of The Stone Age – plus on en attend plus on est déçu paraît-il ; bah moi, j’en attendais beaucoup.

 

Enfin, bien sûr, impossible de finir sans une pensée toute personnelle à l’égard de Dream Theater, qui a probablement publié l’album le plus décevant du trimestre (quoiqu’il faille pour cela attendre quelque chose d’eux dira G.T. – qui du coup ne dira rien ?).

 
Maintenant, here comes the Top !
 
 
 
 

MON DISQUE A MOI (et rien qu’à moi) DU TRIMESTRE :

 
 

« Brett Anderson » – BRETT ANDERSON

 

Les habitués du Golb ne seront pas surpris de retrouver ici un album dont la main-mise sur le Jukebox fut permanente ces derniers temps. En fait, le seul habitué du Golb qui en sera vraiment surpris…c’est moi ! Autant être franc : ça doit faire pas loin d’une décennie que je me tamponne le chichigneux de ce que peut bien foutre Brett Anderson. Depuis le Coming’up de Suede, aucun disque de ce bonhomme ne m’a réellement convaincu…et voici que, alors même que plus grand monde ne s’intéresse à lui et qu’il a largement dépassé l’âge limite pour toute rockstar androgyne qui se respecte, Brett Anderson publie son meilleur album. A savoir que ce premier opus solo est tout simplement meilleur que n’importe quoi de Suede !

 

Ainsi donc tandis que d’autres s’activent à ressusciter un rock qui ne leur a rien demandé, Brett Anderson se contente de faire sur son album ce qu’il sait faire de mieux (mais n’avait plus fait depuis un moment) : de la pop aux mélodies cristallines et aux arrangements sophistiqués. Des chansons, des vraies, des belles, ne tapant ni dans le rétro-80’s à la mode 2007 ni dans les expérimentations à deux balles…non, juste des chansons toutes simples qui font mouche, mouillent les yeux parfois et remuent le bassin souvent. La classe, en somme, ce qui n’a rien de surprenant de la part du fils spirituel de Bryan Ferry. Bien entendu tout le monde s’en tape et le disque est un bide, mais ce n’est pas grave, au moins celui-ci sera vraiment à moi et rien qu’à moi !

 

Après Jarvis Cocker l’hiver dernier et en attendant le prochain blur, il semble donc acquis que les ex-leaders de feu la britpop vieillissent bien. Si on était poli on dirait qu’on souhaite la même chose aux Arctic Monkeys.

 

à écouter en priorité : « Ebony » & « The Infinite Kiss » & « Dust & Rain » &…enfin, l’album, quoi.

 
 
 
 
SELECTION :
 
 

« Baby 81 » – BLACK REBEL MOTORCYCLE CLUB

 

baby81.jpgDe toute la pelletée revival américaine, Black Rebel Motorcycle Club a dès le depart fait partie des très intéressants, des excellents voir des incontournables, à égalité avec Interpol. De ceux, en somme, qui imposaient dès le premier album un univers propre et parvenaient à se différencier en quelques notes. Au fil des années, BRMC (pour les intimes) a fini par prendre un bel ascendant sur la concurrence notamment en publiant le remarquable Take them on ! On your own ! (peut-être bien le seul grand disque que nous ait donné cette scène). Reste que depuis lors, les fans restaient sur leur faim : le groupe a certes affirmé son indépendance artistique au cours de sa sympathique parenthèse Johnny Cash-like (Howl, en 2005), mais BRMC sans électricité est-il vraiment BRMC ? On ne sait pas. Ce qui est certain c’est que Baby 81 est assurément l’un des disques de l’année, celui qu’on attendait depuis des années de la part du trio new-yorkais. Qui joue de nouveau ce rock en fusion, psychédélique et gothique tout à la fois, orchestrant la rencontre improbable entre The Jesus & Mary Chain, The Velvet Underground et Nirvana. Miam ! Avec en prime une poignée d’hymnes comme les Strokes rêvent probablement d’en écrire (« Not what you wanted », « Berlin », « 666 Conducer »), Baby 81 s’impose sans problème comme l’un des indispensables de 2007.

 

à écouter en priorité : « Not what you wanted » & « Killing the light »

 
à lire : l’article de G.T.
 
 

« Cassadaga » – BRIGHT EYES

 

cassadaga.jpgElevé au sein d’une prestigieuse famille musicale, Bright Eyes a grandi à l’ombre des géants que sont Sparklehorse, Calexico ou Wilco, au point de se faire oublier de beaucoup près d’une décennie après ses débuts. Au fil du temps, à force d’être prometteur sans jamais sortir LE disque, Bright Eyes a fini par devenir l’un de ces petits groupes indés sympas dont on écoute toujours le dernier album avec un mélange de plaisir et de curiosité…pour l’oublier quelques mois après. Pourtant Connor Orbest n’a jamais rien eu à envier à un Jeff Tweedy ou à un Ryan Adams…et le prouve avec un sixième album plus royaliste que le roi – à savoir plus dylanien même que Dylan. Un sixième album absolument somptueux, folk-rock les trémolos dans la voix (« Middleman ») et la guitare en bandoulière (« Lime tree »), avec bien sûr tout ce qui va avec, du relent country (« Make a plan to love me ») au texte sublime (« Clairaudients (Kill or be killed) ») en passant bien sûr par La Chanson Qui Tue – « Classic Cars ». Bref : de loin le meilleur album du trimestre…et un potentiel album de l’année, rien moins. Que demander de plus ? Ma foi…qu’il s’en vende par palettes, par exemple. M’est avis que ce serait un bon début ! En attendant la gloire, l’éternel Poulidor est dans ce Top 10…ce qui vous l’aurez noté n’est le cas ni d’Adams ni de Wilco. Comme quoi…

 

à écouter en priorité : « Middleman » et « Classic Cars »

 
 

« Eat me, drink me » – MARILYN MANSON

 

eatme.jpgDe nos jours vous trouverez toujours un gros con pour vous expliquer que Marilyn Manson est rentré dans le rang, qu’il ne choque plus personne, etc. En général c’est un type dont vous pouvez être sûrs que :

 

1. il adorait Marilyn Manson il y a encore cinq ans

 

2. il n’a jamais été aux USA, sans quoi il saurait que Manson y a toujours la même place, celle d’un épouvantail à conservateurs fatalement très sympathique.

 

Or donc voilà qu’on nous annonce que le Diable s’est humanisé, a publié un album très mélodique, a fait dans l’introspection…les plus âgés se souviennent qu’on nous a déjà fait le coup il y a dix ans pour la sortie de Mechanical Animals, et qu’au final Manson était resté Manson après ça (c’est peut-être son pire défaut en fait : ne pas être capable de se métamorphoser comme Bowie ou Cooper avant lui, alors qu’il est fait du même du bois). Mais Mechanical Animals était aussi dans le même temps son meilleur album. Par conséquent les amateurs pouvaient s’attendre au meilleur pour ce sixième album, et il n’auront pas eu tort ! Dans la droite lignée de son glorieux prédécesseur, Eat me, drink me fait dans l’indus-rock-pop puissant et poisseux, avec juste ce qu’il faut d’agressivité pour ne pas être confondu avec Garbage mais aussi parallèlement juste ce qu’il faut de mélodies pour ne pas être confondu avec ce gros bourrin de Rob Zombie. L’équilibre serait difficile à tenir pour tout le monde…sauf pour Manson. Qui, n’en déplaise aux grincheux, est bel et bien un grand. Peut-être même le seul de sa génération à pouvoir prétendre à terme au statut des dinosaures du rock d’aujourd’hui. Il semble en tout cas bien parti pour…puisque, comme tous ces grands-là, il vient de publier un Album Du Divorce magistral. Qui devrait donc logiquement être suivi d’un Album De La Résurrection pour lequel je salive déjà…

 

à écouter en priorité : « If I was your vampire » & « Just a car crash away »

 
 

« Gazoline » – NO ONE IS INNOCENT

 

gazoline.jpgVous ne rêvez pas : vous êtes bien en 2007 et No One Is Innocent est toujours au top. L’histoire, tout de même, est marrante : sur la ligne de départ, en 1994, No One était sans doute le moins original et le moins intéressant des groupes de french-fusion. Pourtant à force de remise en question, de travail, et en affirmant une farouche volonté de trouver un style n’appartenant qu’à lui, le groupe de Kmar est devenu l’un des plus importants dont le rock français ait accouché ces douze dernières années. Passionnante métamorphose : après avoir fait dans la fusion engagée qui tape (No One Is Innocent), le cyber-metal entre façon Philip K. Dick meets Ministry (Utopia), après s’être séparé et être devenu culte, après s’être reformé avec un seul membre original sous l’égide d’une musique plus électronique et relativement décevante (revolution.com)…voilà que No One revient avec un style inimitable et une musique encore différente, plus rock’n’roll, moins agressive mais toujours aussi massive et efficace. « Police Délice », « Liar », ou le désopilant « Salut, l’Artiste » - hommage à notre ex-Président et futur condamné…autant de futurs classiques qui ne risquent pas de dépareiller au côté des « Nomenklatura », « Black Garden », « La Peau » et autres « Antipolitiques »…Pendant ce temps-là, on n’a toujours pas retrouvé les Marco Prince et compagnie. Mais on sera ravi d’avoir de leurs nouvelles, promis juré !

 

à écouter en priorité : « L’amour de la haine » & « Police délice »

 
 

« Icky Thump » – THE WHITE STRIPES

 

icky-thump.jpgIronie du sort, alors qu’ils publient un album à la pochette en noir et blanc les White Stripes n’ont sans doute jamais sonné aussi peu retro. Il faut croire qu’à force de recycler les mêmes dix vieux blues du Delta à la mode Cramps depuis le premier album Jack White a fini par se lasser un peu…du coup, voilà qu’ils publient leur meilleur album depuis…toujours ! Alors même que beaucoup (dont moi, faut bien le reconnaître) n’attendaient plus grand chose d’eux mis à part un bon disque de rock’n’roll. Sursaturé, mélodique et diaboliquement bon, Icky Thump réconciliera donc sans problème les fans de la première heure avec ceux d’après « Seven Nation Army ». Osons le dire : oui, les White Stripes sont sans doute l’un des plus grands groupes en activité. J’ai été le premier à le nier pendant longtemps, donc autant admettre mes torts à l’occasion de la sortie de ce sixième brûlot. Car seul un très grand groupe peut sans rougir aligner sur un même album la beauté à (forcément) se damner d’ « A martyr for your love », la cavalcade quasi-maidenienne de « Conquest », la mélodie irrésistible de « You know what love is » (tube en devenir à coup sûr) et le chaos sublime de « Little Cream Soda ». Un très grand groupe qui vient, enfin, de se départir totalement de ses influences. Mieux vaut tard que jamais.

 

à écouter en priorité : « Little Cream Soda » & « A martyr for your love »

 
à lire : l’article de THIERRY
 
 

« One Man Revolution » – THE NIGHTWATCHMAN

 

onemanrevolution.jpgDerrière ce pseudonyme se cache rien moins que Tom Morello en personne – soit donc l’un des plus grands guitaristes vivants. Qui après avoir purement et simplement inventé une manière de jouer au sein de Rage Against The Machine, puis s’être illustré dans un registre heavy-grunge plus classique mais finalement sympa avec Audioslave, a donc décidé de se lancer en solo…et en acoustique ! Une surprise ? Pas du tout, voyons : Tom a désormais quarante-trois ans, et quand un rocker rebelle et bruyant dépasse la quarantaine il est contractuellement obligé d’enregistrer son album guitare-voix-au-coin-du-feu sur un huit pistes. C’est comme ça, c’est la vie, et de Joe Strummer à Greg Graffin la règle s’est rarement démentie. A la différence notable que Morello a un truc que la plupart des exs énervés passant à l’acoustique n’a pas (ou rarement) : un authentique talent de compositeur doublé d’une voix exceptionnelle – à se demander pourquoi il n’avait jamais chanté jusqu’alors ! Evoquant tout à la fois Johnny Cash, Lee Hazlewood et Leonard Cohen selon les titres, cet album de prostest-songs rageuses et habitées ravira tous les amateurs du genre…même s’il risque de désorienter 90 % des fans de Tom Morello. D’où l’usage d’un pseudonyme ? Possible. En attendant on comprend à l ‘écoute de « Let Freedom Ring » que Morello ait balancé Audioslave. Moins, en revanche, qu’il ait accepté de reformer RATM. Car ce type-là, en toute objectivité, a l’étoffe d’un grand singer-songwriter. Et dans ses meilleurs moments (« One Man Revolution », « Maximum Firepower »…) son premier album solo évoque le plus beau disque de Springsteen – The Ghost Of Tom Joad. En plus rageur et moins monotone. C’est vous dire si c’est bien…

 

à écouter en priorité : « Let Freedom Ring » & « Battle Hymns »

 
 

« Our Love To Admire » – INTERPOL

 

ourlovetoadmire.jpgAprès avoir publié l’un des meilleurs albums de ces dernières années (Turn on the bright lights, en 2002), Interpol semble s’être lancé un curieux défi : écrire tous les trois ans le disque le moins immédiat et le moins facile d’accès du moment. Si l'on est littéralement pénétré par le son et l’atmosphère dès la première écoute, les mélodies ne sautent pas tout de suite aux oreilles…Turn on the bright lights contenait dix tubes potentiels, Antics en contenait un et demi. Our love to admire n’en contient a priori aucun, et le pire c’est que c’est totalement volontaire. Une démarche anticommerciale qui n’est pas sans rappeler Radiohead – même si l’on reste musicalement nettement plus proche de Joy Division, Cure et My Bloody Valentine (Interpol est sans doute le plus anglais de tous les groupes américains). Ce troisième disque déroute, donc, et pourtant en y revenant on s’apercevra qu’il s’agit sans doute de leur plus abouti, de leur plus travaillé et tout simplement de leur meilleur. Parce que chaque titre est un univers à part entière, parce que la palette vocale de Paul Banks est de plus en plus impressionnante au fil des années, et aussi parce qu’Interpol s’est autorisé des audaces de composition et de production que la plupart des combos de sa génération n’oseraient même pas imaginer. Ce qui donne la vicieuse « N°1 Threesome », « All fired up » et son riff entêtant ou encore « Pioneer to the falls », majestueuse ouverture renvoyant en écho à celle du premier album. Un mille-feuille post-punk à consommer sans modération.

 

à écouter en priorité : « Pioneer to the falls » & « The Scale »

 
 

« Strange House » – THE HORRORS

 

strangehouse.jpg…et sans transition voici la revelation NME de la semaine, qui mérite franchement mieux que de finir au Paradis des exs nouveaux sauveurs du rock. Avec leur look affreux sale et méchant façon New York Dolls revisités par Tim Burton, leur réputation sulfureuse et leur clip censuré, les Horrors ont sur le papier tout pour (dé)plaire. Restait à savoir si la musique suivrait. La réponse est un grand oui ! Principale caractéristique de ces gens : ils semblent avoir décidé de revisiter le post-punk comme tout le monde, mais uniquement en s’inspirant de ces groupes post-punk trop créatifs pour Radio 4 et trop effrayants pour Franz Ferdinand. Pour faire court je dirais que je n’avais bien sûr absolument pas entendu ce disque lorsque j’ai déploré il y a quelques semaines l’absence d’intérêt contemporain pour Magazine !

 

(suffisait-il de demander ?)

 

Ajoutons à cela une prédominance pour la no-wave façon Birthday Party ou Neubauten, et voilà ma foi une tambouille prometteuse donnant régulièrement l’impression que Nick Cave a enregistré un album avec les Buzzocks (idée fichtrement réjouissante pour moi comme vous vous en doutez). Comme en plus ces jeunes pas du tout comme il faut reprennent Screaming Lord Church…il ne pouvait s’agir que d’amis venus dîner à la maison pour Halloween ! Certes ce premier album contient un ou deux petits ventres moux…mais la personnalité de ses auteurs ainsi que leur refus du consensuel justifient largement leur présence dans cette sélection.

 

à écouter en priorité : « Gloves » & « Gil’s sleeping »

 
 

« Year Zero » – NINE INCH NAILS

 

yearzero.jpgPrécédé de critiques dithyrambiques louant sa complexité autant que sa singularité, ainsi que d’un single bizarroïde (« Survivalism »), Year Zero ne pouvait qu’exciter la groupie reznorienne que je suis. Au final il m’aura fallu plus d’un mois pour apprécier cet album à sa juste valeur, mais ça y est, j’y suis, et mes amis, c’est sans doute le meilleur Nine Inch Nails depuis The Fragile, voir depuis The Downward Spiral – difficile d’ailleurs de ne pas le voir comme un compromis parfait entre l’ambient du premier et l’indus apocalyptique du second. Il y a trois ans With teeth nous présentait un Nine Inch Nails différent, imparfait, tentant un impossible retour aux sources depuis longtemps taries de l’electro-metal. Pas de ça ici, et en même temps il y a plein de points communs entre Year Zero et son prédécesseur…c’est en fait, d’une certaine manière, une autre période qui s’est ouverte dans l’œuvre de Reznor depuis 2004. Non, c’est vrai, Nine Inch Nails n’écrit plus vraiment de grandes chansons comme à l’époque de « Closer » ou de « Piggy » (voir de « We’re in this together »). De plus en plus captivé par les musiques expérimentales et / ou atmosphériques (Cf le curieux « God Given » ou le somptueux final « Zero-sum »), Reznor a effectivement perdu le petit plus qui faisait autrefois de Nine Inch Nails plus qu’un groupe de rock industriel…cette concision pop qui lui permit de vendre des millions d’exemplaires de The Downward Spiral semble avoir totalement disparue du programme. Pour autant, cela ne rend pas ses travaux moins intéressants…au contraire « Capital G. » ou « Hyperpower ! » le voient creuser encore son univers sombre et torturé avec un mélange d’inventivité et de virtuosité qui force le respect. Trent Reznor, n’en déplaise à ses détracteurs, est un artiste, un vrai. Intègre et prêt à vendre moins de mille albums si cela lui permettait dans le même temps de publier le disque qu’il a envisagé. C’est assez rare pour être souligné.

 

à écouter en priorité : « Capital G. » &« Survivalism »

 
 
 
 
 

NOTE : comme d’habitude je vous invite à ajouter en commentaire vos liens et autres trackbacks renvoyant aux disques incriminés.

 
 
 
 
Samedi 31 mars 2007
Bonjour à tous !
 
Voici venu le heure du Top 10 des sorties musicales trimestrielles, attendu par beaucoup mais dont plus encore se tamponnent le chichigneux. A raison, puisqu’il s’agit d’une sélection totalement subjective basée sur un critère aussi fumeux qu’indiscutable : il s’agit des dix albums originaux (c’est à dire moins les lives, compiles et reprises) publiés ce trimestre que j’ai le plus écoutés. Ca méritait au moins une rubrique, surtout que sans moi l’humanité ignorerait probablement à quel point Grinderman est génial (c’est pas comme si j’arrivais dernier pour en parler, hein).
 
Donc finalement, ce Top 10 n’intéressera comme d’habitude que moi (je suis dur : j’ai toujours huit commentateurs plus que courageux à chaque édition - Gloire A Eux), mais si je peux en profiter pour vendre un dixième album d’Eiffel consécutif…
 
 
 
 
MON DISQUE A MOI (et rien qu’à moi) DU TRIMESTRE :
 
 
« Tandoori » - EIFFEL
 
Décidément, Romain Humeau est un artisite à part. De la déjante d’Oobik à ce troisième Eiffel tout à la fois plus mélodique et plus violent que les précédents, en passant par deux albums du groupe aussi différents que prometteurs, un double live passionnant et une saillie solo brillante, l’auteur – compositeur – interprète – producteur – plein de trucs encore n’a cesse de surprendre et d’enchanter.
 
Tandoori devrait définitivement faire taire les mauvaises langues qui trouvaient que son album solo n’était qu’un décalque de ceux de son groupe : il y a bel et bien une Eiffel’s touch, celle d’un rock puissant et sophistiqué ne négligeant ni les textes superbes (« Dispersés ») ni le groove furieux (« Saoul »), ni la richesse harmonique (« Gnomes on my back », « Belle de jour »)…bref, du vrai rock anglo-saxon, mais en français...ça tombe bien : le groupe se définit comme tel depuis toujours. Avec cet album pied au planché, Eiffel publie le disque que les fans attendaient et cessera enfin d’être prometteur pour devenir une valeur sûre. Que demander de plus ? Si quelques critiques idiots y voient une filiation avec Noir Désir, ne pas s’y tromper : leurs seuls point communs sont leur exigence artistique et leur capacité (si rare en France) à trousser des hymnes rocks, des vrais (« Ma part d’ombre », tout de même…).
 
Certains préfèreront sans doute écouter les gentilles Plasticines ou les mignons naast (vous avez le droit d’inverser la proposition), artistes bénéficiant eux du Label Rock & Folk – soit donc littéralement adoubés par le sérail. Chacun son truc. Le Golb ne mange pas de ce pain-là.
 
à écouter en priorité : « Tandoori » & « Belle de jour »
 
 
 
 
SELECTION :
 
 
« Glitter in the Gutter » - JESSE MALIN
 
Jesse Malin, tout le monde s’en fout. La preuve : quand je poste un morceau de lui ICI , j’ai deux commentaires (soit donc environ 10 fois moins que sur n’importe quel autre article, même un de quatre lignes où j’indique que j’ai créé une page de liens). Ca me déprime, mais bon : j’ai l’habitude. Déjà quand il jouait avec D-Generation, je subissais cette indifférence (enfin, c’était surtout lui qui la subissait !). Idem pour son projet suivant, Bellvue, puis pour ses deux premiers albums solos (le précédent, The Heat, n’étant même pas sorti en France). Pourtant Jesse Malin est un sacré bon songwriter, sans aucun doute un des meilleurs de sa génération…comme si la presse anglo-saxone avait l’habitude de comparer n’importe qui à Springsteen ! Lequel Springsteen s’est justement déplacé en personne pour adouber Malin le temps d’un « Broken Radio » poignant en quatrième plage du nouvel album. Je vous le dis : y a pas de hasard. Tenez par exemple : cette reprise à chialer du « Bastards Of Young » de Paul Westerbeg, ça sonnerait pas comme une filiation ? Et ce titre, Glitter in the Gutter, ne serait-ce pas une jolie définition de l'art de son auteur ? Pas de hasard, vous disais-je. Et ce disque de s’avérer l’un des meilleurs du